×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Conserves de poisson : l'accès au marché européen plus difficile

    Par L'Economiste | Edition N°:85 Le 24/06/1993 | Partager

    Afin de maintenir leur compétitivité sur les marchés extérieurs, les industriels de la conserve de poisson ont décidé une levée provisoire du prix de référence. Ils rencontrent, en outre, des problèmes d'approvisionnement. C'est ce qui ressort du rapport annuel de leur association, l'UNICOP.

    "L'application des prix de référence(1) est temporairement suspendue en raison des désordres régnant actuellement sur les marchés, notamment européens", explique le secrétaire général de l'UNICOP. La récession qui sévit dans les pays européens, principaux clients du secteur de la conserverie marocaine entraîne un recul de la consommation.

    Les concurrents européens tentent d'acquérir de nouvelles parts de marchés en adoptant une stratégie commerciale agressive axée sur la baisse des prix ou la dévaluation importante de leur monnaie (Espagne, Portugal). Dans un premier temps, il a été décidé au niveau de l'UNICOP "de réajuster les prix, accordant aux acheteurs une ristourne conjoncturelle". Cette mesure s'est avérée insuffisante pour relancer la demande. La trésorerie des entreprises a été alors grevée par un important report de stocks de marchandises. La majorité des membres de l'UNICOP ont alors opté pour une liberté provisoire des prix. En 1992, les exportations de conserves et semi-conserves de poisson ont totalisé 65.117 tonnes pour une valeur de 1,3 million de DH. Ces chiffres accusent une baisse de 7,5% en tonnage et 1,12% en valeur par rapport à 1991. La commercialisation sur les marchés de la CEE a reculé de 9,47%. Au contraire, au niveau des autres pays de l'Europe les exportations sont passées de 1.692 à 2.490 tonnes. Les conserveurs ont tenté de récupérer leur manque à gagner sur le marché local. Cependant, compte tenu des habitudes de consommation, la saturation de la demande a entraîné une baisse des prix estimée entre 10 et 15%.

    Le secteur se remet donc en question par la recherche de L'amélioration de la qualité et la diversification des produits. "Cet effort sera impérativement soutenu par une action promotionnelle, aussi bien sur les marchés extérieurs que sur le marché local", note l'UNICOP.

    Pour ce faire, la profession souhaite récupérer près de 6 millions de DH prélevés sur le produit des exportations du secteur depuis 1984 et qui alimentent la Caisse de Promotion gérée par I'OCE. L'autre problème qui affecte les industries de conserves est l'insuffisance et l'irrégularité des approvisionnements en poisson. En effet, l'activité de la pêche a été pratiquement nulle pendant le premier trimestre 1992. Des apports conséquents n'ont été enregistrés qu'en juillet (22.000 tonnes). Ce retard a perturbé l'activité des entreprises, supportant les surcharges de stockage des emballages vides.

    Pour l'ensemble de l'année, le tonnage de poisson industriel livré aux usines représente 101.000 tonnes, en baisse de 15,46% par rapport à 1991. Aussi, les sous-produits ont accusé une chute de 25,62%, passant de 160.554 tonnes en 1991 à 199.411 en 1992. Le problème de l'approvisionnement est devenu lié à la modernisation de la flotte côtière depuis que la CEE a fixé les règles sanitaires pour la production et la mise sur le marché des produits de la pêche.

    Afin de pallier le problème de qualité, le Ministère des Pêches a exigé que les installations, de toute nouvelle flotte, répondent aux conditions d'hygiène et de salubrité afin de préserver la qualité du poisson jusqu'à sa livraison. Pour les bateaux existants, il est mis à leur disposition un crédit à 100% à un taux préférentiel de 8,5% pour financer leur restructuration.

    Dans le même ordre d'idées, le Ministère a défini, par le biais d'une circulaire, les conditions d'hygiène et de salubrité pour les bateaux de la pêche côtière ainsi que les conditions de manipulation des produits de la mer à bord et pendant leur déchargement. Le délais accordé aux armateurs pour se conformer à ces dispositions est d'une année.

    Pour la multiplication des sources d'approvisionnement, l'association considère la création d'une société maroco-russe à capital privé pour la commercialisation des prises de la flotte russe comme un acquis important(2),

    Ainsi cette société doit répondre à trois contraintes:

    - la commercialisation ainsi que la destination du poisson pêche dans le cadre de l'accord doivent être contrôlées régulièrement par le Maroc.

    - la société doit approvisionner les conserveurs marocains en priorité et dans les meilleures conditions.

    - la possibilité aux conserveurs de participer au capital de la société mixte. 

    L.T.

    (1) Le prix de référence est décidé par les industriels du secteur.

    (2) L'accord de pêche qui est à l'origine de cette société prend en compte également la préservation et la conservation des ressources halieutiques.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc