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    Entreprises

    Confection: la reprise est molle

    Par L'Economiste | Edition N°:38 Le 16/07/1992 | Partager

    Depuis la guerre du Golfe, où les commandes avaient fortement chuté, la situation générale du secteur de la confection semble plutôt mauvaise. Les professionnels évoquent des raisons conjoncturelles et structurelles. Les conséquences d'un hiver doux en Europe sont relevées, ainsi que la concurrence de l'Asie et bientôt des pays de l'Est.

    Les 1.500 entreprises du textile et de la confection connaissent-elles de sérieux problèmes? Entre l'anorak, la chemise d'été, le pantalon, flanelle, en toile, le jean délavé ou coloré, le chiné, le strech, ou la jupe simple, droite, mini ou maxi (pour celles qui restent rétro), la diversité est grande et les problèmes qui s'y rattachent aussi. D'un autre côté, les entreprises sont de nature diverse. Certaines fournissent, d'autres achètent uniquement, d'autres encore sont des concurrentes. Les entreprises, outre le type de produit qu'elles confectionnent sont situées dans des lieux différents et c'est un phénomène mondial.

    La crise du Golfe et l'hiver 92

    Qu'elles soient installées dans des pays d'Europe de l'Ouest ou d'Europe du Nord, ou dans le Sud-Est Asiatique, ces entreprises ne possèdent pas toutes les mêmes contraintes. L'Allemagne, par exemple commence à se tourner vers ses "nouveaux voisins" Europe de l'Est. L'espagne regarde plus au sud.

    Mais, en tout état de cause, l'avis est partagé par les directeurs d'entreprises locales pour dénoncer une certaine morosité dans le secteur - lorsque ce n'est pas la récession -. A cette morosité, la situation dans le vieux continent - principal client du Maroc - n'est pas étrangère. Durant les six mois de la crise du Golfe, en Europe donc, les achats s'étaient beaucoup plus portés sur les biens alimentaires que sur les habits. Les mouvements de panique des consommateurs, d'abord à cause du risque de guerre (la guerre du Golfe) pendant le dernier trimestre 91, s'étaient amplifiés, par la suite, avec la guerre elle-même. Des stocks d'aliments avaient donc été constitués, grevant ainsi le budget des ménages et diminuant par voie de conséquence les achats habituels de vêtements d'hiver. Prises également dans un mouvement d'inquiétude, les entreprises étrangères avaient diminué leurs demandes aux entreprises marocaines, par crainte d'un conflit plus étendu. Certaines étaient allées même jusqu'à revenir sur des commandes pour lesquelles elles s'étaient déjà engagées.

    D'un autre côté, "l'hiver 92 a été relativement doux", nous expliquent les chefs d'entreprises qui confectionnent les habits d'hiver. Cela a donc d'autant diminué les ventes, et laissé aux entreprises européennes des stocks qui sont en train d'être écoulés en ce moment. S'agissant de la situation actuelle, (Mai, Juin, jusqu'à la mi-Juillet), c'est la période où les donneurs d'ordre étrangers font sous-traiter les collections d'automne-hiver 92.

    Nouveaux concurrents, les pays de l'Est

    Ils envoient les matières premières à leurs fournisseurs marocains. Au sein de la profession on se plaint de la reprise trop molle des activités. A côté de la guerre du Golfe et de l'hiver trop doux, que l'on espère être des raisons conjoncturelles, il en existe d'autres qui pourraient s'avérer plus structurelles.

    La première concerne la nouvelle concurrence des pays de l'Europe de l'Est. Il est vrai que ces derniers ne possèdent pas encore les structures techniques qui pourront concurrencer des pays tels que le Maroc ou la Tunisie. La raison est que leur matériel est vieillissant. D'autre part, ils ne sont pas encore rompus aux techniques de gestion modernes: bancaires, et de comportement commercial par exemple. Mais tout porte à croire que l'aide, dont ils commencent déjà à bénéficier par la CEE, ira croissante. La proximité culturelle, la proximité géographique aidant, et surtout la volonté de la Communauté de ne pas voir se former à ses frontières une "armée de réserve" (l'ombre de Marx est toujours là), qui aurait une faible croissance sont autant de raisons qui font que les Européens se tournent plus facilement, aujourd'hui, vers leurs voisins de toujours.

    L'Asie et ses produits finis

    La seconde cause structurelle concerne les pays du Sud-Est Asiatique. Leur compétitivité réside dans le fait de proposer des produits finis. Alors qu'au Maroc toutes les étapes pour la réalisation d'un produit, (conception de modèles, approvisionnements, recherche de sous-traitants) ne sont pas encore maîtrisées. Par contre nos entreprises restent compétitives sur les délais: 3 semaines contre 6 mois pour le Sud-Est asiatique. La troisième contrainte structurelle concerne le fonctionnement même du secteur. Certains chefs d'entreprises n'hésitent pas à le qualifier de "trop mou". "S'il y avait suffisamment de cohésion, il n'y aurait pas tant de petites entreprises qui seraient les premières touchées dans les périodes difficiles".

    H.H.

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