×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Condamnation de Saddam Hussein
    Le droit cède le pas au symbolique

    Par L'Economiste | Edition N°:2432 Le 28/12/2006 | Partager

    . L’ex-raïs montera au gibet en «martyr». Silence officiel sur son exécution . Entre cynisme politique et «vérités historiques» LES batailles procédurales cèdent le terrain à la confrontation symbolique.L’ancien président Saddam Hussein, dont la justice irakienne a confirmé la condamnation à mort, peut être pendu à n’importe quel moment depuis hier 27 décembre. Tout en appelant les Irakiens à la résistance, l’ex-Raïs a déclaré qu’il montera sur l’échaffaud en «martyr».Pour l’instant, aucune indication officielle n’a été encore rendue publique sur l’exécution de la sentence. «La procédure aboutissant à la pendaison de Saddam Hussein pourrait prendre encore quelque temps, en raison de la fête de l’Aïd al Adha», a precisé le ministre irakien de la Justice, Hashem al-Shibli. La Cour d’appel du Haut tribunal pénal irakien a ratifié, le 26 décembre, la condamnation à mort par pendaison de l’ex-dictateur. Elle a été prononcée le 5 novembre dernier pour l’exécution de 148 villageois chiites de Doujail, durant les années 1980, en représailles à un attentat contre le convoi présidentiel. Le cynisme politique permet tous les coups. Certains décrivent ce procès comme un simulacre d’équité et de vérité... historique. Parmi leurs arguments, les principes de droit international qui sont malmenés. La souveraineté de l’Irak a été bafouée sous prétexte de détenir l’arme nucléaire. Les troupes yankees, en VRP de la démocratie US, ce sont greffées au destin du pays. De l’autre côté, on avance, à juste titre, le droit à la justice, à la réhabilitation… Le peuple irakien se sent, en majorité, meurtri. Tout en rejetant «la présence de l’occupant», elle demande des comptes à l’ancien régime. On crie vengeance; on témoigne publiquement à visage découvert. Certains iront jusqu’à assassiner les avocats de la défense(1). Les Irakiens s’affrontent afin d’écrire l’histoire contemporaine de leur pays. Douloureuse et difficile entreprise. Sur la scène internationale, le débat prend une autre tournure. La condamnation de Saddam remet sur la table la question de la peine de mort. L’Europe abolitionniste se réveille mais ne se mouille pas. Le diplomatiquement correct exige une retenue dans les propos.Sur un seul ton, Bruxelles réaffirme son rejet de la peine de mort, mais estime que la décision appartient à l’Irak. Même la Grande-Bretagne, brebis galeuse des 27 et fidèle alliée des US, a réitéré son opposition, non pas à la sentence mais au principe d’exécution. L’Europe, tout en se remettant en question, tente de faire entendre une voix diplomatique unifiée. De l’autre côté de l’Atlantique, le cynisme atteint son paroxysme. La Maison-Blanche estime que «l’ancien tyran» avait eu un procès juste et que la condamnation «fera date». Le gouvernement Bush, en cohabitation avec les démocrates, tente à sa manière d’apaiser une Amérique ahurie. Le nombre de ses soldats tués en Irak a dépassé, le 26 décembre, celui des 2.973 morts des attentats du 11-Septembre. Côté gouvernement irakien, c’est le silence radio. Alors que Saddam Hussein sera exécuté dans les 30 jours qui ont suivi sa condamnation. Les ONG(2), aux aboies, pointent du doigt les irrégularités du procès.Le procès de l’ex-président déchu aura au moins un mérite. Il a mis à nu le cynisme cruel des relations internationales. «L’homme est un loup pour l’homme», avait écrit le politologue anglais Thomas Hobbes.


    Chronologie d’une chute

    . 2005- Le 19 octobre: Le procès de Saddam Hussein et de sept anciens dirigeants irakiens s’ouvre à Bagdad devant le Tribunal spécial irakien (TSI). Ils sont accusés de massacre de 148 villageois chiites à Doujaïl. Le président déchu plaide non coupable. . 2006 - Le 23 janvier: Un nouveau juge kurde, Raouf Rachid Abdel Rahmane, est désigné après la démission du juge Rizkar Amine, critiqué pour son manque de fermeté. - Le 17 avril: Des experts concluent à l’authenticité des signatures de Saddam sur des documents l’impliquant dans le massacre. - Le 15/17 mai: Saddam refuse de plaider coupable ou non-coupable. Les autres accusés se proclament innocents. - 21 juin: Assassinat d’un troisième avocat, Me Khamis al-Obeïdi. Le lendemain, en signe de protestation, Saddam observe une grève de la faim, qui durera 18 jours. - Le 5 novembre: Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti et Awad Ahmed al-Bandar sont condamnés à mort. Taha Yassine Ramadan est condamné à la prison à vie. Trois anciens responsables locaux du parti Baas sont condamnés à 15 ans de prison. Le 8e accusé, Mohammed Azzam al-Ali, est acquitté. - Le 26 décembre: La Cour d’appel confirme la sentence de mort à l’encontre de Saddam Hussein.Faiçal FAQUIHI-----------------------------------------------------------------------------------------(1) Le 8 novembre 2005, Me Adel Mohammad Abbas, avocat de l’ancien numéro 2 du régime irakien Taha Yassine Ramadan, est retrouvé mort à Bagdad. Me Tamer Hammoud Hadi, qui défend, Barzan al-Tikriti, est retrouvé blessé. Déjà en octobre, Me Saadoun Janabi, avocat d’Awad Ahmad al-Bandar, est assassiné à Bagdad(2) Human Rights Watch et La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) ont demandé aux dirigeants irakiens de ne pas ratifier la décision de la justice d’exécuter Saddam Hussein et ont appelé à un «moratoire» sur la peine de mort en Irak.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc