×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 186.066 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 230.556 articles (chiffres relevés le 28/5 sur google analytics)
Dossiers

Comportements: A l'origine, Harvard et ATT

Par L'Economiste | Edition N°:400 Le 15/12/1998 | Partager

Jack Denfeld Wood

Où et comment le comportement dans l'entreprise, en tant que sujet d'étude discret, a-t-il commencé? Ce n'est vraiment pas une histoire simple.


L'EX Pr de Harvard, Fritz Roethliberger, semble être l'accoucheur du terme comportement dans l'entreprise. Après avoir passé quelques années dans la préparation de son doctorat en philosophie, et conseillé officieusement des étudiants en difficulté, Roethliberger a abandonné sa thèse et s'est engagé dans une collaboration hasardeuse avec Elton Mayo.
Subventionné par Rockfeller, Mayo a pu rejoindre Harvard pour poursuivre des recherches chez AT&T, déjà en cours dans son usine de fabrication de la Western Electric de Hawthorne dans l'Illinois. Cette recherche était en principe destinée à analyser des problèmes comme la productivité des ouvriers. Or, les résultats étaient étrangement inconsistants par rapport aux prévisions rationnelles. Les ouvriers ne se sont pas comportés de la manière prévue.
Ces études entamées au Hawthorne étaient les premières à avoir fait ressortir l'importance des relations sociales informelles et le comportement "irrationnel" au sein d'une entreprise. Sous l'auspice de Mayo, Roethliberger s'est consacré à l'étude des entreprises en tant que "systèmes sociaux".
Pour ce faire, il a utilisé les observations "cliniques" ainsi que les talents d'interviewer qu'il avait développés lors de son assistance aux étudiants.

Confuses et superficielles


Les écoles de commerce ont formé des "administrateurs" pendant les années 30 et le début des années 40. Les cours obligatoires reflétaient les activités les plus centrales de production, de marketing, de finance.
Ces matières ne provenaient d'aucune discipline universitaire. C'était principalement des travaux pratiques traduisant les réalités fonctionnelles rencontrées quotidiennement par les entreprises. Le centre d'intérêt était concret, et un peu théorique. Le sujet du comportement humain surgissait, bien entendu, lors des cours de finances ou de la production, etc... Le comportement ne jouissait cependant pas d'une importance capitale. Il intervenait dans la formation en filigrane et était rarement bien compris ou analysé une fois évoqué.
Après la Deuxième Guerre Mondiale, l'ambiance intellectuelle dans les universités américaines bouillonnait d'innovation. Traversant la rivière et provenant de l'Ecole de Commerce de l'Université de Harvard, un groupe interdisciplinaire de génies créatifs en anthropologie sociale, sociologie et psychologie clinique et sociale a fondé le nouveau département de Relations Sociales. Roethliberger a fortement ressenti que le programme ne contenait pas une vision plus large et plus sérieuse du comportement. En 1947, il a participé à l'introduction d'un nouveau cours de "pratiques administratives", et c'était le premier cours obligatoire dans le programme de l'école qui portait sur "le comportement des gens".

L'année suivante, Roethliberger était découragé par les querelles intestinales entre deux sous-groupes d'enseignants: les partisans de l'école de commerce institutionnelle ayant une tendance généraliste et ceux de l'école disciplinaire ayant une tendance scientifique plus rigoureuse. il a ainsi renoncé à l'enseignement du cours des "pratiques administratives" pour s'intéresser l'année d'après au cours des "relations humaines", où il avait plus de liberté d'action pour innover.
Dès lors, il avait assumé le leadership informel du "groupe Mayo", petit groupe d'enseignants à l'école de commerce, composé pour la plupart de jeunes, qui portaient le même intérêt au comportement. Si les pratiques administratives étaient "le grand père" du premier cours sur le comportement dans l'entreprise, les relations humaines étaient alors le père immédiat.
Dans les années 50, les "relations humaines " commençaient à perdre de leur renommée aux Etats-Unis, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur des universités. Des critiques ont affirmé que les relations humaines manquaient de force, et qu'elles étaient confuses et trop superficielles.

A travers les yeux des PDG


Plusieurs de ces critiques ignoraient l'existence de la formation sur les relations humaines: celles-ci se tenait dans les laboratoires de formation nationale (NTL) aux Etats-Unis et à l'Institut de Tavistock à Londres. Néanmoins, les critiques tapageuses s'appuyaient rarement sur la connaissance approfondie ou la compréhension du sujet en main.
Entre 1956 et 1958, dans une tentative d'atténuer le contentieux concernant le terme relations humaines, Roethliberger a commencé à utiliser officieusement le terme "comportement dans l'entreprise" dans les réunions et les conversations. Le comportement dans l'entreprise a débuté en tant qu'euphémisme.
Roethliberger a souhaité que le terme soit moins choquant à l'égard des collègues qui n'avaient pas été orientés vers cette discipline. Il a profondément ressenti que ce terme était assez large pour comprendre l'étude des gens à travers le système entrepreneurial. Roethliberger était de plus en plus incommodé de voir l'entreprise seulement à travers les yeux des dirigeants ou, même pire, seulement à travers les yeux du PDG. Selon lui, le terme comportement dans l'entreprise englobait une orientation et une direction aussi bien humaniste que scientifique. Les enseignants qui le critiquaient ont tenté, comme prévu, de se débarrasser du comportement dans l'entreprise, simplement comme du vieux vin dans des bouteilles nouvelles.
Toutefois, en 1957, sous la direction de Roethliberger, le comportement dans l'entreprise a gagné, à contrecoeur, une existence officielle, parmi les enseignants de gestion de Harvard. Il s'est imposé comme une des options spéciales dans le nouveau programme de doctorat.
Plus tard en 1959, les fondations Ford et Carnegie ont publié deux rapports. Elles ont vivement critiqué les écoles de commerce en raison de leur forte concentration sur les fonctions traditionnelles et leur enseignement très limité et très superficiel d'un grand nombre de cours. Ces rapports ont vivement recommandé l'introduction de cours obligatoires de relations humaines dans l'entreprise.
Les enseignants de l'Ecole de Commerce de Harvard se sont enfin réorganisés en 1962 dans les dix "options" déjà représentées dans le programme de doctorat.
Le comportement dans l'entreprise figurait parmi ces options et Roethliberger était à la tête des options qu'il a occupées jusqu'en 1964.

Traduction: Majda BENKIRANE
L'Economiste

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc