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    Compétitivité: Les forces et les faiblesses du Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:157 Le 08/12/1994 | Partager

    L'observatoire de la Compétitivité Internationale de l'Economie Marocaine vient de publier une étude sur l'état de la compétitivité de l'économie marocaine en 1994(1). Si le Maroc réalise les performances que l'on sait au plan macro-économique, sa compétitivité internationale est entravée par le manque de la technologie et l'importance de l'économie informelle.

    L'observatoire de la Compétitivité relevant du Ministère du Commerce et de l'Industrie a procédé à une comparaison des performances de l'économie marocaine avec celle des pays concurrents, notamment ceux qui réalisent une très forte croissance économique: la Malaisie et la Thaïlande ou l'Indonésie sont ce qu'on appelle le "nouveau miracle" du Sud-Est asiatique; le Portugal et la Grèce; la Turquie est en position similaire du Maroc vis-à-vis de l'Union Européenne, de même le Mexique face au Canada et aux Etats-Unis.

    La Hongrie, elle, est un pays qui semble en train de réussir sa transition vers l'économie de marché; le Chili, l'Inde et le Pakistan complètent la liste des pays retenus aux fins des comparaisons. Le choix de ces pays, note l'étude, s'explique par le fait que la plupart d'entre eux sont de sérieux concurrents du Maroc tant sur les marchés d'exportation qu'en matière de délocalisation ou, d'une manière générale, d'attraction de capitaux étranger. Globalement, par rapport aux critères de comparaison et aux pays considérés dans l'étude, le Maroc se distingue par "ses performances macro-économiques et la vitalité de son marché intérieur" qui croît à un rythme soutenu, grâce à l'élargissement de la classe moyenne.

    En revanche, les performances réalisées au plan des ressources humaines et de l'infrastructure physique et institutionnelle sont plutôt moyennes, indique l'étude.

    Les atouts de l'économie marocaine, note l'étude, résident dans ses perspectives à moyen terme et la maîtrise de l'inflation. Par ailleurs, la très forte présence de l'économie informelle et la faiblesse du taux d'investissement apparaissent comme ses principaux points faibles, relève l'observatoire.

    En comparant le "dynamisme" de l'économie marocaine à celui des pays retenus dans l'échantillon, le Maroc se situe dans la catégorie à performances moyennes supérieures, précédé par la Thaïlande, la Malaisie, l'Indonésie et le Portugal. La croissance de son PIB réel, 4% en moyenne sur la période 1980-1992, est relativement faible par rapport à celle des pays concurrents: 6% pour la Malaisie, l'Indonésie et le Pakistan, et 8% pour la Thaïlande sur la même période.

    L'analphabétisme : Une contrainte de taille

    Par rapport au critère de "dynamisme financier", le Maroc se situe dans la catégorie à faibles performances. Ceci est dû, indique l'Observatoire, au poids de l'endettement extérieur, au faible taux d'épargne et au coût élevé du crédit.

    En matière de commerce extérieur, les concurrents du Maroc ont réussi de bien meilleures performances que celui-ci. A titre d'exemple, l'Indonésie, qui exportait moins de produits manufacturés que le Maroc en 1980, en exporte actuellement 8 fois plus. Les faibles performances du commerce extérieur marocain apparaissent également dans sa structure.

    Celle-ci reste dominée par des produits à faible valeur ajoutée. Quant aux ressources humaines, les performances réalisées par le Maroc sont plutôt mitigées, si on les compare aux pays retenus dans l'étude.

    L'explication principale est à rechercher, selon l'Observatoire, dans le niveau très élevé de l'analphabétisme, malgré des efforts consentis par l'Etat en matière d'éducation, qui consacre près de 25% du Budget général.

    Les dépenses publiques per capita en matière d'éducation et de santé demeurent modestes en comparaison avec les pays mentionnés dans l'étude.

    L'un des obstacles majeurs à la compétitivité de l'économie marocaine est la technologie. Selon l'Observatoire, les dépenses en recherche et développement et l'infrastructure technologique et institutionnelle correspondante (normalisation, certification, moyens d'essais et d'analyses, etc) nécessitent un renforcement.

    Enfin, le niveau d'infrastructures physique et institutionnelle classe le Maroc dans la catégorie à performances plutôt moyennes.

    La qualité de l'accès au port et, dans une moindre mesure, le transport aérien et par chemin de fer constituent, indique l'étude, un des atouts de l'économie marocaine.

    Cette étude, qui sera publiée annuellement, vise selon l'Observatoire, un triple objectif :

    - fournir une base de données aux différents opérateurs en vue de les orienter dans la prise de décision ;

    - cibler les priorités d'actions à mener en vue d'améliorer la compétitivité de l'économie nationale ;

    - permettre d'évaluer l'efficacité des mesures prises dans un délai relativement limité.

    A.S.

    (1) Une table ronde sur l'Observatoire de la Compétitivité Internationale de l'Economie Marocaine sera organisée le mercredi 21 décembre 1994 à l'hôtel Royal Mansour de Casablanca.

    Le concept de compétitivité

    La compétitivité internationale au sens du commerce extérieur traduit une conception traditionnelle de la concurrence.

    La compétitivité d'un produit va dépendre essentiellement de la différence de prix. Celle-ci peut s'expliquer par le différentiel de coût de production provenant des intrants ou des facteurs de production. Elle peut aussi être influencée par le niveau du taux de change réel du pays. La qualité du produit, la promptitude dans la livraison ou le respect des normes internationales peuvent également être des facteurs de différenciation sur la marché international. Sur le plan interne, les entreprises ont à faire face aux importations de produits concurrentiels. La compétitivité se joue là aussi au niveau des prix relatifs.

    Sur les marchés internationaux, la compétitivité est définie comme l'aptitude à soutenir la concurrence à long terme. C'est un concept à plusieurs facettes. Il intègre la flexibilité économique d'un pays et la capacité à s'adapter à la demande internationale. Des facteurs structurels tels que l'innovation et l'allocation optimale des ressources naturelles et humaines influent sur la productivité et à terme sur le niveau concurrentiel du pays. C'est la vision la plus complète de la définition de la compétitivité, selon l'observatoire.

    Les contraintes vues par les entreprises

    L'opinion des entreprises sur les obstacles au développement a été recueillie à travers un sondage de 1994. Un échantillon de 51 entreprises, placées sur 4 secteurs industriels (agro-industrie, industries chimiques et parachimiques, industries électriques et mécaniques et industries textiles et cuir) et implantées dans 5 régions géographiques (Casablanca et région, Fès-Meknès, régions de Rabat et de Tanger) a été retenu. Au niveau global, les obstacles incontournables perçus par les entreprises concernent le coût financier élevé, l'insuffisance de la demande, le fisc, les difficultés à faire valoir les droits légaux, la faiblesse des infrastructures, la concurrence du secteur informel et la main-d'oeuvre peu qualifiée. Le montant des frais financiers est perçu comme le principal obstacle des grandes et moyennes entreprises, des sociétés à contrôle étranger ou à vocation exportatrice.

    L'insuffisance de la demande affecte en premier lieu les petites entreprises et traduit le manque de compétitivité des produits. Elle touche aussi les sociétés locales marocaines ou ayant moins de 50% de capital étranger et les entreprises non exportatrices.

    M.K.

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