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    Economie

    Compétitivité des exportations agricoles : Les produits gagnants, les produits perdants

    Par L'Economiste | Edition N°:197 Le 28/09/1995 | Partager

    La première phase de l'étude de l'Agribusiness Marketing Investissement (AMI) présente une évaluation de la position concurrentielle des produits agricoles marocains sur les marchés européen et américain. Les bilans sont contrastés selon les destinations et les Produits.

    "L'Accord de Marrakech est celui qui a réussi l'intégration du commerce des produits agricoles et alimentaires dans une discipline multilatérale. Cette intégration signifie qu'à terme devraient être abolies les barrières non tarifaires, les restrictions quantitatives et les subventions à l'exportation qui sont aujourd'hui des instruments utilisés par l'ensemble des Etats signataires", soulignent les analystes de l'étude menée dans le cadre du Projet de Promotion de l'Agribusiness au Maroc (PPAM) sur "le changement de la compétitivité des exportations agricoles marocaines" (1).

    Quel impact?

    Pour eux, les sociétés marocaines doivent comprendre les effets de cet accord du GATT au cours des cinq prochaines années sur la compétitivité de leurs produits, pour qu'ils puissent réagir d'une façon appropriée pour maintenir et accroître leurs exportations.

    La question centrale de cette étude est donc celle de savoir "quel est l'impact de l'accord sur la compétitivité compte tenu des préférences du Maroc et des concurrents ,sur les diverses destinations".

    Cette première phase répond à cette question pour les principaux produits agricoles et alimentaires exportés par le Maroc à l'exception des agrumes, du paprika, des câpres et des essences sur les marchés européen et américain.

    Pour les analystes, les bilans demeurent contrastés selon les destinations et selon les produits à cause de l'importance du commerce concessionnel et de sa complexité.

    Sur le marché européen, les effets de l'offre de l'UE au GATT vont se traduire par une réduction de la compétitivité d'un groupe de produits représentant 74% de la valeur des exportations étudiées. L'étude de l'AMI distingue les produits traditionnels et les produits nouveaux (asperges, aubergines, artichauts congelés...). Les produits traditionnels perdants sont ceux pour lesquels le Maroc dispose d'avantages "structurels" importants: plantations pour l'olivier, la vigne et l'abricotier, climat, main-d'oeuvre et infrastructures pour les tomates et les haricots verts. S'agissant des produits gagnants, ils représentent seulement 26% de la valeur des exportations étudiées (huile d'olive, jus de tomates et fleurs). Il s'agit en général de produits pour lesquels la baisse moyenne des droits prévue par l'offre est plus élevée (5,6 points en 6 ans contre 3,8 points).

    Trois conclusions positives

    Du côté de l'offre américaine, les conséquences sont quelque peu différentes. Sur les 16 produits analysés, deux groupes se distinguent. Les produits gagnants en terme de compétitivité, qui sont les fleurs coupées (vis-à-vis de la Colombie et d'Israël), les tomates conditionnées séchées et les conserves d'abricots (vis-à-vis d'Israël et de la production américaine). Les produits perdants sont les tomates fraîches (au profit de l'Espagne et des Pays-Bas), les cornichons, les fraises congelées, l'abricot séché et l'olive en conserve.

    Pour l'heure, trois conclusions positives "indiscutables" ont été retenues. La première concerne la réduction des handicaps du secteur des fleurs. La seconde a trait à l'amélioration de l'accès de certains produits transformés subventionnés par l'Europe aussi bien sur le marché américain qu'européen (conserves de tomates en particulier). La troisième conclusion est relative à l'amélioration progressive des handicaps sur les produits complémentaires aux exportations traditionnelles, soit en termes de calendrier ou de préparation (fraises de saison, abricots en petit emballage...)

    Les conclusions à caractère négatif étaient largement anticipées, puisqu'elles concernent tous les produits bénéficiant de marges préférentielles dans le cadre bilatéral ou dans le cadre du SPG.

    Les experts de l'étude notent trois points qui caractérisent l'érosion des préférences du Maroc. Tout d'abord, la baisse des droits est en moyenne plus faible pour ces produits que pour les produits gagnants. Ensuite, les avantages comparatifs du Maroc pour beaucoup de ces produits tels que l'olive, l'abricot, la tomate, le cornichon sont tels que les coûts d'entrée pour de nouveaux concurrents sont très élevés. Plus préoccupante est la réduction des marges préférentielles sur les nouveaux produits dont la croissance a été explosive au cours des dernières années (fraises, melons, asperges, artichauts).

    M.O.

    (1)Le rapport provisoire de la première phase de l'étude, préparé par Agro Concept, a été présenté au secteur privé le 12 juillet dernier lors d'une réunion de l'agribusiness marocain. Les analyses sont effectuées sur la base de données des années 1988 à 1992 pour l'UE et 1990-1993 pour les USA. Une fois que les chiffres de commerce extérieur européens et américains seront disponibles pour 1995, le rapport sera mis à jour.





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