×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Dossiers

Compétitivité: Conflit entre les deux économies

Par L'Economiste | Edition N°:528 Le 14/06/1999 | Partager

Une nation redoute souvent la compétitivité lorsque son économie de proximité est menacée. En effet, l'économie de proximité est déstabilisée lorsque les règles de compétitivité, liées à l'économie de globalisation, s'imposent dans un pays donné.
D'une part, les traités économiques régionaux et l'accord du GATT obligent les marchés nationaux à être plus ouverts. Dans certains secteurs, comme les télécoms ou le transport aérien, un anachronisme est en train d'être corrigé et ces industries vont désormais figurer dans la catégorie à laquelle elles devraient normalement appartenir. Dans d'autres secteurs, comme la construction, l'agriculture ou toute activité traditionnellement protégée sur le marché public, le changement sera plus radical.
D'autre part, En dehors des divers secteurs traditionnels appartenant à l'économie de proximité, de nombreuses activités sont actuellement touchées par la globalisation. Les hôpitaux, par exemple, qui étaient autrefois une activité locale, se voient transformer aujourd'hui en groupes privés internationaux. Le développement des chaînes internationales de supermarchés est un autre exemple qui a totalement bouleversé la vie des magasins locaux de distribution.
Dans certains cas, les deux économies peuvent coopérer. Nombre d'entreprises souhaitent étendre leurs activités pour devenir globales. L'émergence des réseaux internationaux, comme Internet, a accéléré ce processus. L'équipement et les ventes électroniques ont en effet, envahi le monde de l'industrie. Les prix ont subi plus de pression et plusieurs nouvelles opportunités de vente sont apparues. De plus, la sous-traitance, qui continue à s'étendre suite aux compressions de coût, a créé de nombreuses opportunités pour coopérer avec l'économie de proximité.
Toutefois, il ne faut surtout pas croire que la globalisation est plus importante que la proximité, bien que ce soit généralement le cas pour les entreprises. Selon des économistes américains, 90% des produits consommés par les Américains sont fabriqués aux Etats-Unis; dans ce cas, la globalisation de l'économie n'est pas vraiment intéressante. Cela ne s'applique pas bien sûr à l'industrie automobile et électronique, mais concerne la majeure partie de l'économie américaine. Wal Mart, la plus grande chaîne mondiale de vente au détail, a acquis sa position prédominante sur le marché américain grâce aux ventes locales.
Mais la situation des Etats-Unis ne peut être appliquée au reste du monde. Actuellement, plus de 50 % du PNB hollandais se base sur les activités internationales (sans compter les autres pays comme: Hong-Kong, Singapour, Malaisie ou Irlande), et la moyenne de l'Europe frôle les 30%. Il est ainsi raisonnable de penser qu'une grande partie des richesses d'un pays revient essentiellement à son économie de proximité. Toutefois, il faut reconnaître que l'économie de globalisation gagne du terrain et qu'elle devient une partie fondamentale -aussi bien quantitativement que qualitativement- de la vie économique de chaque pays, y compris les plus puissants.
L'économie de proximité sera-t-elle mondialisée? C'est probablement ce que tout le monde craint. Il est certain que l'économie de globalisation a réalisé, durant la dernière décennie, des améliorations considérables au niveau de la productivité et de la valeur ajoutée. C'est à partir de cette économie que la révolution la plus significative se fait en matière de compétitivité.
Cela ne signifie pas que l'économie de proximité n'a pas de place dans une société moderne compétitive. Les citoyens veulent, dans certains cas, procéder eux-mêmes aux choix politiques concernant un certain niveau d'inefficacité économique. Ces choix reposent pour beaucoup sur la quantité de ressources économiques disponibles pour être réinjectés ailleurs, qui sont en partie fournis par l'économie de globalisation. En d'autres termes, les citoyens sont-ils disposés ou capables de payer le prix imposé par ces choix par le biais des recettes fiscales ou d'autres ressources financières.
Malheureusement, au lieu d'augmenter les revenus d'un pays en renforçant sa compétitivité ou d'élargir l'assiette fiscale en redistribuant les richesses, les Etats ont préféré gérer d'énormes déficits de dettes publiques pour subventionner une partie de l'économie de proximité et maintenir ainsi les problèmes sociaux. Résultat, la dette publique nette a doublé au cours des douze à quinze années passées dans plusieurs pays en développement.
Rendre une société compétitive n'est donc pas chose facile; c'est bien plus qu'une simple optimisation de l'efficacité économique. L'optimisation de l'efficacité peut être comparée à la concentration sur la formation de muscles d'un athlète, sans tenir compte de son développement psychique et spirituel.
Le système de valeurs d'un pays se reflète essentiellement dans son économie de proximité qui est émotionnellement, très proche des gens. Par contre, l'économie de globalisation est souvent perçue comme étant plus éloignée, plus impersonnelle, plus standardisée et plus étrangère aux problèmes nationaux.
La compétitivité de chaque pays repose sur sa capacité à trouver un équilibre entre l'économie de globalisation qui génère des revenus et de la technologie et l'économie de proximité qui, elle, génère surtout des emplois et une cohésion sociale.


De la compétitivité de l'entreprise à celle de la société


Durant les deux dernières décennies, les entreprises ont abandonné la compétitivité basée sur le produit en faveur de celle basée sur la stratégie. Aujourd'hui, elles changent une nouvelle fois de cap et visent une compétitivité basée sur la structure.
Les entreprises aussi bien que les pays tentent de développer des structures aptes à s'adapter au changement qui s'acclimatent facilement avec l'environnement et le client. Le rôle des entreprises reste certainement capital pour la compétitivité d'un pays. Néanmoins, les sociétés modernes doivent gérer efficacement leurs structures, (les administrations publiques, les systèmes éducatifs, sanitaires, sociaux, etc.) tout en préservant l'enthousiasme des citoyens et leur système de valeurs. Elles doivent également développer l'aptitude pour changer rapidement.
Enfin, elles doivent projeter de devenir des sociétés compétitives, en créant un parfait équilibre entre la globalisation et la proximité, entre la création de richesses et la cohésion sociale, et en gérant le changement tout en préservant un système de valeurs stable. Les contraintes de la compétitivité ne se situent pas au niveau de l'entreprise, mais dans la capacité d'un pays à développer son propre modèle de société compétitive. Ce modèle peut différer d'un pays à l'autre. Il reflète essentiellement le niveau de compétitivité de ce pays et par conséquent son degré de réussite.

Majda BENKIRANE

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]nomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc