Economie

Compensation: Rallonge de 10 milliards de DH

Par | Edition N°:2772 Le 08/05/2008 | Partager

. Place à l’efficacité énergétiqueLA facture énergétique est lourde. Et ce n’est certainement pas la Caisse de compensation qui pourra y faire face, malgré la révision à la hausse de son budget. Celui-ci a été porté à 30 milliards de DH. Et c’est le ministre de tutelle lui-même, Nizar Baraka, qui a annoncé la nouvelle en répondant à une question orale devant le Parlement, mardi dernier. Ce qui donne une rallonge de 10 milliards de DH au budget initial de 20 millions de DH, prévu par la loi de Finances de 2008. Mais est-ce suffisant? Surtout comparé au coût mensuel de la subvention pour les produits pétroliers. Selon les professionnels, ils étaient auparavant estimés à 2 milliards de DH par mois (cf. www.leconomiste.com). Chiffre à augmenter de 10 à 15%, dès qu’on dépasse le seuil des 100 dollars/baril de pétrole. Or, au vu de la cadence de hausse des prix de l’or noir, on atteint facilement les 2,2 milliards de DH mensuels pour la compensation. Nizar Baraka a également annoncé que 11% du budget de la Caisse, soit 3,3 milliards de DH, seront destinés à la farine. Avec un budget de 30 millions de DH, que restera-t-il pour les autres postes de subvention? Par quelle gymnastique ou tour de magie le ministère compte-t-il trouver les sommes qui feront défaut? Et avant toute chose, d’où a jailli ce budget additionnel de 10 milliards? Côté administration, point d’éclairage. «Peut-être qu’il y a un excédent de recettes fiscales qui sera injecté dans le budget de la Caisse de compensation», indique My Abdallah Alaoui, président de la Fédération de l’énergie. Cela semble plausible. A défaut d’un amendement de la loi de Finances, au demeurant fort risqué, il reste la solution du collectif budgétaire, à condition que les recettes soient disponibles. A titre d’indication, selon le rapport économique et financier de 2008, les recettes ordinaires du Trésor sont évaluées à 143,1 milliards de DH pour l’année en cours. Le concours saoudien de 500 millions de dollars, soit 3,6 milliards de DH, est de nature à limiter l’impact. Il n’en reste pas moins que la politique de compensation ne pourra pas durer éternellement. Pour Alaoui, «le prix du pétrole finira forcément par se répercuter sur le consommateur final. La Caisse de compensation devrait subventionner les produits agricoles en priorité». L’économie d’énergie est-elle une solution? Le ministère de l’Energie a élaboré un plan d’urgence, mais seules les lignes concernant l’économie d’électricité ont été révélées. Tout ceci n’explique pas pourquoi l’on ne mise pas davantage sur les énergies renouvelables, d’autant plus qu’elles ont déjà été exploitées avec succès sous d’autres cieux. Avec l’arrivée de la période estivale, on en aurait bien besoin.


Energie et croissance économique

LA consommation d’énergie est un indicateur du développement économique d’un pays. Or, selon le président de la Fédération de l’énergie, le Maroc est à la traîne, comparé à d’autres pays du Maghreb. Le Royaume en serait seulement à une consommation de 0,4 tonne équivalent pétrole par habitant, alors que la Tunisie affiche 0,8 tonne équivalent pétrole/habitant. Un chiffre encore inférieur si l’on compare avec l’Algérie, dont la consommation atteint 1 tonne équivalent pétrole/habitant. On devrait tabler sur l’efficacité énergétique, au lieu de l’économie dans la consommation, selon My Abdallah Alaoui. «Le Maroc a besoin de consommer davantage d’énergie, mais de manière intelligente. A titre d’exemple, l’utilisation généralisée d’ampoules économiques peut à elle seule entraîner une baisse de 15% de la consommation de l’électricité».A. B.

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