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Commerce inter-régional: Pauvre Maghreb!

Par L'Economiste | Edition N°:2169 Le 12/12/2005 | Partager

. Les échanges ne dépassent guère les 2%. Des groupes d’experts étudient les mesures à prendre. Les hommes d’affaires veulent dépasser les blocages politiquesLe Maghreb est la seule région au monde dont les pays commercent le moins entre eux. Le commerce inter-maghrébin ne représente, en effet, que moins de 2% dans les échanges du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. Ce constat établi par une enquête documentée, réalisée en 2002 par le Fonds monétaire international (FMI) sur le commerce inter-régional entre les trois pays, est encore valable aujourd’hui . Cette situation a interpellé l’institution financière dont les experts se sont penchés sur l’identification des éléments de blocage. Cela s’est passé lors de la rencontre sur la facilitation du commerce entre le Maroc, l’Algérie et la Tunisie organisée par le FMI à Alger, les 21 et 22 novembre 2005. Sept chantiers ont alors été définis pour développer le commerce entre les Etats du Maghreb. Il s’agit d’abord d’harmoniser les réglementations régissant les échanges commerciaux entre ces pays. Harmonisation qui permettra de dépasser les lenteurs administratives de part et d’autre et de faciliter les prises de décision. Ensuite, supprimer les distorsions au commerce, poursuivre les réformes des tarifs douaniers et des douanes et simplifier les procédures de traitement des documents. A cela, il faut ajouter les systèmes de paiement et enfin la chaîne logistique, y compris les transports et les investissements conjoints. . Un rapport en avril 2006 Des comités techniques et groupes d’experts ont été constitués. Ils sont chargés, selon un échéancier précis, d’élaborer et proposer les mesures à prendre concernant ces chantiers. Leurs travaux doivent être soumis au FMI en avril 2006. «Concrètement, cela veut dire, que quelque part, on est en train de prendre conscience que les pays du Maghreb sont en retard pour le développement de leurs échanges commerciaux», souligne Abdellatif Bel Madani, président de l’Association marocaine des exportateurs (Asmex). Cette dernière a représenté le secteur privé à cette rencontre à laquelle ont participé les ministres chargés des Finances et du Commerce extérieur des trois pays ainsi que les gouverneurs des banques centrales.Evidemment, ce n’est pas le volet politique qui a été au centre de la rencontre. Volontairement, les participants ont choisi de l’éviter. Mais cela n’a pas empêché les questions de l’ouverture de la frontière algéro-marocaine et la problématique de la contrebande d’être remises sur le tapis. Et c’est le ministre algérien du Commerce extérieur algérien qui les a soulevées. Avec force, dit-on, en déclarant notamment qu’il est inadmissible que la frontière reste fermée et que la contrebande gangrène le commerce des deux côtés. Soit. Mais de nombreux responsables algériens ne cachent pas non plus leur crainte de voir l’ouverture des frontières ne bénéficier qu’aux Marocains. Seulement, on constate que depuis qu’elle est entrée dans la logique de l’OMC et du partenariat avec l’Union européenne, l’Algérie n’a pas pour autant développé ses échanges avec la Tunisie. Donc, «si ouverture des frontières il y a, elle va plutôt profiter à tout le nord de l’Afrique», explique le président de l’Asmex. Ce qui veut dire qu’il faut envisager l’ensemble de la région comme un grand marché unique qui profitera à tous les pays et leur évitera des développements déséquilibrés. Une autre question, non sans moindre importance, a été soulevée, cette fois-ci, par l’Asmex. Il s’agit des relations de confiance entre les chefs d’entreprises des deux pays. «On ne peut commercer si les hommes d’affaires ne se connaissent pas. Il est donc fondamental que l’on développe notre relation et aussi celle de nos administrations», affirme Bel Madani. Le tissu industriel des trois pays étant majoritairement constitué de PME/PMI, Maroc, Algérie et Tunisie peuvent, au-delà des situations de concurrence, envisager des rapports de complémentarité notamment dans les secteurs de la chimie et parachimie, du gaz, de l’agro-industrie, de la pêche, de l’ameublement, de l’artisanat et aussi du tourisme. On ne peut pas non plus développer le commerce inter-maghrébin sans lignes aériennes, ferroviaires et aussi terrestres entre les trois pays, estime-t-il.Le Maghreb en devenant un marché attractif, les entreprises des trois pays ne pourront que s’y développer. Encore faut-il que ce vœu pieux des hommes d’affaires ait l’écho qu’il faut chez les politiques. Le Maghreb «ne doit pas s’inscrire dans le sens inverse de l’histoire au vu des regroupements qui se sont constitués dans le monde», ajoute Bel Madani. Aussi, la réouverture des frontières requiert aujourd’hui un caractère d’urgence pour le développement des échanges commerciaux. Leur volume pourrait facilement atteindre, dans un premier temps, les 15% pour chaque pays, note-t-on. Soit sept fois plus que ce qui est réalisé actuellement. En attendant, les secteurs privés vont se rencontrer régulièrement et se concerter sur la manière de donner à leurs affaires l’impulsion qu’il faut. Des missions sont ainsi envisagées de part et d’autre. L’Asmex a, d’ailleurs, été invitée par son homologue algérienne à ouvrir une représentation à Alger. En outre, les directeurs généraux des administrations des douanes du Maroc et de l’Algérie se sont rencontrés en marge de la conférence. A la fin de leur réunion, ils ont annoncé qu’ils ont identifié un ensemble de points qui pourront améliorer rapidement et effectivement les relations entre les deux administrations.


Projet d’Observatoire

Dans le but de renforcer leur coopération économique et de dynamiser les échanges commerciaux, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie ont décidé la création d’un Observatoire du commerce extérieur maghrébin. Il sera chargé notamment du suivi de la mise en place des mesures édictées par les comités techniques. Il est également appelé à enrichir la réflexion autour du commerce inter-maghrébin en accompagnant tout le dispositif. Jamal Eddine HERRADI

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