×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Comment les prix des fruits et légumes ont flambé

    Par L'Economiste | Edition N°:167 Le 16/02/1995 | Partager

    Comme tous les Ramadans, l'intérêt du consommateur s'est focalisé sur les produits alimentaires. Cette année, ce sont les légumes et les fruits qui connaissent une flambée des prix pour plusieurs raisons.

    L'ETAT d'approvisionnement des marchés, le niveau des prix pratiqués et la qualité des marchandises offertes inquiètent les ménages. Les raisons sont à rechercher dans la situation de sécheresse que connaît l'agriculture, les volumes des exportations et la complexité du négoce. La sécheresse actuelle porte préjudice à l'approvisionnement du marché local en réduisant les semis et le développement des cultures. Particulièrement touchées, les tomates, oignons, petits pois et haricots verts de plein champ ont vu leurs superficies réduites à presque 50%. Quant aux exportations de primeurs pour 1995, elles ont régressé, suivant l'EACCE, de 16% (-24% pour la tomate).

    Précurseur de cette canicule, "le chergui, qui a sévi dans le Souss en juillet 94, visait plus les cultures de saison que les cultures d'export de la tomate, dont les semis d'hiver n'ont été entrepris qu'en août-septembre", déclare M. Dkouni, du département des primeurs de l'OCE. Au sujet de la pomme de terre, qui est loin d'être épargnée, il confirme, néanmoins, les propos tenus auparavant par un responsable de l'ASPEM, à savoir que "les exportations marocaines profitent de la situation de pénurie que vit la CEE, suite à la sécheresse de 94, qui a réduit les productions européennes de 75%, équivalant à un déficit estimé à 4 millions de tonnes".

    Ramadan intervient en pleine période d'exportation des primeurs (octobre à mars-avril) et le dernier contingentement de la tomate à l'exportation sur l'UE a dégagé des excédents d'export qui ont contribué substantiellement, outre les écarts de triage, à l'approvisionnement du marché local. En effet, le jeudi 2 février 95, les groupes exportateurs (GPA, Domaines royaux, OCE, Bennani Smires, Essalam...) siégeant en comité de coordination à l'EACCE, ont décidé de réduire de 30% les volumes exportés en février, les prix locaux étant, actuellement, bien plus rémunérateurs que ceux offerts à l'export. A titre d'exemple, la caisse de tomates de 28 kg s'est vendue, le mardi 7 février à 110 DH, soit 4 DH/kg en gros contre 2,5 DH/kg à l'export. Une décision qui arrange, certes, les intérêts des opérateurs, mais qui allège d'autant la pression occasionnée par la hausse des prix.

    Au vu des mercuriales de gros et de détail, si les prix des choux, épinards et pomelos (peu consommés par les Marocains) sont stables et ceux des betteraves, céleris verts, endives et des fruits exotiques baissent, ceux des oignons et des dattes enregistrent des hausses exceptionnelles. La culture de l'oignon est la plus spéculative de tous les légumes et, pour cette campagne, les maraîchers de la région du Saïs ont supplanté, pour une fois, ceux du Tadla, pour voir la cotation en gros atteindre 7,70 DH/kg et 18 DH au détail. A l'exemple de l'olivier, le palmier-dattier connaît le phénomène de l'alternance et une production de dattes aléatoire d'année en année. A la bonne année 94 ne peut succéder logiquement qu'une mauvaise année 95, en volume et en qualité, faisant grimper le prix de gros à 20 DH et celui de détail jusqu'à 50 DH/kg. Pour les producteurs maraîchers comme pour les négociants en légumes et fruits des halles de Casablanca, Ramadan constitue la plus grande opportunité de vente, au même titre que l'Aïd El Adha pour les chevillards. Le négoce s'exerce à travers un circuit d'échange à plusieurs étapes: champ de culture, station de conditionnement, halles de gros, négociants de demi, gros, détaillants. Au fil des enchères et des transactions, les cargaisons peuvent être négociées jusqu'à 2 fois à chaque stade et la facture s'accroît avec les taxes, commissions et autres frais de stockage et d'approche, jusqu'au détaillant et au consommateur final. Le poids des intermédiaires dans la formation des prix des denrées alimentaires est donc considérable, mais le phénomène spéculatif y est bien moins marqué que dans la filière des légumineuses par exemple, comme le reconnaît un grand négociant des halles de Casablanca: "En situation de baisse de production et de forte demande, il est logique que les prix fluctuent à la hausse? Ce dont on ne peut pas nous incriminer, c'est de spéculer sur des denrées aussi périssables".

    Mohamed SAKIB

    La lutte contre les infractions à la réglementation des prix

    L'Administration renforce son action

    DEPUIS le début du mois de Ramadan, plusieurs cas d'infractions à la réglementation des prix ont été relevés. Certaines sanctions ont été prononcées, telles que la fermeture pour 4 jours, en plus des amendes pécuniaires, précise le chef du service de contrôle des prix et de l'approvisionnement de la préfecture de Casa-Anfa. Ces infractions concernent principalement la hausse illicite des prix, le défaut de présentation des factures, le non-affichage des prix, et le non-respect des normes qualitatives et hygiéniques des produits alimentaires.

    Les produits dont les prix sont réglementés comprennent la farine nationale de blé tendre, le sucre et l'huile. Les légumes, les fruits et les viandes, présentant plusieurs catégories et choix, sont livrés à la loi de l'offre et de la demande au niveau du marché de gros. Toutefois, des marges bénéficiaires sont déterminées pour les détaillants. Dans tous les cas, des normes qualitatives sont imposées.

    "Il est vrai qu'à l'instar des années précédentes, les prix connaissent une évolution vers la hausse pendant le mois de Ramadan, ajoute le chef du service de contrôle des prix et de l'approvisionnement, mais ce ne doit pas être une occasion pour permettre aux commerçants de spéculer". La réglementation des produits alimentaires, que ce soit la fixation des prix ou la définition des normes qualitatives, prend également en considération les difficultés rencontrées par les producteurs qu'il ne faut pas défavoriser.

    Car la demande des produits de grande consommation qui doublerait pendant le Ramadan ne trouve pas nécessairement une offre nationale suffisante.

    Pour les légumineuses, par exemple, le Maroc avait été un bon exportateur il y a 3 ou 4 ans. Depuis, la production de ces produits a largement baissé et ne couvre plus la demande locale. Actuellement, on importe presque toutes sortes de légumineuses. Les pois chiches, importés de Chine ou du Canada, atteignent sur le marché local 12 à 13 DH le kilo, car le produit coûte cher sur les marchés internationaux.

    Concernant les légumes, le secteur a connu beaucoup de difficultés dues à la sécheresse qui s'est installée dès le début de l'année. Même les cultures irriguées n'ont pas été épargnées par la crise. La hausse des prix du carburant et la baisse du niveau de l'eau des puits ont participé à l'augmentation de leur prix.

    En tenant compte de cette hausse "normale", les prix de plupart des produits alimentaires de grande consommation ont été réglementés.

    Le service du contrôle des prix et de l'approvisionnement de la préfecture de Casa-Anfa a pris certaines mesures pour contrecarrer les éventuelles infractions à la réglementation des prix et contrôler les normes qualitatives des produits. Une campagne nationale se poursuivra dans ce sens tout au long du mois de Ramadan.

    "Il ne s'agit pas d'une inspection intermittente, l'opération de contrôle est continue dans le temps et dans l'espace. A des occasions particulières, le contrôle devient plus rigoureux et renforcé", explique le chef de service.

    Parmi les mesures qui ont été retenues, il est à noter l'institution d'un contrôle permanent et général qui touche les différents secteurs à tous les stades de commerce. Aussi, une brigade est chargée en permanence du suivi de la situation de l'approvisionnement.

    Par ailleurs, toute personne victime d'une infraction peut téléphoner au service du contrôle des prix de la préfecture de Casa-Anfa. Il y a trois lignes téléphoniques, à savoir le 49-17-95/96/97, spécialement mises en place pour cela. Ce service est ouvert en permanence jusqu'à minuit pour recevoir les plaintes éventuelles du public.

    Une commission comprenant 7 sous-commissions a été également constituée. Elle entend contrôler la qualité d'hygiène et la salubrité des produits alimentaires. Tous les services extérieurs de la préfecture, et concernés par le contrôle, sont représentés au sein de ces commissions. Mais le premier contrôleur reste le consommateur, précise le responsable du service de contrôle de la préfecture, car il est le premier concerné. Il faut que les acheteurs prennent plus de précautions en vérifiant sérieusement les dates de péremption et la qualité des marchandises, conclut-il.

    H.R.

    9ème jourRamadan 94 Max. Min.Ramadan 95 Max. Min.
    Artichauts verts

    Aubergines

    Carottes

    Choux-fleurs

    Courgettes petites

    Fèves en gousse

    Haricots verts

    Navets blancs

    Oignons secs

    Pomme de terre

    Petits pois

    Tomates

    Bananes

    Fraises

    Navels

    Pommes

    3.50-1.50

    6.00-3.00

    2.00-1.00

    2.50-1.00

    4.50-2.50

    3.00-2.50

    1.400-4.00

    1.40-0.60

    4.50-2.00

    2.40-1.50

    3.50-2.00

    2.50-1.00

    9.00-8.00

    17.00-12.00

    2.00-1.50

    10.00-3.00

    4.50-2.50

    3.50-2.00

    3.25-1.50

    3.00-1.00

    6.00-3.00

    6.00-3.00

    16.50-7.50

    3.25-1.50

    7.70-4.00

    4.00-2.00

    10.00-7.00

    3.00-1.50

    10.00-9.00

    22.00-4.00

    2.50-2.00

    14.00-8.00

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc