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Economie

Comment les Etats-Unis ont-ils inventé la nouvelle économie?

Par L'Economiste | Edition N°:643 Le 22/11/1999 | Partager



· L'informatique et les télécoms ont favorisé la globalisation des marchés et ont dopé la croissance
· L'investissement dans les téléphones et les ordinateurs fait le tiers de la croissance
· La globalisation a tué l'inflation malgré la surchauffe et le bas taux de chômage


Le taux de chômage aux Etats-Unis s'est réduit à 4,2% de la population active. Un niveau inconnu depuis vingt-neuf ans, qui vient après une période de croissance à un rythme élevé, ininterrompue depuis neuf ans. En regard, le Japon peine à sortir de la récession, et l'Europe traîne avec une croissance d'environ 2%. Plus que jamais, les pays développés regardent l'Amérique et s'interrogent sur un éventuel "nouveau modèle". Les Américains, en pleine euphorie, n'en doutent plus: ils ont inventé "la nouvelle économie".
Le mot est né en décembre 1996 aux Etats-Unis. "Le triomphe de la nouvelle économie", titrait alors Business Week. "Depuis début 1995, le marché a progressé d'un retentissant 6,5%. Le marché est-il fou? Pas vraiment", écrivait l'hebdomadaire qui voit dans la vigueur de la Bourse "l'émergence d'une nouvelle économie bâtie sur les marchés globaux et la révolution informatique". "Depuis le début des années quatre-vingt, et de manière accélérée au cours des dernières années, l'économie américaine a engagé une restructuration fondamentale. Les investissements dans les ordinateurs et les communications pèsent pour un tiers de la croissance. De l'Internet à la télévision, de nouvelles entreprises apparaissent quasiment du jour au lendemain pour tirer profit des technologies d'avant-garde".
Business Week donne quatre raisons à cette réussite:
1) les progrès de productivité liés aux technologies de l'informatique sont importants;
2) l'inflation est faible et continue de baisser;
3) les taux d'intérêt sont bas;
4) les profits augmentent.
Le mensuel spécialisé dans l'Internet, Wired, ("The Long Booom", juillet 1997) ose même des prévisions à long terme: "Nous sommes au début de vingt-cinq ans de prospérité, de liberté et d'amélioration de l'environnement pour le monde entier", annonçait l'article qui prédisait également une longue période d'innovations technologiques. Ce qui revient à abolir les cycles (expansion-récession), caractéristiques de l'économie classique.
Dans un livre récent (New Rules for the New Economy), Kevin Kelly, le rédacteur en chef de Wired, met en avant trois principales particularités de la nouvelle économie: elle est "globale", elle privilégie les "objets immatériels" (idées, informations, relations) et elle est intensément "interconnectée".
Le triptyque informatique-mondialisation-flexibilité serait donc au coeur de la "troisième révolution industrielle". Les systèmes en réseau capables de produire en fonction des exigences particulières à chaque client démultiplient en effet le marché potentiel. De plus, malgré une conjoncture exubérante et un taux de chômage très bas, aucun signe inflationniste alarmant n'apparaît aux Etats-Unis, car la révolution du Net s'est accompagnée du démantèlement des barrières douanières. Difficile d'augmenter les prix lorsque la concurrence s'exerce à l'échelle de la planète.


Le revers du tableau: Le sur-travail et la sous-paye


La globalisation n'a pas amélioré le rapport de forces en faveur des salariés. Pour Robert Boyer, l'un des économistes de "l'école de la régulation", les Etats-Unis ont surtout inventé... la dispersion sociale. "C'est par l'allongement du temps de travail, la multiplication des sources de revenus par ménage et l'essor de l'activité des femmes qu'a pu être maintenu un certain niveau de vie". La nouvelle économie est une économie duale. "Il y a d'un côté des entreprises industrielles ou de services (banques, assurances) qui ont investi dans les hautes technologies avec un personnel de plus en plus qualifié et des salaires élevés; de l'autre, des services (entreprises de nettoyages, aide ménagère, distribution commerciale de gros et de détail), riches en main-d'oeuvre, peu qualifiée, mal payée et peu productive", explique Michèle Debonneuil, du Commissariat Général au Plan.
Antisocial, le modèle est-il éternel?


Anomalie: L'endettement des ménages


Au cours des trois dernières années, l'indice Dow Jones a plus que doublé sa valeur. Cette euphorie boursière se nourrit des succès des valeurs de haute technologie. Enthousiastes, les Américains n'épargnent plus... pour mieux consommer.
De nombreux économistes pointent là une anomalie alarmante. C'est le cas de Patrick Artus, économiste à la Caisse des Dépôts et Consignations (organisme français équivalent à la CDG). "La bonne performance de l'économie américaine est exagérément extrapolée. Les ménages et les entreprises ont un taux d'endettement qui est de 160% du PIB américain! C'est le taux de la Corée du Sud avant la crise de 1997". En cas de chute des cours, la consommation américaine, qui progresse actuellement de plus de 4% par an, s'asphyxierait, et l'économie avec elle... C'est peut-être là le talon d'Achille de la nouvelle économie.

Nadia SALAH

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