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    Comment le monde va-t-il se redessiner?Par Harold James

    Par L'Economiste | Edition N°:2768 Le 02/05/2008 | Partager

    Harold James enseigne l’histoire et les relations internationales à l’université de Princeton et est l’auteur de The Roman Predicament. Il a particulièrement étudié la grande dépression en Allemagne, et y a observé la fin de la première globalisation, celle qui s’tait dessinée dans les années 1920-30. Dans ses recherches de référence figurent aussi, le système bancaire des Nazis et les grandes familles industrielles d’Europe (Ph Princeton)Dans un monde globalisé, les Etats de moindre envergure s’en sortent généralement mieux, parce qu’ils sont plus flexibles et qu’ils s’adaptent plus rapidement à l’évolution des marchés. Ils sont plus à même d’ajuster leurs politiques sociales, de libéraliser leur marché du travail, d’établir un cadre solide pour la concurrence, et de faciliter les rachats et les fusions transfrontaliers d’entreprises.L’importance de ces processus a été soulignée dans la plupart des analyses récentes sur la piètre performance des principales économies de l’Europe de l’Ouest - la France, l’Allemagne et l’Italie - comparée aux économies plus petites, mais bien plus dynamiques de l’Europe centrale et du Nord. Parallèlement, les petites économies sont aussi plus aptes à défendre avec succès les aspects les plus fondamentaux de l’État providence.Mais par la force des choses, les superpuissances sont plus en mesure de contrôler l’économie et sont donc soumises à la tentation coûteuse d’intervenir sous la pression politique d’intérêts corporatistes. Dans le cas des petits Etats, la multiplicité des réseaux de contrôle se traduit souvent par la disparition de la mobilité des facteurs de production, tandis que dans les grands Etats, la fuite de la main-d’œuvre ou des capitaux est plus malaisée.Dans l’arène internationale, les nations les plus importantes cherchent à définir les règles du jeu internationales, et établissent souvent leur légitimité intérieure sur leur capacité à donner forme au reste du monde: elles pensent en des termes que les intellectuels français ont appelé «la maîtrise de la globalisation». Au lieu d’accepter le système international en vigueur tel qu’il est, avec ses imperfections, elles pensent pouvoir en modifier les règles... en leur faveur.La nervosité et l’inquiétude des petites nations ont commencé à se manifester aux alentours de l’an 2000. La guerre en Irak, la prospection par la Chine de ressources énergétiques dans les pays en développement et le nouvel autoritarisme de la Russie en politique intérieure et étrangère ont illustré les nouvelles réalités politiques.Pouvoirs de compensationLes géants géopolitiques avec des points faibles ont par le passé été un facteur d’instabilité (l’Allemagne d’avant la Première Guerre mondiale en est un exemple évident). Il faut s’attendre à ce que les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) présentent des risques croissants au XXIe siècle. Mais pour l’instant, leur pouvoir est incontestable.Les BRIC chercheront en conséquence à établir un pouvoir de compensation, et une influence et un prestige militaires et stratégiques, pour résoudre leurs difficultés internes. C’en est bien fini des années 90, où l’on aurait pu penser, pendant un bref instant, à la fin de la guerre froide, que le monde était apaisé de manière durable et oublieux des luttes de pouvoir.Cet espoir s’est rapidement révélé illusoire. A vrai dire, de nombreux commentateurs ont été pris de court par la rapidité avec laquelle les tensions sont réapparues dans les relations internationales. Même si les Etats-Unis sont souvent montrés du doigt, ces tensions sont en fait dues à l’émergence d’une nouvelle logique dans les politiques internationales.


    Les petits tigres

    Les gagnants de la grande vague de mondialisation des années 90 furent de petits Etats comme la Nouvelle-Zélande, le Chili, Dubaï, la Finlande, l’Irlande, les Républiques baltes, la Slovénie et la Slovaquie. Les «tigres» de l’Asie de l’Est qui se sont hissés sur le devant de la scène économique mondiale étaient des entités mineures, qui dans certains cas - Singapour, Taïwan et Hong Kong - ne sont pas considérés comme des Etats. Même la Corée du Sud, un géant en comparaison, n’est que la moitié d’un pays.Les nations de cette envergure sont vulnérables, et l’histoire abonde en exemples de petits acteurs sur la scène mondiale, qui malgré leur réussite ont succombé aux luttes de pouvoir: les cités Etats de la Renaissance en Italie, la République hollandaise, et au XXe siècle, le Liban et le Koweït. Les petits Etats sont souvent victimes de pays voisins plus grands, mais plus pauvres, et qui jaloux de leur succès font main basse sur leurs atouts en oubliant que c’est cet assujettissement même qui tarit la source de la richesse et du dynamisme.


    . Les BRIC, force et faiblessesDans le monde actuel, il semble que les nouveaux gagnants soient les grands Etats avec une population importante et une croissance rapide: le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (les BRIC), en sus des Etats-Unis. Ces géants dynamiques terrifient les riches pays industrialisés par leur potentiel économique, caractérisé par une forte compétitivité, des produits bon marché et la sous-traitance des services. Même si le pouvoir des BRIC est évident, ils doivent également en faire la démonstration pour masquer leurs faiblesses. Malgré des problèmes qui leur sont propres, ces pays ont tendance à se comporter comme des superpuissances traditionnelles et cherchent à donner forme à la mondialisation au lieu de l’accepter comme un processus inévitable.Trois points faibles au moins affligent ces géants de la mondialisation, contrairement aux petites nations qui avaient si bien réussi auparavant. Tout d’abord, ces pays très peuplés doivent intégrer leurs populations pauvres et incultes (essentiellement rurales en Chine et en Inde) parallèlement à leur entrée sur les marchés mondiaux.Ensuite, les systèmes financiers de la Chine et de la Russie manquent de transparence, tandis que ceux du Brésil et de l’Inde sont insuffisamment développés. Cette situation freine leur intégration plus poussée dans l’économie mondiale et augmente les risques d’une crise financière mondiale.Enfin, la Russie est confrontée à un déclin démographique marqué et à une population vieillissante et en mauvaise santé. La Chine doit aussi s’attendre à un déclin démographique similaire à celui du Japon, à partir de 2040, un héritage tardif de sa politique de l’enfant unique.Copyright: Project Syndicate, 2007 Traduit de l’anglais par Julia Gallin

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