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Economie

Comment le crédit à la consommation a évolué sur 10 ans

Par L'Economiste | Edition N°:2757 Le 16/04/2008 | Partager

. Le changement de mœurs dynamise le secteur. Un cadre réglementaire et prudentiel favorable. Baisse significative des taux d’intérêtPrès de 41 milliards de DH. C’est l’encours global des crédits à la consommation accordés par les établissements de crédits, selon la dernière étude de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). Celle-ci s’est attelée à examiner l’évolution du secteur sur 10 ans (1995 à 2006). Ce montant représente plus de 35% du montant total des crédits accordés aux ménages (116 milliards de DH) et 33% du total des crédits à l’économie. Etant la seconde source de financement des ménages après le crédit à l’habitat, le crédit à la consommation connaît un essor significatif. Selon l’étude, le secteur progresse annuellement de 16,7%. L’encours global se répartit à hauteur de 66% pour les sociétés de crédit à la consommation et 34% pour les banques. Ainsi, les sociétés de financement ont distribué près de 27 milliards de DH de crédits à la consommation. Ce qui représente une croissance annuelle de 17%. Toutefois, l’évolution par période est disparate. Entre 1995-1999, l’encours s’est accrû de plus de 33%, pour décélérer à 7% entre 2000 et 2005. D’après la note de la DEPF, ce ralentissement est lié à des facteurs organisationnels et réglementaires qui ont rendu les sociétés de financement plus restrictives dans l’octroi du crédit. Il s’agit essentiellement des règles prudentielles, du taux minimum des intérêts conventionnels, du plan comptable des établissements de crédits, des règles minimales en termes de contrôle interne et des règles de classement et de provisionnement des créances en souffrance. L’encours des crédits à la consommation accordés par les sociétés de financement représente 34,2% pour les crédits affectés (octroi de crédit subordonné à l’acquisition d’un bien ou service). En hausse de 28%, ils se répartissent à hauteur de 9,2 milliards de DH. Parmi ceux-ci, l’encours du crédit automobile qui a atteint près de 7 milliards de DH en progression de 39,2%. Selon l’étude, cette hausse a concerné le crédit automobile classique (+5,7% à 1,8 milliard de DH) et la LOA (+57,3% à 5,1 milliards de DH). Cependant, il convient de rappeler que la LOA connaît depuis l’entrée en vigueur de la loi de Finances 2008 un recul sans précédent, compte tenu des dispositions fiscales peu avantageuses. Pour leur part, les crédits non affectés, qui représentent 65% des crédits à la consommation, ont enregistré une progression plus restreinte. Ainsi les prêts personnels ont atteint 14,8 milliards de DH, soit une hausse de 4%, tandis que le crédit revolving s’est établi à 469 millions de DH augmentant ainsi de 10,3%.. Croissance de la consommationL’essor de ce secteur trouve son fondement, selon l’étude dans plusieurs facteurs structurels. En premier lieu, la croissance soutenue de la consommation des ménages. Celle-ci a progressé en moyenne de 4,3% par an pour s’élever à 319,1 milliards de DH en valeur nominale, soit plus de 55% du PIB nominal. Cette évolution est accompagnée d’un changement de la structure de la consommation des ménages ainsi que de l’émergence de nouveaux modes de consommation. De fait, bon nombre d’éléments ont contribué à cette évolution. Il s’agit essentiellement de l’augmentation des revenus et l’amélioration du marché du travail. S’ajoutent à cela, la diversification de l’offre par l’ouverture de l’économie, l’émergence de nouveaux besoin, le recours des entreprises marocaines à la publicité et l’effet attractif de la grande distribution sur la consommation. Le second facteur qui a stimulé la consommation des ménages est incontestablement l’évolution de leur structure. En effet, selon l’enquête de 2001 de la DPEC, les ménages ont renforcé leur consommation en matière de logement, transport et télécommunications. Quant aux dépenses alimentaires, elles tendent à la baisse même si elles restent encore le premier poste de dépenses des ménages. S’agissant de la part des dépenses destinées aux équipements ménagers, elle a connu une amélioration soutenue par le renforcement de l’électrification dans le milieu rural. En outre, le crédit à la consommation a été dynamisé par la reprise de l’immobilier et donc de l’accession à la propriété. Le secteur a également profité de l’engouement des consommateurs pour le TIC. Autre facteur qui a stimulé la consommation, le trend baissier des taux d’intérêt. Ainsi le taux maximum des intérêts conventionnels (TMIC) est passé de 20,42% en 1997 à 12,9%, en raison de la révision de son mode de calcul entre autres. De fait, les nouvelles modalités de calcul ont exclu la population dont le profil de risque nécessiterait d’appliquer des taux plus élevés pour couvrir le coût du risque y afférent. Par conséquent, Bank Al-Maghrib avait décidé, fin 2006, d’indexer le TMIC sur les taux des crédits à la consommation au cours de l’année civile précédente majoré de 200 points de base au lieu du taux moyen pondéré majoré de 60%. Ainsi, le TMIC est passé de 12,9% en avril 2006 à 14% en octobre 2006 puis à 14,7% en avril 2007.De plus, l’étude met également l’accent sur le dynamisme de l’offre de crédit à la consommation. En effet, après une analyse de la structure des crédits à la consommation, il ressort un repli des crédits affectés à l’équipement domestique au profit d’une percée des crédits non affectés. La part du crédit automobile s’est renforcée grâce aux opérations de location avec option d’achat (LOA) qui se sont développées à un rythme soutenu. De fait, la part des crédits domestiques a évolué en passant de 28,1% en 1995 à 1,8%. Cependant la part des prêts directs passe de près de 40% à plus de 56% en 2006. Cela est dû au succès de la formule des prêts directs qui a permis au consommateur de jouir de l’usufruit de son emprunt, d’une part. D’autre part, cette évolution a été tirée par les mesures d’assainissement du circuit d’intermédiation et de rénovation du mode de distribution. Concernant la part des prêts destinés au financement des véhicules, elle s’apprécie de 25,8% en 2006. L’augmentation s’explique par le succès de la LOA, selon l’étude. Et pour cause, les prêts par LOA au niveau de l’automobile se sont établis à 73,4% avec une croissance annuelle de 54,7% entre 2003 et 2006. Les opérateurs sont convaincus que la période de vaches grasses est terminée, en particulier après le surcoût TVA de la LOA introduit par la loi de Finances 2008.


Concurrence et concentration

Apparu au Maroc à la fin des années 30, le secteur du crédit à la consommation se caractérise actuellement par une concurrence ardue. Cela a engendré un mouvement de concentration. De fait, le nombre des sociétés du secteur n’a cessé de baisser depuis quelques années, passant de 36 sociétés en 1996 à 19 en 2006. Cette régression s’explique par le mouvement de restructuration et d’assainissement imposé aux sociétés du secteur ainsi que par le renforcement du cadre réglementaire et prudentiel pour une meilleure protection de la clientèle. M. A. B.

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