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Economie

Comment la France est devenue le deuxième exportateur mondial de céréales

Par L'Economiste | Edition N°:532 Le 18/06/1999 | Partager

· L'intégration poussée amont-aval dope les résultats de la filière céréalière française
· Un projet-pilote s'inspirant de l'expérience française sera mené dans le Haouz

Une quarantaine d'années avant, la France était importateur net de céréales. Aujourd'hui, l'hexagone est le second exportateur mondial. Dans le même temps, le Maroc, qui était considéré au début du siècle comme le grenier à blé français, change de vocation et devient lui importateur net.
Pour les professionnels, la clé qui explique ce changement est le saut époustouflant de la productivité réalisé par la filière française. Alors que le rendement moyen dépasse les 100 quintaux par hectare en France, il n'est que de 7 de ce côté-ci de la Méditerranée.
"La réussite de la céréaliculture française tient surtout à la réorganisation de la filière et de son intégration amont-aval très poussée", explique M. Henri de Benoist, président des Céréaliers de France. En effet, les producteurs céréaliers français sont soit affiliés à des coopératives (90% des cas), soit accordés à des négociants privés. Ces structures se chargent d'encadrer l'agriculteur de base, de le conseiller sur le choix des cultures et des méthodes agricoles utilisées.
Des structures comme l'ITCF (Institut Technique des Céréales et des Fourrages) se chargent notamment de préconiser les variétés optimales pour des cadres géographiques déterminées et, le cas échéant, de développer de nouvelles variétés plus adaptées. La durée de vie moyenne d'une variété de blé française est comprise entre quatre et sept années. Des exceptions restent cependant plus longtemps comme la variété Soissons qui représente plus d'un cinquième des surfaces cultivées en France.
En fait, la survie d'une variété de blé dépend largement de la demande des utilisateurs finaux à l'aval. Les moulins français, auxquels est destinée la majorité de la production, exigent des blés panifiables avec des teneurs en protéine déterminées et des caractéristiques pointues. "C'est dans cette intégration poussée moulin-coopératives-agriculteurs que réside le succès de la filière céréalière française", indique M. Jean-René Thiault, directeur du groupement coopératif Granif, qui couvre une partie de la Seine et Marne près de Paris.
Cette organisation servira du reste de modèle, explique M. Ghali Sebti, président de la FNM (Fédération de la Minoterie Marocaine), à une projet-pilote que nous allons mener dans au Maroc". Un accord a été passé avec la coopérative agricole du Haouz pour que leur récolte soit directement collectée par les minotiers. La coopérative bénéficiera en outre de l'appui technique des Céréaliers de France. L'accord sera appliqué dès la récolte prochaine.


Les gendarmes et les poulets


Un petit incident, survenu à la fin des années 50, dans le Dauphiné en France, montre quel était le niveau de contrôle étatique sur le marché des céréales.
Une femme élevait quelques poulets pour la consommation familiale. Son élevage se trouvait à quelque distance de sa maison, juste assez loin pour que cette agricultrice soit obligée d'emprunter, non pas un chemin privé, mais la route communale, pour aller à ce petit élevage. Un jour elle charge donc un sac de blé dans sa 2CV pour le porter à ses poulets. Les aliments composés n'étaient pas encore monnaie courante. Peut-être n'existaient-ils pas encore, dans cette France qui se voulait agricole mais qui n'avait encore aucune idée de ce qu'allait être la véritable agriculture performante.
Sur la route communale, deux gendarmes. Ils arrêtent la 2CV, demandent ses papiers à la femme et aperçoivent le sac de blé. "Vous avez votre autorisation de transport de céréales, Madame?" "Mais je viens juste de ma maison et je porte ce sac à mes poulets, je ne fais pas de commerce!". "Cela ne fait rien à l'affaire, vous êtes sur une voie publique avec du blé, vous devez avoir une autorisation spéciale de la mairie pour le transport. Pour le commerce de céréales, c'est une autre autorisation, à la préfecture". Ce système était censé éviter les spéculations et garantir des bas prix. Il rendait les céréales plus chères qu'elles ne le sont aujourd'hui tout en empêchant que la comparaison des qualités fasse progresser la production. Et l'immense majorité des paysans étaient pauvres...

Nadia SALAH

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