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    Economie

    Colloque franco-marocain : Eco-industrie : L'eau et les déchets, sources de profits

    Par L'Economiste | Edition N°:85 Le 24/06/1993 | Partager

    La ressource eau est souvent mal utilisée. Les déchets, de leur côté, s'accumulent. Leur collecte n'est pas optimisée faute de règles de décharges. En France, l'industrie de l'environnement, l'éco-industrie, est une véritable filière qui propose des équipements et des solutions globales. Les secteurs de l'eau et des déchets sont devenus la plus grande source de profits de cette éco-industrie.

    L'industrie française de l'environnement constitue une véritable filière, aujourd'hui appelée "éco-industrie". Elle couvre à la fois l'ingénierie, le financement, la construction, l'exploitation et la maintenance, les équipements, le conseil en environnement (audit, marketing et un nouveau concept, l'éco-bilan). En 1992, le chiffre d'affaires global de ce secteur a représenté près de 90 milliards de Francs, dont 20 à 25 % réalisés à l'étranger.

    Ainsi, le colloque franco-marocain sur le traitement des eaux et des déchets (1) avait pour objectif, à travers la participation d'entreprises françaises intervenant dans ce secteur, de présenter la gamme de produits et de solutions en matière d'environnement.

    En France, 400.000 emplois sont recensés dans le secteur des éco-industries, soit 2 % de la population active. Près de 100 milliards de Francs sont investis par an pour ce secteur. En 1990, les collectivités locales ont investi 20 milliards de Francs, soit 20 % de leurs dépenses annuelles d'équipements, dans des actions de protection de l'environnement.

    L'eau traitée à l'ozone

    La structure du tissu des éco-industries françaises varie selon les secteurs d'activités.

    Les secteurs de l'eau et des déchets sont dominés par de grands groupes spécialisés dans l'environnement et liés au BTP. Les leaders sont la Lyonnaise des Eaux-Dumez et la compagnie Générale des Eaux, talonnées par la SAUR, filiale de Bouygues.

    La Compagnies Générale des Eaux et ses filiales alimentent en eau potable près de 8.000 communes en France. Elles distribuent ainsi 2 milliards de m3 d'eau par an, pour desservir 23 millions d'habitants. L'eau distribuée est actuellement traitée à l'ozone. Elles gèrent également les réseaux d'eaux usées de 2.500 communes et un parc de 1.600 stations de dépollution, capables de traiter une pollution équivalente aux rejets de 21 millions d'habitants. Depuis 15 ans, la Compagnie a développé des actions notamment en Amérique latine. Au Maroc, des études de distribution d'eau à Fès, Safi, Youssoufia et Sefrou sont en cours de réalisation. A côté de ces "poids lourds", les PME, souvent des équipementiers indépendants ou appartenant à de petits groupes industriels, ont fait le choix d'une stratégie de niche mono-produit ou mono-secteur.

    Dans le domaine de l'eau, ces PME fabriquent des canalisations, des pompes, des filtres, des produits réactifs (floculants, absorbants, chlore, ozone).

    Pour l'eau potable et l'assainissement, les grandes entreprises misent particulièrement sur les bio-technologies. Il en est ainsi de BRGM, société de services spécialisée dans le domaine de l'ingénierie géologique, qui a mis au point une technique qui utilise les bactéries naturelles du sol pour accélérer la dégradation in situ des hydrocarbures. Elle a également mis au point un système de suivi, prévision et simulation des écoulements souterrains. Ce système permet de simuler toute fuite de produit dans le sous-sol, de préciser l'évolution du panache de pollution et donc de contribuer à la définition du système de dépollution.

    Cette société, disposant de 25 agences en France et 5 à l'étranger, vient d'ouvrir au Maroc une filiale, Méditerre, en partenariat avec l'ONA.

    La société Safege (ingénierie eau, génie urbain, gestion de services publics) présente de son côté un procédé de lutte contre l'eutrophisation (enrichissement naturel d'une eau en matières nutritives).

    Ce procédé est développé par la société Aqua Technique, filiale de la Safege des Eaux.

    La Safege intervient au Maroc depuis de nombreuses années et a participé à l'étude ou au plan d'assainissement d'Agadir, de Marrakech et de Casablanca.

    La Lyonnaise des Eaux, pour sa part, a créé une nouvelle filiale, Aquasource, chargée de développer et de commercialiser un nouveau procédé de traitement des eaux souterraines, des rivières ou des lacs. Ce procédé, qui fait appel à un filtre géant, élimine toutes matières en suspension (bactéries, algues, parasites) sans ajout réactif.

    L'énergie de l'incinération

    Concernant le traitement des déchets nombreuses sont les grandes entreprises ou les PME qui ont développé des technologies qualifiées d'innovantes.

    Les équipementiers, dans ce secteur des déchets, proposent des matériels comprenant des incinérateurs, des broyeurs, des compacteurs, des matériels de collecte sélective, des convoyeurs de déchets pour en faciliter le tri...

    La société Aprochim, à travers son film technique, a présenté son usine d'incinération de pyralène ou PCB. L'acide chlorhydrique obtenu par régénération permet une rationalisation de la production de chlore tout en résolvant le problème des rejets PCB, inévitables dans le traitement thermique traditionnel.

    La CNIM, de son côté, est spécialisée dans la conception, la construction, la mise en service et l'exploitation d'usines d'incinération des ordures ménagères et ce, avec récupération de l'énergie et le traitement poussé des gaz de combustion. En France, les usines réalisées par CNIM incinèrent actuellement 4,5 millions de tonnes de déchets par an.

    Smarcolect, entreprise marocaine de ramassage des ordures ménagères dans les villes du Maroc, est une filiale de Marrel (constructeur de bennes et équipements hydrauliques de manutention sur véhicules) et de Sita (filiale de la Lyonnaise des Eaux).

    Créée en janvier 1993, la société collecte près de 1.000 tonnes d'ordures ménagères et de déchets par jour. La société fournit également les communes en matériel.

    De plus, elle propose des études logistiques et économiques portant sur le choix du matériel, les points d'implantation des stations et la mise en service des équipements.

    L'audiovisuel réveille les colloques

    Pour mieux comprendre l'ampleur des problèmes de la pollution, des es dégâts et les solutions susceptibles d'y remédier, le meilleur moyen est de les dessiner ou de les schématiser, encore mieux de les filmer.

    La lecture de rapports souvent très longs provoque dans la plupart des cas des ronflements dans les salles ou perd en chemin un grand nombre de participants intéressés. Pour présenter des offres, des produits, certaines conférenciers préfèrent passer par le canal de ce que l'on appelle les "catalogs-show" ou utilisent des diapositives accompagnées de commentaires succincts. D'autres organisent, à travers des films, de véritables visites "visuelles" de leurs unités et de leurs technologies. Ainsi, les entreprises françaises, participant au colloque franco-marocain sur le traitement des eaux et des déchets, ont présenté leurs équipements et leurs techniques en matière d'environnement sous forme de "films techniques". Ces premiers sont de véritables visites au coeur des entreprises ou sous terre avec des kilomètres de canalisations, et musique en prime. Ils avaient pour objectif de permettre aux participants du colloque de faire connaissance avec des démarches préventives ou curatives, des techniques de traitement d'eau et de déchets, de décontamination, d'installation et de conception d'unités d'incinération,.

    D'autres films ont mis l'accent sur les différentes activités développées par les entreprises dans le domaine de la propreté, de l'aménagement urbain, des transports, du stationnement, de l'entretien des espaces verts... Certaines entreprises ont utilisé des moyens classiques de présentation, d'autres ont fait appel à des procédés originaux, des histoires ou des dessins animés "pour faire passer le message".

    Ainsi, par exemple, un écolier, essoufflé et cheveux hirsutes, nous a permis un exercice de mathématiques menées de pouvoir calculer et entrevoir la valeur de la ressource d'eau potable traitée par an et les différentes actions par les entreprises qui gèrent les réseaux d'eau et les parcs de station de dépollution.

    Lors d'un pique-nique d'amoureux, bouquets de fleurs et panier garni, on "imagine une usine" de désintoxication de mercure et de chlore où des substances chimiques, sous forme de "petits bonhommes verts ou rouges" sont séparées, traitées et recyclées.

    Meriem OUDGHIRI.

    (1) Le colloque franco-marocain a été organisé à Casablanca et à Tanger par le Centre Français du Commerce Extérieur (CFCE), la Mission Economique et Financière/Service Commercial de l'Ambassade de France à Casablanca, la Fédération des Industries Chimiques et Parachimiques (FICP), et l'Association des Co-propriétaires de la zone industrielle de Tanger.

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