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Cogénération: Un procédé pour l'autonomie et la maîtrise des coûts d'énergie

Par L'Economiste | Edition N°:63 Le 21/01/1993 | Partager

Coupures ou délestages perturbent les industriels. Ce qui suscite un attrait pour les systèmes de production autonome. Un symposium est organisé par l'AMGE les 26 et 27 Janvier sur "la cogénération et la production autonome de l'électricité".

Alors que les PVD en sont à étudier les possibilités de développer la production autonome et en particulier la cogénération, les pays industrialisés où ces notions sont très avancées passent au stade suivant, à savoir le principe de commercialisation des économies d'électricité. Ainsi, dans des pays comme les USA, le Japon, le Canada, la Belgique ou encore la Suède, les compagnies cherchent à modifier la relation fournisseur-client par le biais de la Demand-Side Management ou gestion par la demande. La DSM part du principe suivant: "il est moins coûteux, pour une compagnie d'électricité, d'intervenir auprès de ses clients pour qu'ils modifient leur consommation, soit en la réduisant, soit en la décalant dans le temps, plutôt que de construire de nouvelles unités de production en vue de satisfaire l'augmentation incontrôlée de la demande". Et la politique est porteuse! Le coût du kWh économisé est de 1,6 cent alors que tout nouveau kWh à produire reviendrait à 5 cents. C'est le résultat obtenu par une entreprise canadienne suite au lancement de son programme DSM s'adressant à tous les types de consommateurs. L'entreprise a décidé d'engager 600 millions de Dollars en dix ans pour réduire les consommations de 5.600 GWh par an.

Aux USA, sur dix ans, 417 programmes de DSM ont été lancés auprès de 49.738 entreprises américaines. Selon la revue Energie-Plus de Novembre 1992, tous les moyens techniques ont été mis à la disposition de cette clientèle industrielle: depuis l'audit énergétique jusqu'à la cogénération en passant par le délestage, les contrats spéciaux (fourniture interruptible par exemple) et les programmes de développement économique. A cet arsenal, se sont ajoutés les multiples moyens d'incitation tels que l'assistance technique, l'ingénierie financière, les subventions, l'installation gratuite d'équipements..., et la politique de prix des kWh.

Il est à noter que la cogénération est au programme. La production autonome de l'électricité c'est la sécurité de l'approvisionnement pour l'industriel en ce sens qu'il dispose d'une alimentation en permanence en cas de coupure de courant dans le réseau. Autre intérêt: la cogénération permet un rendement global élevé. Ces rendements se situeraient entre 34 et 84%, expliquent les spécialistes, parce qu'à partir de certains combustibles rien n'est perdu.

Pour le réseau institutionnel, l'incitation des privés à produire leur source énergétique permet l'allégement. Allégement du réseau et des contraintes financières. Ainsi si l'ONE dispose d'un programme d'investissement quinquennal, il n'est pas toujours aisé de trouver les financements nécessaires. Le programme de 93-97 exige plus de 20 milliards de Dirhams.

Malgré tout l'intérêt pour le réseau public à inciter les privés à produire leur énergie, les barrières demeurent nombreuses. Certaines sont internes à l'entreprise qui n'est pas toujours sensibilisée sur l'utilité de disposer de sa propre unité d'approvisionnement énergétique. D'autres se situent dans l'environnement de l'entreprise.

Pour libéraliser entièrement la production autonome de l'électricité, il est nécessaire de passer par plusieurs étapes. Tous les pays qui sont actuellement parvenus à développer ce procédé de production de l'électricité ont eu affaire à ces barrières d'ordre technique, économique, réglementaire...

L'entreprise qui disposerait de tous les paramètres pour asseoir sa propre unité de production d'électricité serait confrontée à l'indisponibilité des données pour envisager un tel projet. Ensuite, le soutien technique étatique demeure insuffisant.

Certes, le Ministère de l'Energie et des Mines procède à des audits énergétiques au sein des entreprises, mais les moyens demeurent limités.

Les barrières financières proviennent du fait que la plupart des industriels orientent leur investissement vers la production. Il n'existe pas de financements proposés.

Enfin, les barrières dites réglementaires et institutionnelles résident essentiellement dans le fait qu'il n'y ait pas de volonté affirmée des pouvoirs publics pour inciter les industriels à investir dans la production autonome de l'électricité. A côté de cela, il n'existe pas de cadre juridique pour cerner la question de l'éventuelle cession des kWh supplémentaires.

"Or, l'une des conditions au développement de la cogénération réside dans l'autorisation pour les autoproducteurs de vendre leur électricité au réseau public".

N.H.

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