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Cogénération: : Prémices à la privatisation de la production d'électricité

Par L'Economiste | Edition N°:65 Le 04/02/1993 | Partager

Le déficit d'électricité et les coupures qu'il entraîne ont rendu la relation producteurs-distributeurs-utilisateurs sensible. La dépendance de l'industrie peut être réduite par le développement de la génération. Pour cela, un suivi au symposium de l'AMGE sera organisé.

Une Commission chargée du suivi de toutes les actions à entreprendre suite au Symposium sur la Cogénération et la Production Autonome de l'électricité sera mise en place courant Février. L'ensemble des aspects évoqués à l'occasion du symposium devraient être étudiés au cas par cas avec la participation de toutes les parties intéressées. L'après-symposium est jugé primordial. C'est pour cela que M. Naïm Lahlou, Président de l'AMGE, annonce déjà les actions de suivi de cette manifestation.

Cogénération communautaire

La mise sur pied d'une Commission de suivi aux fins de ne pas laisser les recommandations émises lors du symposium sans effet constitue la première étape. Cette Commission rassemblera les représentants des pouvoirs publics, de l'ONE, des Régies, des industriels, de l'AMGE... Sa mise sur pied est prévue courant Février.

Le premier travail qu'entamera la Commission portera sur le financement. C'est le premier obstacle auquel ont à faire face les éventuels autoproducteurs.

Hormis la création d'un Fond Spécial pour la Maîtrise de l'Energie, les possibilités de financement des projets de production autonome d'électricité et de cogénération notamment par tiers-investisseurs feront l'objet d'une réflexion particulière. Les sociétés de tiers-investisseurs n'existent pas au Maroc.

Le souhait de l'AMGE est de regrouper, autour d'une table, les administrations, les banquiers et bailleurs de fonds pour entreprendre des actions en ce sens.

Ainsi est envisagée la réalisation d'une expérience pilote de "cogénération communautaire" dans une zone industrielle. L'ONE, les Régies ainsi que d'autres partenaires y contribueraient. L'ONE apporterait son savoir-faire, la Régie son expérience de distributeur. Quant au financement, il incomberait soit à un groupement d'intérêt économique ou aux fournisseurs d'équipements, de combustibles...

Obligation d'achat par l'ONE

Parmi les mécanismes de financement, il est mentionné les possibilités pour les industriels d'accéder à des sources de financement extérieur en provenance d'organismes chargés de l'aide au développement par exemple. De même qu'est recommandé l'octroi de taux d'intérêt bonifiés avec possibilités de différés des paiements et d'amortissements accélérés.

L'institution d'une obligation d'achat pour l'Office et les Régies vise aussi le renforcement des mesures incitatives. C'est la condition sine qua non au développement de procédés de production autonome d'électricité en général et la cogénération en particulier.

Dans les pays industrialisés où les systèmes de cogénération se développent de façon rapide, l'investissement en cogénération n'est envisagé que si les taux de retour sont de l'ordre de 25 à 30%.

Structure d'assistance

Ce qui n'est pas encore le cas dans les PVD et notamment au Maroc où les secteurs qui investissent dans ces unités sont davantage animés par un souci de sécurité d'approvisionnement en électricité. Ce sont essentiellement les industries qui travaillent en continu et qui sont contraintes à investir dans des unités de production d'électricité.

Le développement des systèmes de cogénération et de production autonome en électricité en général constitue le premier pas vers la "privatisation de la production électrique". Aussi pour permettre à l'ONE de gérer un contexte qui exigerait de lui une relation de partenariat avec les industriels et non plus de fournisseur, il a été recommandé la mise en place d'une structure spécialisée en son sein. Le rôle de cette structure serait d'informer, de conseiller et de prêter assistance technique aux entreprises.

Le second axe immédiat de la réflexion que compte mettre sur pied l'AMGE est relatif à la gestion de la demande énergétique. Il s'agit de développer les études sectorielles sur l'évolution de la croissance de la demande en vue d'affiner la planification énergétique.

Parmi les recommandations les plus importantes, figure la création d'une "entité autonome spécialisée dans le domaine de la maîtrise de l'énergie"

C'est, en d'autres termes, la création d'une "Agence pour la Maîtrise de l'Energie" comme il en existe en Europe, aux USA, en Tunisie...

N.H.

Cogénération et développement

- Le potentiel de cogénération est estimé à 10% des extensions de capacité projetées. Outre les questions techniques. économiques et financières, le principal frein au développement des systèmes de production autonome se situe au niveau de l'interface entre les producteurs industriels et les cogénérateurs potentiels dans le contexte réglementaire.

- Le taux annuel de croissance de la consommation électrique est estimé à 7% dans les PVD pour les deux prochaines décennies. Ce taux n'est que de 2% pour les USA.

En guise de réponse à cette demande, le producteur institutionnel programme des grandes centrales pour réaliser des économies d'échelle. Cette solution se heurte à la faiblesse des ressources financières. Par conséquent, les réalisations ne s'effectuent pas toujours au moment opportun. Ce qui aboutit à des situations où la demande excède l'offre.

Le tout se soldant par des coupures, des délestages et leur incidence sur l'industrie en général.

Au Pakistan, les pertes ont été estimées à plusieurs fois la valeur de la demande non satisfaite. Au Brésil, la perte coûterait 1 dollar par kWh non satisfait, alors que le prix de vente du kWh est de 4 cents seulement (valeur 1977).

- Pour pallier aux cas d'urgence, la démarche consiste à recourir aux turbines à gaz dont le délai de réalisation est court.

- Cette situation (taux de croissance de la demande de 7%, retard d'équipement pour insuffisance financière, recours aux turbines à gaz) présente des similitudes avec le cas marocain. Le problème n'a donc rien de local ou conjoncturel mais il est dû à une problématique plus générale. D'où l'intérêt du recours à des systèmes de cogénération.

Nouvelle politique de la Banque Mondiale

- En 1980, un rapport de la Banque Mondiale évalue la part de l'industrie dans la consommation globale à 45% (contre 50% actuellement pour le Maroc). Le rôle de la cogénération peut donc jouer un rôle important dans le secteur industriel. Les principaux secteurs concernés sont l'agro-alimentaire, l'industrie de la pâte à papier et du papier, la chimie, le raffinage pétrolier, et la sidérurgie.

- La Banque Mondiale vient de définir une nouvelle politique en matière de prêts au secteur électrique des PVD. De cette étude couvrant les 30 dernières années, il ressort que les performances technique, institutionnelle et financière de la plupart des entreprises électriques des PVD se sont détériorées.

- Pour les années 90, le problème majeur sera celui du financement. La Banque Mondiale en conclut que les fonds publics ne vont plus être en mesure d'y faire face. Aussi a-t-elle établi un ensemble de principes directeurs qui seront à la base de tout octroi de prêt. Parmi ces principes directeurs figurent:

-la nécessité d'une transparence totale des réglementations,

-l'encouragement et l'adoption de pratiques commerciales,

-l'encouragement de l'investissement et du rôle du secteur privé en général.

Source: Rapport de synthèse préparé par M. Abdellatif Berrada, Techniprojet S.A. Rapport lui-même tiré d'une étude réalisée pour le compte du Ministère de l'Energie et des Mines Direction de l'Energie dans le cadre des activités du projet GEM.

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