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    CNCA: Un dialogue bien balloté

    Par L'Economiste | Edition N°:284 Le 12/06/1997 | Partager

    Une grève de 48 heures a paralysé la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA). Le syndicat veut organiser un sit-in.Une grève de 48 heures a paralysé la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA). Le syndicat veut organiser un sit-in.


    La tension est montée d'un cran à la CNCA. Après une grève générale de 48 heures ayant paralysé la Caisse les 4 et 5 juin, le bureau de coordination du Syndicat National des Banques, affilié à la CDT, a lancé un ultimatum. «Un réel dialogue sur l'ensemble des points en négociation devra s'instaurer avant le 20 juin si nous voulons éviter le sit-in de 24 heures que nous comptons organiser au siège de la Direction générale, explique M. Abdelhak Riki, secrétaire général du bureau de coordination syndical du Crédit Agricole et membre du bureau national du SNB/CDT. Une marche de protestation est également prévue et conduira le personnel de la Rue d'Alger au Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole», est-il indiqué.
    Le mouvement de protestation du Crédit Foncier de France leur trotte dans la tête. Ils envisagent de suivre l'exemple si la situation perdure. «Les employés sont prêts à passer à l'acte», lâche M. Riki. Ce dernier a saisi par courrier plusieurs ministres, dont celui d'Etat à l'Intérieur, pour leur demander d'intervenir auprès du directeur général. Le document précise que le personnel a considéré «comme positive la décision du gouvernement de se pencher sur le dossier de la CNCA et a affirmé son adhésion à tout véritable plan de redressement et sa mobilisation permanente pour le recouvrement des créances impayées».

    Le dialogue est rompu. Chacun des protagonistes de ce conflit social rejette la responsabilité de cette rupture sur l'autre. M. Abdellah Lahlou, directeur général de la CNCA, rappelle qu'il «reste ouvert au dialogue». Il affirme que «cinq sur les six points arrêtés par la commission paritaire ont été retenus lors d'une réunion tenue la veille de la grève générale». Pour lui, dire que le directeur général a utilisé le dialogue pour gagner du temps et non pour résoudre les problèmes du personnel relève du jugement de valeur. Cette analyse n'est pas partagée par le syndicat qui estime que le personnel «est envahi par une avalanche de notes d'information». M. Riki affirme que la Direction générale a anéanti le fruit de deux mois de négociation au sein de la commission paritaire qui a abouti à la signature de neuf procès-verbaux. M. Lahlou n'aurait pas voulu entériner les décisions de cette commission, composée de représentants du personnel et de la Direction. Motif: la commission devra se contenter de suggérer. La décision revient à la Direction générale.

    Prélèvement pour grève


    Autre point de discorde: après les deux grèves de janvier et février, la Direction générale avait opéré un prélèvement sur les salaires du personnel gréviste: motif l'»ABS» (lire absent). Le syndicat demande la restitution de ces prélèvements au risque de «porter l'affaire devant les tribunaux compétents». Le directeur balaie cette revendication en faisant valoir l'argument juridique: «la loi est précise dans de telles situations».
    Les primes de fin d'année sont également au centre des revendications du personnel qui s'élève contre leur attribution jugée arbitraire. Elles sont qualifiées de «trop élevées pour les nouvelles recrues». La représentation syndicale propose de rectifier le tir «en définissant des critères d'octroi et une répartition juste et équitable». Elle suggère d'instaurer un autre système avec la plus grosse partie fixe du montant répartie mensuellement sur les salaires des agents. Le reliquat, environ 20%, laissé à l'appréciation du chef, sera distribué à la fin de l'année. Les critères d'évaluation doivent être redéfinis. Sur ce plan, M. Lahlou se dit ouvert à toutes les propositions.
    Le crédit logement destiné au personnel est également au coeur du conflit social que vit la Caisse. M. Riki soutient que pas moins de 1.000 demandes de crédits sont en instance et attendent un dénouement. Dans ce dossier, la Direction générale veut retourner la tendance en privilégiant «le réseau au détriment du siège».
    Les délégués du personnel reprochent aussi à la Direction générale de marginaliser les compétences internes. Pour M. Lahlou, il s'agit là encore d'un jugement de valeur. Pour les syndicalistes, la grève est une réussite...«à 90%». Du côté de la DG, no comment.

    Mohamed CHAOUI

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