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    CNCA: La contrainte par corps mise en branle

    Par L'Economiste | Edition N°:291 Le 31/07/1997 | Partager

    La CNCA a engagé des poursuites contre une cinquantaine de gros débiteurs opérant dans l'immobilier, la pêche hauturière et l'agro-industrie. Les dossiers sur la sellette porte sur 1,2 milliard de DH. Ils sont localisés sur l'axe Rabat-Mohamédia-Casablanca.


    C'ETAIT connu depuis longtemps, mais la divulgation d'une partie du rapport des bailleurs de fonds (CFD, Banque Mondiale et KFW) et la réaction vigoureuse qui s'en est suivie ont relancé le débat sur la santé précaire de la CNCA. Ce dossier est en passe d'être la saga de l'été. La raison: les responsables de la Caisse n'ont pas attendu la rentrée pour prendre le «taureau par les cornes». L'action musclée envisagée pour récupérer les créances difficiles est mise en branle. M. Abdellah Lahlou, directeur général de la CNCA, est très explicite: «La machine longtemps grippée de la contrainte par corps redémarre».

    5,5 milliards d'impayés


    Les poursuites concernent une cinquantaine de gros débiteurs commerciaux redevables d'un montant total de 1,2 milliard de DH. Les personnes visées opèrent notamment dans les secteurs de l'immobilier, de la pêche hauturière et de l'agro-industrie.
    Tout en précisant que cette procédure constitue «le dernier recours en cas de problème», le DG de la CNCA souligne qu'elle «est uniquement engagée contre des personnes de mauvaises foi ne voulant ni discuter, ni reconnaître leurs dettes vis-à-vis de la banque».
    De l'avis d'un haut cadre de banque, cette première partie du plan de restructuration pourrait engendrer quelques problèmes. Il explique: «Pour les dettes commerciales, il va falloir que la Caisse s'entende avec ses débiteurs sur les montants dus d'autant qu'il s'agit pour plusieurs cas de comptes courants qui ont été mouvementés pendant plusieurs années».

    Néanmoins, il semble que le recouvrement pourrait avancer plus vite que prévu. M. Lahlou fait d'ailleurs remarquer que «des débiteurs se sont approchés de la Caisse pour commencer les remboursements ou fixer un échéancier».
    Pour l'instant, les responsables de la Caisse reste discrets sur la somme totale à récupérer. Une source proche du dossier indique qu'elle s'élève à 5,5 milliards de DH. Il précise que, si rien n'est fait, l'ardoise devrait atteindre 8 milliards de DH à la fin de l'année en cours, compte tenu des échéances qui vont tomber d'ici là.
    Les dettes commerciales difficiles représenteraient un peu plus de 67% du montant total, soit 3,7 milliards de DH. Près de 80 personnes éparpillées entre Rabat, Casablanca et le Sud, Agadir entre autres, sont redevables de 1,4 milliard de DH. Les plus gros dossiers sont localisés dans l'axe Rabat-Mohamédia-Casablanca.

    Plan de restructuration


    A l'évidence, le nombre de personnes poursuivies et les montants pourraient évoluer dans les prochaines semaines. Quand aux dettes des agriculteurs, elles totalisent 1,8 milliard de DH, affirme la même source.
    «Les poursuites ne touchent pas l'agriculture», souligne M. Lahlou. Et de préciser: «Nous attendons la décision du gouvernement».
    En attendant, la mise en uvre technique du plan de restructuration en gestation s'avère très pressante.
    La mouture actuelle prévoit d'abord une recapitalisation de la CNCA à hauteur de 800 MDH tirés sur les ressources budgétaires. Mais il semble que le Ministère des Finances n'est pas prêt de dépasser 250 millions de DH. La faillite étant exclue, il va bien falloir combler le gap.
    Auprès des bailleurs de fonds, il est souligné que la porte reste entièrement ouverte du fait que «la Caisse constitue une structure incontournable pour l'agriculture marocaine».
    Dans les faits, des discussions ont été lancées début juillet avec la Banque Mondiale à Washington. La CNCA doit présenter à nouveau sa copie en septembre prochain.
    Deuxième point du plan: systématisation du recouvrement et renforcement des équipes affectées à cette tâche.

    Quand au troisième point, il porte sur la recherche d'une solution au problème des petits agriculteurs, particulièrement ceux affectés par la sécheresse, qui pourraient à l'avenir bénéficier de prêts bonifiés. Ce point prévoit la séparation entre le volet agricole de la Caisse considéré comme un service public et l'activité bancaire commerciale.
    D'ailleurs, la Banque Mondiale a toujours réclamé cette approche. Selon des sources proches de la CNCA, ce plan avait même été proposé en interne il y a un peu plus d'une année.
    Ce dispositif devrait être complété par diverses autres actions. Figure en bonne place l'atténuation des ressources externes. Celles-ci représentent actuellement 48% des ressources totales de la Caisse contre 55% en 1995. La stratégie mise en oeuvre consiste à poursuivre la réduction de leur poids par le développement de la collecte des dépôts. De l'avis de M. Ahmed Lahlimi, directeur adjoint, il s'agira d'aller au-delà de ce plan. Son idée est d'ouvrir le capital de la CNCA à des institutionnels publics comme la MAMDA et la CDG.
    Dans les faits, le mal est profond. La CNCA attend l'ordonnance des pouvoirs publics qui ne peut être qu'un remède de cheval.

    Alié Dior NDOUR & Mohamed CHAOUI

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