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    Economie

    Classe moyenne: Enfin une définition

    Par L'Economiste | Edition N°:3020 Le 08/05/2009 | Partager

    . Le HCP retient les critères revenu et niveau de vie. Le débat est ouvert. Premiers résultats de l’enquêteLa classe moyenne marocaine est-elle un mythe? A force d’en parler sans savoir ce qu’elle pèse réellement, le sujet avait fini par devenir l’Arlésienne. Le thème est récurrent, dans tous les débats, toutes les analyses, les colloques car tout le monde est convaincu de son rôle stabilisateur, voire de moteur de l’économie. C’est celui qui porte les espoirs de développement du pays. Du coup, économistes et politiques sont à l’affût du moindre frémissement à ce niveau. L’actualité a d’ailleurs remis ce dossier au goût du jour: on le voit, c’est la consommation intérieure qui a permis au Maroc d’«encaisser» les turbulences internationales. Avant de proposer une estimation chiffrée de ce gisement encore faut-il se mettre d’accord sur les critères de son évaluation. Car il n’existe pas de conception unique de ce qu’est la classe moyenne. Comment cette population est répartie géographiquement? par quels signes distinctifs de consommation se caractérise cette classe. Car la classe moyenne reste finalement un concept subjectif qui n’a d’intérêt que par rapport aux «ingrédients» qu’on y greffe. C’est même la dimension la plus importante de ce chantier. C’est à cet exercice très difficile qu’a essayé de s’atteler le Haut commissariat au plan dans ce qui semble être la première opération du genre. Le revenu et le niveau de vie restent uns des critères retenus traditionnellement pour identifier une classe socioéconomique. Et ce sont ces critères qui ont été retenus par le HCP. L’autre option d’évaluation qui aurait pu être retenue est celle de l’auto-identification sociale des chefs de ménage. Celle-ci a été écartée car jugée inappropriée et ses résultats biaisés. «Cette démarche renseigne sur le vécu par la population de son statut social. Mais elle présente l’inconvénient d’être inadéquate avec la stratification objective de la société globale», explique Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au Plan, lors de la présentation des premiers résultats de l’enquête sur la classe moyenne, laquelle s’est déroulée mercredi 6 mai. Selon la méthodologie HCP, c’est-à-dire revenus et niveau de vie, la classe moyenne est définie comme l’ensemble des individus disposant d’un revenu proche du revenu médian. Pour en délimiter les contours, le HCP s’est basé sur l’enquête sur les revenus et le niveau des ménages réalisée en 2007 dont les détails seront déclinés bientôt. Dans sa méthodologie, l’équipe du HCP s’est référée au revenu médian national. L’avantage de cette valeur médiane est qu’elle répartit les ménages en deux groupes de même effectif. Elle permet aussi de corriger l’influence des valeurs extrêmes. «C’est la méthode adoptée, dans toutes les approches statistiques pour fixer les bornes des fourchettes où se situent les classes sociales», justifie le Haut commissaire au plan. Le revenu national médian ressort donc à 3.500 dirhams par mois et par ménage. Pour délimiter le revenu des classes moyennes, le HCP a fixé le minimum, ou la borne inférieure, à 0,75 fois la médiane du revenu, soit à 2.800 dirhams par mois et par ménage. Les ménages pauvres, vulnérables et une partie de ceux se situant au-delà du seuil de vulnérabilité, se trouvent donc exclus. Ces évaluations peuvent être contestées dans le détail mais elles ont le mérite d’ouvrir le débat et de donner un canevas de travail. Quant à la borne supérieure, elle est fixée à 2,5 fois la médiane et ressort à 6.736 dirhams. Le HCP a opté pour une option extensive dans la délimitation des classes moyennes. Un choix justifié par la distribution des revenus et des dépenses de consommation des ménages qui sont inégalitaires: 10% les plus aisés de la population totalisent 38% des revenus et 33% des dépenses de consommation. En revanche, 27% vivent au-dessous du seuil de vulnérabilité et ne participent que de 11% dans les revenus et de 10% dans les dépenses de consommation. «Une option extensive dans la définition des classes moyennes est la plus adaptée à une politique spécifique de leur renforcement dans une stratégie de mobilité sociale ascendante», soutient le Haut commissaire au plan. K. M.

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