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    Economie

    Clandestins/TIR: Les autorités préparent un plan de riposte

    Par L'Economiste | Edition N°:664 Le 21/12/1999 | Partager

    · Le wali de Casablanca tient une réunion de crise aujourd'hui avec des transporteurs, des industriels textiles et des armateurs

    · Les camions TIR pourraient se voir accorder des couloirs de sécurité dans
    la ville


    La surélévation des murs de l'enceinte du port de Casablanca n'y aura rien fait. Les candidats à l'émigration sont toujours plus nombreux, des adolescents pour la plupart à squatter, ou plutôt à prendre d'assaut les remorques de marchandises pour tenter leur chance en Europe. Les compagnies de transport international, victimes de ce phénomène avec leurs clients, tirent la sonnette d'alarme. Car, si les préjudices sont dans l'immédiat difficiles à quantifier, c'est sur le moyen terme que les conséquences risquent d'être redoutables sur les carnets de commandes de la sous-traitance de la confection, principal client du transport international routier (TIR) à l'exportation et qui représente, ce n'est pas inutile de le rappeler, le tiers des exportations en valeur du pays. La réunion convoquée aujourd'hui à la mi-journée à Casablanca par le wali de la métropole est donc le signe d'un durcissement des autorités et le début d'une riposte dans la gestion de ce phénomène.
    Accusés par le passé de mollesse, les pouvoirs publics veulent donc montrer leurs muscles même s'ils sont conscients qu'aucun dispositif de sécurité aussi draconien qu'il soit ne peut garantir une totale étanchéité.

    Sont conviés à cette réunion de crise tous les gouverneurs de Casablanca, des transporteurs internationaux, des armateurs et des industriels de la confection-textile via leur association (Amith).
    Au wali les opérateurs vont demander la mise en place de couloirs de sécurité pour les camions TIR à l'export, principalement les axes routiers qu'ils empruntent de la zone industrielle jusqu'au port. A noter que certains d'entre eux, ulcérés par le peu d'action des autorités, avaient pris l'initiative de faire escorter leurs camions du dépôt de chargement de la marchandise jusqu'au port de Casablanca.
    Ils vont également suggérer de disposer d'une sorte de téléphone rouge avec les principaux postes de la ville pour alerter la police à la moindre attaque du camion sur la voie publique. Troisième mesure: les ouvriers de compagnies du TIR vont devoir porter des signes ou des tenues afin qu'ils soient clairement identifiables. Cela suffira-t-il à endiguer le flot de ces jeunes rêvant de l'«Eldorado» européen? Rien n'est moins sûr et ce, d'autant plus que les candidats à l'émigration clandestine profitent de quelques complicités en dehors et à l'extérieur du port. Car comment arrivent-ils à s'infiltrer aussi facilement au port de Casablanca dans un endroit où il faut l'inévitable laissez-passer à tout visiteur? Du coup, même en resserrant l'étau sur les voies publiques, où ces jeunes s'attaquent avec une rare audace aux camions TIR, ils parviennent toujours à trouver une voie de contournement.


    Les donneurs d'ordre prêts à zapper


    Les compagnies TIR et leurs clients, les sous-traitants textiles, ne peuvent que gérer le mécontentement de leurs partenaires étrangers. Mais jusqu'à quand? D'ores et déjà, des assureurs refusent d'indemniser des sinistres lorsqu'il est prouvé que, malgré les précautions prises, (des remorques plombées) une partie de la marchandise arrive endommagée à destination. Et les puissants donneurs d'ordre de la grande distribution européenne sont très sensibles à ce problème. Ils sont prêts à zapper vers une autre destination si leurs partenaires marocains ne peuvent leur assurer une livraison conforme à la commande. Le commerce extérieur a tout à perdre de ce phénomène qui pourrait anéantir les avancées réalisées par la Douane et saluées par tout le monde économique, y compris à l'étranger.

    Abashi SHAMAMBA



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