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    Cimenteries: Première production de clinker à Safi

    Par L'Economiste | Edition N°:75 Le 15/04/1993 | Partager

    Créée par les Ciments Français, la BNDE et la SNI, l'usine de safi était venue perturber le partage du marché. Des extensions de toutes les cimenteries avaient suivi, pour profiter des opportunités, au point d'aboutir à des surcapacités. La cimenterie de Safi; produit son premier kilo de clinker, alors que sa société projet disparaît dans une fusion avec celle d'Agadir.

    Ce n'était qu'un caillou, mais il a dû provoquer une brin d'émotion chez les ingénieurs de la cimenterie de Safi le 12 mars dernier.

    Un kilo de clinker sortait ce jour du four, premier résultat de 3 ans de travail et de 850 millions d'investissement pour les seuls équipements techniques.

    Il sera produit 450.000Tdeclinker/an, (soit 1.600T/jour) et 60.000T de ciment/an (compte tenu des ajouts).

    Le clinker est au coeur de l'activité cimentière, du process industriel. Il mobilise les 2/3 de l'énergie, du personnel et absorbe l'essentiel de l'amortissement. Il est la transformation chimique de la matière (calcaire et argile). Mélangé à la pouzzolane et au gypse, il permet d'obtenir le ciment. C'est le clinker qui fait la qualité de prise, essentiel pour le ciment.

    Multiplier les essais

    Pressés par le temps, et par le marché, les promoteurs du projet (Ciments Français, SNI et BNDE) l'avaient démarré en deux temps. Schématiquement, ils avaient divisé le projet en deux phases:
    - une première phase "avant clinker" opérationnelle depuis mars,
    - une deuxième phase, "après clinker", en aval du process, en fonctionnement depuis avril 92. Le clinker importé depuis la Tunisie ou Agadir, alimentait le broyeur.

    C'est le broyage et l'ensachage, soit 25% du processus, utilités comprise, qui tournaient déjà. Au total, la "moitié d'usine" a déjà importé 130.000T et livré 180.000T.

    L'usine a ainsi démarré "à reculons". La CIOR avait d'ailleurs, de la même façon, installé à Fès, une unité d'ensachage qu'elle alimentait d'Oujda, puis des installations, en amont de la fabrication du clinker plus tard.

    "L'usine aurait pu démarrer plus tôt, dès janvier, mais il fallait multiplier les essais", expliquent les responsables des Ciments du Maroc.

    La modernité et les automatismes ont un revers, la fragilité des processus, surtout quand ils sont en continu: une phase du processus perturbe l'ensemble. Il fallait éviter tout faux-pas, au démarrage de l'usine la plus moderne d'un groupe international, Ciments Français et Italcementi, qui en compte 45 à travers le monde.

    Dans un processus réputé continu, il faut réduire le moindre à-coup, qui naît de l'aléa humain et donc pousser l'automatisme à l'extrême.

    C'est le système de conduite automatique "Industar", connu chez les installateurs d'industries lourdes qui a été choisi pour la conduite et la régulation automatique. Système modulaire, il a été mis au point après des brainstorming des meilleurs spécialistes: tous les cas de figure d'incident leur ont été posés. Leurs réponses ont été recensées par des corrélations logiques, des courbes, des graphiques... Le système "expert" continue par la suite à s'enrichir avec l'expérience.

    Quant au contrôle, il est aussi automatisé: un système du groupe, CAPMA informe et ajuste, en temps réel, la qualité du cru, du clinker et du ciment, la composition: le nombre des grains par cm3 ou leur taille sont analysé, dans une industrie qui n'est pourtant pas qualifiée de fine, mais de lourde. Le paramètre essentiel est le ratio de saturation chaux qui détermine le temps de prise du ciment.

    Avec le four, démarrent ce mois de mars les ateliers et installations annexes: atelier charbon, la préhomogénéisation, le broyage cru....

    Il reste à finir 1 silo de ciment (2le sont déjà), les ascenseurs de circulation, le bloc social, les salles de contrôle.

    Le fameux silo-dôme, monté à la manière d'une tente, a pris du retard et devrait être installé en mai.

    Société projet

    Le paradoxe du projet est que la société a disparu avec la naissance de l'usine. Cimasfi existait en tant qu'entité juridique. Le projet terminé, elle a été absorbée par son aînée, la cimenterie d'Agadir. Dans la foulée, la présence des Ciments Français au Maroc se trouvait une identité institutionnelle par l'appellation "Ciments du Maroc" et une marque "Cimar".

    Cimasfi aura finalement été une société projet. Le staff d'Agadir a été sorti des certitudes de la production pour goûter aux angoisses de la gestion de projet, et au plaisir de sa conception, de sa naissance. Les "directeurs de projets" redeviendront "directeurs d'usine".

    La cimenterie de Safi était partie se désenclaver, de remonter du Sud, d'Agadir, vers le centre, le quadrilatère urbanisé: Tanger - Fès - Marrakech - Casablanca. Le projet avait été lancé en novembre 1989, il n'y avait ni site, ni gisement.

    En janvier 90, le tour de table est constitué avec la BNDE et le SNI, déjà partenaires à Agadir: les recherches géologiques commencent. Le premier coup de "pioche" (en fait de bulldozer) est donné en janvier 1991, inspirant de multiples extensions, dans les différentes cimenteries à Fès, Meknès, Casablanca, Témara... et le retour de Lafarge Coppée, éternel rival des Ciments Français dans l'Hexagone. La capacité de production du secteur, en 91, de 5,5 millions de tonnes passera, en 94 à 8,5 MT. Quand les programmes seront achevés, pour probablement aboutir à une surproduction. Surtout que le marché ne poursuit pas, en ce début 93, sa croissance à deux chiffres de l'an passé.

    Les cimenteries du pays restent en attente de quelques grands projet, chacune en fonction de sa zone. Celle de Casablanca attendant l'extension de quais à Casablanca et les grand programmes immobiliers de l'ONA, dont la tour Meffre. Toutes attendent les travaux de l'autoroute, les ouvrages annexes, les équipements en irrigation...

    D'une manière générale, l'activité cimentière reste tributaire d'une relance du Bâtiment et TP, érigés dans les pays qui veillent de près sur leur conjoncture, comme un indice économique, révélateur d'une récession, ou d'une reprise.

    K.B.

    La fabrication du ciment

    Le ciment est obtenu par broyage d'un mélange de clinker, de pouzzolane et de gypse, dans des proportions fonction de la qualité à fabriquer. Le clinker est donc la matière de base fabriquée par le cimentier.

    A la base, c'est lui-même un mélange de calcaire et d'argile qu'il faut d'abord concasser, pour obtenir un "bas titre" . Celui-ci mélangé au haut-titre (calvaire seul) au fer, et au sable donne du cru. Le tout broyé constitue "la farine". Celle-ci va subir une décarbonatisation dans une tour E.V.S. (Echange Voie Sèche), puis dans le fameux four. Le clinker obtenu est alors refroidi avant mélange en gypse et pouzzolane.

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