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CIH: Manoeuvres pour le plan de redressement

Par L'Economiste | Edition N°:741 Le 06/04/2000 | Partager

. Les autorités monétaires veulent faire payer les actionnaires: "Ils ont encaissé des dividendes fictifs"
. M. Oualalou en appelle au "système bancaire"
. Les retraités actuels et futurs sont dans le jeu via la CDG et, dans une moindre mesure, la CIMR


Une chose est sûre pour le plan de redressement du CIH: Bank Al-Maghrib, en tant qu'autorité de tutelle du secteur bancaire, ne lâchera pas les actionnaires, y compris elle-même, avant qu'ils n'aient contribué à la recapitalisation de la banque. Les autres points sont encore en discussion. Dans sa déclaration devant le CNME, M. Oualalou, ministre des Finances, avait appelé le système bancaire "à contribuer au redressement de la banque". La déclaration ouvre deux interprétations pour les banquiers: soit il ne s'agit que des banques qui sont actionnaires du CIH (Bank Al-Maghrib pour 13,19%, BMCE-Bank pour 4,11%, Banque Populaire, 3%), soit il s'agit de l'ensemble du système bancaire, au nom de la solidarité de place fortement réaffirmée dans le texte qui régit les banques depuis 1984. La question est en suspens. Pour leur part, les autorités monétaires expliquent, et de manière très ferme, que tous les actionnaires devront mettre la main à la poche.
Il y a un précédent récent. Dans l'affaire de la SMDC, qui avait défrayé la chronique entre 1983 et 1985, la banque centrale s'était montrée intraitable sur ce point, y compris contre les pressions politiques dont avaient joui les actionnaires étrangers, Worms et Paribas. La banque centrale avait même joué des montants compromis pour accroître ses atouts dans les négociations et avant de pousser les deux grandes banques publiques de l'époque, la BCP et la BMCE, à participer à la recapitalisation. En revanche, les montants en jeu n'avaient rien de commun: 500 millions de DH pour la SMDC contre 2 milliards de DH.
Les autorités monétaires ont un argument de poids et qui plus est porte auprès de l'opinion publique: Les actionnaires ont touché des dividendes fictifs durant les années 80, ils doivent maintenant payer en retour.
Cependant, le cas de la SMDC était différent dans la mesure où le CIH est coté en bourse, ce que n'était pas la petite banque du groupe Ben Salah. Ainsi, le raisonnement de l'encaisseur-payeur ne peut-il pas s'appliquer au flottant du CIH, qui est de l'ordre de 10%.
Les porteurs de ces titres vont quand même payer, mais d'une autre manière: le cours de l'action va sans doute continuer sa baisse (voir notre cahier central). Le mieux qu'ils pourront faire pour se consoler, c'est de tirer les oreilles aux analystes financiers qui auraient recommandé l'achat du titre. C'est maigre, à moins qu'ils n'aient la grande patience d'attendre le redressement, en pariant que les pouvoirs publics n'abandonneront pas la banque.
Autre problème de la recapitalisation: la CNIA (5,1%) et la BMCE étaient publiques au moment de leur engagement. Elles ne le sont plus aujourd'hui. Axa est pour sa part attrapée pour 13%, au même niveau que Bank Al-Maghrib, qui porte dans cette affaire la double casquette de l'actionnaire et de l'autorité de tutelle.
La CDG (36%), actionnaire principal et qui a marqué son approbation pour le redressement, présente un cas compliqué: elle est très engagée dans le capital. Or, cet engagement est fait avec les dépôts du Trésor et des retraités du secteur public ainsi que ceux de la CNSS.
La remarque vaut aussi pour la CIMR (6%). Penser que les retraités, actuels et futurs, du public comme du privé vont être logés à la même enseigne face à la catastrophe financière, n'est pas vraiment une consolation...

Nadia SALAH



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