×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Courrier des Lecteurs

    Chronique des changes : Semaines du 15 au 19 juin 1992 : Appréciation de la Livre Sterling et de la Pésète par rapport au Dirham

    Par L'Economiste | Edition N°:35 Le 25/06/1992 | Partager

    L'Europe-Unie, à nouveau dans "I'EIRE" du temps: en effet, grâce au vote franc et massif (68.7% de "Oui" contre 31.3% de "Non") exprimé le 18 Juin par l'Irlande (Eire) lors du référendum de Ratification des Accords de Maastricht, l'euphorie européiste a repris le dessus sur l'"Euroscepticisme " consécutif au "Non" Danois, majoritaire dans la consultation populaire du début de Juin, qui s'est tenue sur le même thème.

    Néanmoins. la configuration des changes du Dirham au cours de la semaine sous-revue n'a pour autant pas connu un retour à la situation ex ante (c'est-à-dire d'avant "le vote Danois"). Sur la dizaine de devises composant notre échantillon d'observation, seule deux ont renversé le sens de leur variation par rapport à la période immédiatement précédente (du 1er au 12 Juin, voir l'Economiste du 18 Juin) sinon, le reste des monnaies a confirmé la tendance (pour la plu part à la hausse, sauf Dollar, Yen et Escudo) notée depuis le début de ce mois:

    (i) La Livre Sterling a plus que proportionnellement corrigé les 18 centimes de % à la baisse qu'elle avait accusés à la suite des événements Danois, et ce, en capitalisant 44 centimes en Dirhams: le soulagement "irlandais" est bel et bien à l'origine de ce retour en grâce du Pound lequel voit son indice de Taux de change effectif (calculé par la Banque d'Angleterre) gagner +0.20%, (et 1.6% depuis le début de 1992, ce qui explique l'appréciation cumulée de +3.62% par rapport au Dirham).

    Net soulagement également en Espagne: la Pésète a engrangé +0,33% en Dirhams dans le sillage de sa remontée face aux principales devises: +0,3% pour l'indice TCE, +0,16% par rapport à l'Ecu et la plus forte hausse par rapport au Dollar (+0.54%). Les autorités espagnoles ont opportunément profité de l'événement du 18 Juin pour réaffirmer leur engagement de mettre inexorablement en oeuvre le Plan de Convergence économique lequel prévoit, inter alia, la poursuite d'une politique de change ferme dans le cadre du SME.

    (ii) Pas de répit en revanche pour les monnaies des deux premières superpuissances économiques: le Dollar et le Yen cèdent respectivement -0.91% et -0.49% au Dirham, après les baisses de

    -1.23% et -0.23% de la période précédente si bien que leurs cotations ne se situent plus qu'à 4.3% et +2.38% au dessus de celles du 31 Décembre dernier. De même, pour la première fois depuis son entrée début Avril dans le mécanisme de change européen, I'Escudo Portugais (à DH 6.5094) voit sa valeur en Dirhams céder quelques centimes de pourcentage: neuf exactement qui ne réduisent que marginalement la formidable hausse de +6.98% notée depuis le 1er Janvier:

    USA: Déficit record

    - le Dollar, avait, au lendemain du vote irlandais, tenté une échappée mais celle-ci fut stoppée par l'annonce du chiffre du déficit commercial des Etats-Unis pour le mois d'Avril: 6.97 milliards contre 5.58 en Mars, niveau le plus élevé depuis 17 mois! Une lecture fine de ces statistiques ne permet pas de déceler un quelconque élément probant de reprise économique outre-atlantique: certes, les importations sont en hausse, mais ce sont les coûts d'énergie qui ont gonflé le chiffre; quant aux exportations, elles ont reculé, en dépit des niveaux compétitifs du Dollar, l'essentiel de cette contre-performance s'expliquant par une mévente d'avions civils.

    - bien que 60% du déficit commercial américain soit imputable au Japon, les cours bilatéraux du Yen vs Dollar n'en ont guère bénéficié: bien au contraire, la devise nippone fut la seule à refluer face au Billet Vert (-0.24% au cours de cette semaine) alors que le Dollar connaissait lui même une quasi-débandade: il a en effet baissé de -0.26% vis-à-vis de l'Ecu à -0.54% face à la Pésète, avec -0.4% environ par rapport au Franc Français et au Mark allemand. Oublié donc le "Talk Up" sur le Yen de la part" des Autorités Monétaires, inefficaces, leurs incursions sur les marchés des changes: ces derniers n'ont choisi de retenir de l'actualité nippone uniquement ce qui conforte "leur pessimisme". notamment par rapport aux perspectives de croissance économique. A preuve l'indicateur de confiance par excellence que représentent les cours de la Bourse de Tokyo qui viennent d'enregistrer cette semaine leurs niveaux les plus bas depuis 1986.

    (iii) Les monnaies des deux côtés du Rhin (Mark et Franc) ainsi que la Lire ont enregistré, au cours de la semaine considérée, des hausses en Dirhams d'ampleur comparable, respectivement -0,17% -0.20% et -0.18%; leurs indices de TCE ont d'ailleurs uniformément varié +0.10%:

    - il est indubitable que le "Oui" irlandais a quelque peu entamé la fermeté de la monnaie allemande, sans toutefois l'enrayer: le repli du Dollar vs Mark a masqué un effet baissier sur cette devise qui aurait été autrement assez prononcé.

    Ceci augure mal, à notre goût, du comportement des "haussiers sur le Mark" lorsque se multiplieront à travers l'Europe par la voie -beaucoup moins aléatoire- du Parlement (sauf en France), les "Oui à Maastricht". Déjà son cours face au Franc a laissé 9 centimes ce qui soutient la tendance à la hausse en Marks de la devise française depuis Janvier dernier (+1.50%); II ne faut cependant escompter pour autant une débandade "germanique" au cours de la dizaine de semaines qui nous séparent du référendum - hautement décisif - qui est prévu en France. Tout au plus, enregistrerait-on le retracement des appréciations du Mark vers les niveaux d'avant le Premier Juin. Car, d'une part il y a peu de chances d'ici l'automne prochain que le différentiel sur les taux courts germano-américains se réduise (vigilance de la Buba, oblige). D'autre part, Maastricht ne sera définitivement sauvé que lorsque l'un des deux acteurs majeurs de l'Union Européenne, c'est-à-dire la France, y aura définitivement sous crit.

    Raffermissement des taux directeurs italiens

    - enfin, si la Lire n'a pas succombé aux rumeurs persistantes de dévaluation au sein du SME (auxquelles nous n'accordons guère de crédit pour le moment). c'est en raison de la présence de la Banque d'Italie aussi bien sur les marchés des changes que sur le marché monétaire: l'Institut d'Emission Italien a en effet procédé à un raffermissement de ses taux directeurs comme mesure de soutien à sa monnaie: la semaine précédente déjà, le taux des avances à court terme consenties aux banques fut majoré; cette semaine, ce fut le tour des taux de prêts à moyen terme, qui sont passés en l'espace de 15 jours, de 13.34% à 14.81%.

    La nomination de M. Amato pour former un nouveau Gouvernement issu de la majorité quadripartite (affaiblie), et proche du Premier Secrétaire Socialiste Bettino Craxi n'a nullement impressionné puisque la Lire est en queue du SME. En fait, les marchés jugeront ce nouveau premier Ministre à l'une de ses actes: il promet un Gouvernement avant dix jours (valeur 19 Juin) et un Cabinet réduit de 31 à 25 Ministres: la mise en oeuvre d'une des mesures fondamentales de "convergence" avec les économies des autres partenaires européens, à savoir la réduction de la dette publique, a sans doute ainsi commencé.

    Brahim

    BENJELLOUN-TOUIMI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc