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    Chronique des changes: Semaine du 20 au 24 Juillet 1992 : Le Dirham tempère les baisses

    Par L'Economiste | Edition N°:40 Le 30/07/1992 | Partager

    Le Dirham a, cette semaine, tempéré quelque peu les baisses qu'il avait enregistrées précédemment, contre presque l'ensemble des devises internationales composant notre échantillon d'observation:
    - appréciation de notre monnaie vis-à-vis de 5 composantes majeures de l'Ecu, s'échelonnant de +0,16% contre la Lire italienne à +0,62% contre la Sterling, en sus de la monnaie nippone (en repli sensible, cette semaine également, de -1,08% après -1,16% du 13 au 17 Juillet);

    Le Dollar repêché

    - dépréciation du Dirham par rapport à un Dollar "repêché" par 13 Banques Centrales en début de semaine (-0,95%) et par rapport à la Pésète (-0,29%) défendue, elle, par le relèvement des taux d'intérêt de sa Banque Centrale.
    Le facteur de répit, ce fut, après une "descente aux enfers" qui l'a fait tutoyer les niveaux historiquement bas, touchés lors de la Guerre du Golfe en Février dernier (DM 1.443), la remontée de la monnaie dont le sort pèse sur les cours du Dirham, ne serait-ce qu'à travers la pondération -gardée jalousement secrète, mais à ne point douter substantielle- qui lui est attribuée dans le panier de référence et de détermination de la valeur externe du Dirham: le Dollar. Indice TCE gagnant +0,30%, des appréciations s'échelonnant de +1,90% en Pésètes à +2,74% en Marks, en passant par +2,65% en Ecus. L'artillerie lourde de 13 Banques Centrales (dont la Féd) était passée par là, Lundi 20 Juillet.

    Le sens des gendarmes monétaires

    Par la suite, les marchés n'ont retenu de l'actualité économique que ce qui allait dans le sens donné par les gendarmes monétaires: (i) des chiffres de commandes de biens durables de Juin en (modeste) hausse sur le mois précédent, (ii) les déclarations de Greenspan (Gouverneur de la Féd) considérant que la reprise économique était en cours, l'inflation maîtrisée, et qu'une baisse supplémentaire de la monnaie américaine serait "sans bénéfice net pour l'économie" (iii) enfin, le regain de tension dans le Golfe Arabo-persique, un genre de conflits bénéficiant traditionnellement au Dollar.
    La Pésète espagnole ne doit de figurer, avec le Dollar parmi les devises qui se sont appréciées en Dirham, qu'au resserrement de la politique monétaire espagnole (+0,60% pour le taux directeur) opéré par le tout nouveau Gouverneur de la Banque d'Espagne, et ce dans le cadre d'une politique d'austérité budgétaire prévoyant en outre une hausse substantielle de la TVA, des taux d'imposition des revenus Résultats "des courses": indice TCE de la Pésète en progression de +0,30%, moindre dépréciation de la devise ibérique face au Dollar, forte progression vis-à-vis de la moyenne pondérée des monnaies du SME, l'Ecu (+0,77%).

    Yen: les marchés peu convaincus

    Un pourcent supplémentaire de dépréciation, ce fut l'évolution du Yen exprimé en Dirham au cours de la semaine considérée, dans la logique d'un repli généralisé (-1,50% pour l'indice TCE, -2,33% cédés au Dollar et -0,23% à l'Ecu) que cette devise a enregistré sur les marchés internationaux de change.
    Une morosité "psycho-économique" règne en maître au pays du Soleil Levant: les pertes enregistrées sur le marché boursier ont considérablement affaibli le patrimoine des ménages et les bilans des entreprises nippones. Ceux-ci avaient, des dizaines de mois durant, massivement investi sur ce marché, contribuant ainsi au gonflement de la "bulle financière", si bien que les cours sur le Kabuto Cho (bourse de Tokyo), ne reflétaient plus les données fondamentales ni des entreprises qui y étaient cotées, ni de l'économie en général Le retour de "bâton" devenait alors inéluctable. Les fortes "corrections" des cours sur ce marché se sont multipliées à la faveur de la publication d'indicateurs de ralentissement conjoncturel au Japon et/ou ailleurs dans le monde industrialisé; à la faveur aussi de découvertes de divers scandales politico-boursiers.
    A l'heure actuelle, ni le Plan de relance économique, présenté en Mars dernier par le Gouvernement, ni la perspective d'un assouplissement du taux d'escompte par les Autorités (toujours à l'ordre du jour) ne convainquent les marchés comme solution à la crise: une rallonge budgétaire de 6 à 8.000 milliards de Yens accompagnée d'un Plan d'aide (et de sauvetage pour certaines firmes) octroyée au secteur financier sont sérieusement envisagées, mais pour casser le pessimisme ambiant dont pâtit le Yen, il faudrait passer rapidement aux actes et des signes de redémarrage économique devront être tangibles, ce qui n'est pas le cas.

    Livre: la variation la plus forte

    La Livre Sterling a enregistré contre Dirhams la variation la plus forte d'entre les principales monnaies européennes (-0,62%), ampleur comparable au repli de son indice de TCE (-0,60%).
    Alors que les devises (qui lui "tenaient régulièrement compagnie" au plancher de la grille de change communautaire "à savoir la Lire, et la Couronne Danoise) se voyaient défendre par leurs autorités monétaires respectives grâce à des "tours de vis" (hausse des taux directeurs comme en Italie, ou interventions d'assèchement des liquidités à l'Open market) les britanniques, eux, se sont "défendus" de faire quoi que ce soit de ce genre, donc ni relever leur taux, ni dévaluer ni quitter le SME. Par ailleurs, la dégradation des comptes commerciaux britanniques, et la publication d'indicateurs toujours aussi peu favorables à la thèse "d'une sortie de crise "ont également pesé sur la Sterling.
    Cette devise doit de ne pas être plus malmenée sur les marchés des changes au frémissement qu'a connu le Dollar, qui l'a donc tirée vers le haut": +0,11% fut le pourcentage de hausse que s'est adjugé la Livre par rapport au Mark allemand, lequel a, comme à son habitude, joué le rôle de souffre-douleur des mouvements favorables sur le Billet Vert.
    Le "jeu de bascule" a donc fonctionné: Dollar en hausse, Mark en baisse, Indice TCE en repli de -0,70%, enregistrement de la plus forte baisse d'une devise majeure vis-à-vis de la monnaie américaine (-2,74%), une variation tout aussi négative par rapport au Franc (-0,24%) malgré le chiffre, pour la première fois déficitaire en 6 mois, du solde commercial français.
    Les marchés n'auraient pas volontiers vendu du Mark, s'ils n'avaient eu deux arguments qui leur ont permis de tempérer la thèse d'un relèvement imminent du taux Lombard allemand (le 17 Août, date de la prochaine réunion du Conseil de la Bundesbank): (i) primo, quoiqu'encore élevé et éloigné du haut de la fourchette officielle d'objectifs, le chiffre de progression de la Masse Monétaire M-3, connu au cours de la semaine sous revue (8,7% en Juin) s'est avéré inférieur à celui du mois précédent (8,8%) (ii) secundo, les statistiques partielles d'inflation, publiées par les plus grands Landers allemands, augurent d'un ralentissement du rythme de croissance des prix dans l'Allemagne unie pour le mois de Juin. Nous serons fixés à ce propos au courant de la présente semaine (du 27 au 31 Juillet).

    Brahim BENJELLOUN-TOUIMI

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