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Courrier des Lecteurs

Chronique des changes: Semaine du 20 au 24 Janvier 1992 : Le dirham entre l'affaiblissement du dollar et le raffermissement du yen

Par L'Economiste | Edition N°:14 Le 30/01/1992 | Partager


ENTRE le 20 et le 24 Janvier, le Dirham s'est inscrit en baisse contre le Yen japonais et contre toutes les monnaies européennes, et ce, dans une proportion qui s'est échelonnée entre -0,14% (la plus faible, contre le Franc Français) à -2,33% contre Yen, en passant par -0,22% contre l'Ecu. En revanche, le Dollar américain et le Dinar tunisien furent les deux seules monnaies de notre échantillon à être cotées en baisse, la valorisation du Dirham étant respectivement de +0,83% et +0,06%. Depuis plusieurs mois, n'avait-on vu le Dollar Américain et le Yen Japonais évoluer ainsi de manière symétrique (mais non proportionnelle) vis-à-vis de la monnaie nationale. Habituellement en effet, leur variation est concomitante parce qu'elle est déjà de même signe par rapport aux devises européennes: entre 1990 et 1991, par exemple, les monnaies des deux premières puissances économiques mondiales s'étaient appréciées respectivement de +2,46% et +10,09% contre l'Ecu, et en même temps de +1,33 et +10,33% contre Dirham.

Décrochage entre le yen et le dollar


Or, au cours de la semaine sous revue, on a assisté à un véritable «décrochage» entre ces deux devises, le Dollar en Dirhams étant coté par Bank-Al-Maghrib en baisse de -0,83% (hausse de la monnaie nationale) tandis que le Yen-Dirham, lui, s'appréciait de +2,33% (baisse de notre devise).
En fait, c'est à la lumière de la parité Dollar-Yen que l'analyse de l'évolution des marchés des changes et subsé-quemment, le commentaire du tableau des variations du Dirham doivent être tentés:
(i) Les «politiques» -Américains en tête- aussi bien que les cambistes souhaitaient depuis plusieurs semaines déjà, une appréciation du Yen, qu'ils jugeaient sous-évalué selon les critères de la théorie de la Parité des Pouvoirs d'Achat, et compte tenu des formidables excédents accumulés par l'économie du pays du Soleil-Levant: 78,2 milliards de dollars en 1991, soit 50% de plus que l'année précédente!
La hausse s'est précisément confirmée cette semaine, avant même la réunion du G-7 dont on attendait qu'elle fasse figurer la revalorisation du Yen parmi ses recommandations; ce qu'elle n'a d'ailleurs pas réussi à faire Samedi 25 Janvier, chacun des sept préférant, en matière de politique économique et au cours de cette période électorale pour plusieurs d'entre eux, «faire cavalier seul».
+4% fut l'ampleur de la hausse hebdomadaire de l'indice du taux de change effectif du Yen (calculé par la Banque d'Angleterre); +3,39% d'appréciation contre le Dollar, et +1,97 contre l'Ecu (et +2,33% contre Dirham).

(ii) En raison des interventions des banques centrales sur les marchés des changes (notamment la Fed et son homologue japonaise) considérant la reprise de la devise américaine assez intempestive et, bien entendu, du fait du raffermissement du Yen, le Dollar a dû céder la plus grande partie du terrain conquis la semaine précédente:
- son indice de taux de change effectif est -0,6% plus bas que le vendredi 17 Janvier.
- et les pourcentages de baisse vis-à-vis des principales monnaies européennes sont assez conséquents: plus de 1% (-1,18% contre le Franc Français, -1,39% par rapport à l'Ecu et, au maximum -1,59% contre la Livre britannique. Malgré ces déconvenues, la monnaie américaine n'en reste pas moins à des niveaux de cours (de 3,75% contre la devise britannique à +4,6% contre le Mark allemand) supérieurs à ceux prévalant à la fin Décembre 1991.

Le dirham entérine les évolutions


Le Dirham, en tant que valeur moyenne des variations des devises précitées (selon une pondération ou l'Ecu et le Dollar ont la part belle) a, de par ses cotations, entériné les évolutions ci-dessus évoquées, en se plaçant à mi-chemin entre l'affaiblissement du billet vert d'une part, et le raffermissement -prononcé- du Yen puis plus gradué des différentes devises européennes, d'autre part.
Quant au Dinar Tunisien, dont le régime des changes est, selon la classification du F.M.I, similaire à celui du Maroc (régime de «Flottement Géré»), la pondération attribuée au Dollar dans son panier de référence, est sans doute plus élevée que dans le cas du Maroc, ne serait-ce qu'en raison du poids -certes en régression- de ses exportations de pétrole facturées en Dollars. Cela explique probablement pourquoi, dans sa cotation en Dirhams, la monnaie tunisienne a quelque peu (-0,06%) suivi le repli du billet vert, tout en ne s'éloignant pas, sensiblement de la monnaie de son principal partenaire commercial, et celle qui constitue la composante majeure de son panier: le Franc Français.

La livre toujours en queue du SME


(iii) La devise française et le Mark allemand (baisse de -1,1% et -1,6% de leur indice de taux de change effectif respectif, de -0,50% et -0,69% par rapport à l'Ecu en moins d'un mois) sont en fait les véritables victimes de la reprise du billet vert et celle du Yen observées depuis le début de cette année.
Cela explique que le Dirham se soit apprécié par rapport à elles de +0,63 et +0,68% au cours de cette période:
- le Mark faiblit pour toutes les raisons que nous avons développées dans les deux chroniques précédentes tandis que le Franc Français évolue dans son sillage, les autorités monétaires de ce pays ne disposent pas réellement de marge de manoeuvre pour se «déconnecter» (faible croissance chômage important, et impopularité des Socialistes dans les sondages...)
- compte tenu du poids de ces deux devises dans la monnaie composite européenne, on ne doit s'étonner que l'Ecu se soit également déprécié -dans une moindre proportion, certes: -0,23%- par rapport à notre monnaie.

- il y a un mois encore, les sondages au Royaume-Uni indiquaient le Parti travailliste britannique vainqueurs aux prochaines élections de Juillet. Cet élément médiatico-politique s'ajoutait aux perspectives économiques moroses, à la réalité d'une stabilité «contrainte» de la politique des taux d'intérêt directeurs, pour déprimer la Livre Sterling. Celle-ci demeure certes encore en queue du système monétaire européen, mais la pression baissière sur le Mark, le renversement d'anticipations sur le sort des urnes (les Conservateurs auraient une avance de 3 points sur leurs poursuivants, disent désormais les sondages) donnent à la Livre britannique un semblant de répit: ainsi a-t-elle moins baissé, depuis le début de l'année, par rapport au Dollar (-3,71%) et s'est même adjugée près de +2% de hausse vis-à-vis de l'Ecu, et +0,36% contre Dirham.
- les monnaies latines -Lire italienne et Pésète espagnole appartiennent aux pays européens dont les déséquilibres budgétaires et extérieurs sont les plus problématiques; l'évolution de leurs devises sur les marchés des changes ne sanctionne guère leurs performances économiques; c'est le niveau -élevé- de leur taux d'intérêt qui supporte le poids des ajustements: dans ce contexte, la Pésète n'en finit pas de caracoler en tête du SME, se valorisant même de +0,48% par rapport à l'Ecu tandis que la Lire, profite de l'accalmie au sein du mécanisme de change européen dû à l'affaiblissement du Mark. En moins d'un mois en effet, elle s'est appréciée de +0,84% vis-à-vis du Dirham.o


Brahim
BENJELLOUN
TOUIMI

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