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Chronique des changes: Semaine du 18 au 22 Janvier 1993 : La revanche des monnaies faibles

Par L'Economiste | Edition N°:64 Le 28/01/1993 | Partager

La revanche des faibles (en l'occurrence les monnaies du SME précédemment attaquées, Livre sterling exclue): Telle peut être résumée l'évolution des changes sur les marchés internationaux depuis le début du Nouvel An, avec toutes les implications que cela a sur les cotations du Dirham. Ainsi, les variations furent au cours de la semaine sous-revue (et depuis le début de 1993) les suivantes:

- +1,03% de hausse de la Lire italienne en Dirhams (+ 0,83%)
- +0,58% pour la Pésèta espagnole (-0,15%)
-+0,34% pour le Franc français (+0,89%)
- +0,23% pour l'Escudo portugais (+0,47%).

Cette revanche ne s'est pas opérée au détriment du "fauteur de troubles du SME" qu'était, lors de la crise des changes de Septembre dernier, le Deutschmark, puisque l'indice des taux de change effectifs de cette devise s'est inscrit à la hausse (+1%) au même titre que les indices TCE de ces différentes monnaies (+0,60% pour la Pésèta et +0,50 % pour la Lire...). Aussi la devise allemande s'est - elle appréciée en Dirhams de plus de +0,3%, bénéficiant de la “non - baisse” des taux directeurs allemands par la Banque Centrale allemande.

En fait ce sont les deux monnaies anglo-saxonnes (Dollar et Livre Sterling) qui accusent le coup: l'une, la Livre, en cédant contre Dirhams -1,86%, l'autre -0,56% dans la logique de leur repli "effectif" sur les marchés des changes internationaux. L'un, des indicateurs représentatifs de ce recul est l'indice TCE calculé par la Banque d'Angleterre qui baisse respectivement de -1,50 et -0,50%.

Quels sont les facteurs essentiels à l'origine de ces évolutions?

1) Près de 3 millions de chômeurs au Royaume-Uni, des statistiques décevantes en termes de progression (faible) de la masse monétaire, de consommation, un Dollar qui recule... Voilà autant de raisons qui ont poussé les opérateurs à vendre du Sterling. Comme le projet de Budget du prochain exercice fiscal est sur le point d'être finalisé (il sera présenté en Mars) et que la croissance économique demeure atone, les marchés des changes se sont en effet désaisis de la Livre dans l'espoir que les taux d'intervention de la Banque d'Angleterre seront ramenés à des niveaux plus compatibles avec les exigences de la promotion de la croissance économique.

2) Le retour du calme au sein du SME. Si celui-là est revenu, c'est parce que les spéculateurs ont perdu la seconde bataille du Franc grâce à l'alliance sans failles des deux piliers de l union européenne la France et l'Allemagne. Une dévaluation du Franc signerait la mort du SME ", a déclaré le très respecté Karl Otto Poehl, ancien président de la Bundesbank. A l'heure actuelle, non seulement les munitions en devises des banques centrales, - bien que très mises à mal - sont encore substantielles pour dissuader les plus hardis des spéculateurs de s'attaquer sans relâche à la monnaie de l'économie la plus vertueuse (ou à tout le moins la moins vicieuse, d'Europe, celle de la France), mais le niveau des taux courts dans ce pays demeure très élevé (jusqu'à 12%!). A cet égard, la preuve du regain de confiance dans l'Hexagone et un geste de "bonne volonté" de la Banque de France vis - à - vis des banques et de leurs clients pourraient être, dès cette semaine, la réouverture du guichet des pensions de 5 à 10 jours aux banques.

- Comme preuve de la confiance qu'accordent les autorités européennes à la politique économique menée à Rome (réduction drastique du déficit budgétaire, privatisations, suppression de l'échelle mobile des salaires voire réformes institutionnelles...) un prêt de 8 milliards d'Ecus (à verser en 4 tranches) fut accordé à l'Italie. Il augure d'un retour prochain de la Lire au sein du mécanisme de change du SME (et ce, à des niveaux plus élevés que les cours actuels). ce qui impressionne favorablement les marchés des changes.

- Même regain de confiance en Espagne et au Portugal où les Banques Centrales ont assoupli leur politique monétaire, administrant la preuve qu'elles ne craignaient plus vraiment pour leur monnaie. Couplés en Espagne, à une bonne nouvelle sur le front des prix (le taux définitif ressort à 5,2% pour l'année 1992),ces événements expliquent la bonne tenue au sein du SME de ces deux devises ibériques (Pésèta et Escudo).

3) Le cours de référence du Dollar (contre Mark allemand) a "cassé" un seuil jugé représentatif pour les nombreux opérateurs sur les marchés des changes qui utilisent les "charts", c'est-à-dire les graphiques des cours à partir desquels ils établissent leur stratégie d'interventions (le "support", dans le jargon technique, ici en cause est fixé à 1 USD = 1,60 Mark). Le repli du Dollar (qui à nos yeux ne modifie guère l'anticipation d'un trend haussier sur le premier semestre 1992 au plus tard) procède du sentiment (la psychologie sur les marchés des changes est reine) que l'équipe Bill Clinton va favoriser l'option de réduction du déficit budgétaire au détriment d'une stratégie agressive de la croissance susceptible d'élargir le trou béant (et géant) du Budget. On craint donc que la nouvelle administration ne fasse pression sur la Réserve Fédérale pour qu'elle baisse les taux et ainsi allège les frais financiers liés à l'endettement de l'Etat. Notre sentiment est que le comportement des opérateurs témoigne en fait d'un manque manifeste de visibilité à court terme, et "dans le doute, on vend ". Les choses commenceront à se préciser avec la multiplication des déclarations des nouveaux gouvernants (le Secrétaires au Trésor Bentsen, ou celui en charge du Budget). Les auditions du Patron de la Réserve Fédérale au cours de la présente semaine éclaireront par ailleurs sur la réalité de ces supposées "pressions" de la part du Gouvernement Clinton sur la Banque Centrale pour qu'elle abaisse a garde.

Brahim BENJELLOUN - TOUIMI

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