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    Courrier des Lecteurs

    Chronique des changes: Semaine du 16 au 20 Décembre 1991 : Corrections en fin d'année

    Par L'Economiste | Edition N°:9 Le 29/12/1991 | Partager

    AU cours de la semaine sous revue, les évolutions des cours de change du Dirham par rapport à l'ensemble des devises de notre échantillon d'observation ont prolongé les variations enregistrées durant ces deux derniers mois (Novembre-Décembre). Conjuguées, elles corrigent celles, inverses (sauf pour la livre britanique) que nous a réservées l'année 1991.
    En effet, du 16 au 20 Décembre, les monnaies européennes (Livre exceptée) se sont valorisées en Dirhams. Les appréciations s'échelonnent entre +0,54% pour le Deutschemark (+1,33 au cours des 7 dernières semaines), +0,48% (+1,33%) pour le Franc Français à +0,21% (+0,69) pour l'Ecu. Pendant ce temps, le Dollar américain, le Yen japonais et la devise de Sa Majesté britannique furent cotées par Bank-Al-Maghrib en baisse: respectivement -1,43% (-3,80% en sept semaines), -1,32% (-3,31%) et -0,60% (-0,32%).

    Torpeur rompue des fêtes


    En revanche, à une dizaine de jours de l'An nouveau et donc au terme de 12 mois environ, la monnaie nationale se retrouve renchérie de +0,36% (vis-à-vis de la pesete), +0,39% (en marks) et près de +1% (en francs) et jusqu'à +2,80% en Dinars Tunisiens. La plus forte appréciation en un an vis-à-vis d'une monnaie européenne a concerné l'Ecu (+1,45%), suivi de la Livre Sterling (+1,36%). Malgré toutes les vicissitudes qu'a connues le Billet vert (et le Rial dans son sillage) au cours de ces dernières semaines (il fût côté contre Dirham en baisse 5 semaines sur les 7 observées pour la rédaction de cette chronique), ses niveaux demeurent encore supérieurs à ceux qui prévalaient à la fin 1990 (+3,31%). C'est également le cas, mais dans une proportion deux fois et demi supérieure, pour la devise du pays du Soleil-Levant (Yen: +9,12%).
    En observant les variations des parités croisées entre les principales devises sur les 3 périodes considérées précédemment (la semaine du 16 au 20 Décembre 1991, les 7 dernières semaines et depuis le début de l'année) on retrouve la même tendance que celle évoquée plus haut, c'est-à-dire, schématiquement une évolution révélée au cours des deux derniers mois pour l'essentiel, laquelle aboutit non pas à annuler mais à tempérer sensiblement la tendance de fond (observée depuis la fin de 1990) caractérisant l'année 1991. A la faveur de la «trêve des confiseurs» -Noël et les fêtes du Nouvel An- et de la torpeur qui ne manque pas de saisir les marchés, il y aurait peu de chances en effet que des mouvements de grande ampleur et, de surcroît, significatifs puissent remettre cette configuration de change en cause, du moins jusqu'au début Janvier 1992.

    Le Dollar descend des sommets de l'après-Golfe


    Pendant la semaine considérée, comme au terme des six semaines qui l'ont précédées, le Dollar a baissé face à toutes les monnaies européennes de notre échantillon. Sa dépréciation s'est échelonnée de près de un pour cent contre le Yen (-2,50% en sept semaines) jusqu'à 3% contre Deutschemark (-8%); en passant par -2,92% contre franc (-7,55%) et -2,45% contre l'Ecu (-6,89%). Pourtant demeure-t-il (mais pour combien de temps encore?) à des niveaux de cours supérieurs à ceux côtés la veille de la Saint-Sylvestre 1990: de +2,5% environ vis-à-vis de la pesete et du Mark allemand, juqu'à +3,86% contre la Livre, soit quelques dizaines de centimes de pourcentage de plus que par rapport à l'Ecu ou au Franc français (+3,56%, +3,12%). Après l'euphorie de la victoire de la «tempête du désert «qui propulsa le Billet Vert à des niveaux inédits depuis plusieurs années, succéda le désenchantement: d'une part une reprise économique absente au rendez-vous (qu'explique le président Bush par le degré élevé d'endettement des ménages et des entreprises américains); d'autre part, et en conséquence, une devise américaine à redements inférieurs de plusieurs points de pourcentage (depuis Vendredi 20 Décembre 1991: 5,25%, du jamais vu depuis plus de quarante ans!) par rapport à leurs équivalents allemands. L'élargissement de ce différentiel de taux s'est aggravé cette semaine après que les banques centrales allemande et américaine- aux grand dam de leurs autres consoeurs du G-7, et ne suivant en cela que leurs préoccupations internes - aient modifié d'une manière spectaculaire par son ampleur, leurs taux directeurs: l'une à la hausse (+0,5% pour le taux d'escompte et le Lombard des avances spéciales, comme nous le prévoyons d'ailleurs dans la chronique du 12 Décembre); l'autre à la baisse (-1% pour le taux d'escompte américain fixé désormais à 3,5%, niveau inédit depuis 1964, les fonds fédéraux étant, eux, ramenés par des opérations d'Open Market à 4%).

    L'exacerbation des tensions au sein du SME a fait renaître les anticipations de réalignement prochain des parités au sein du SME qui ne sont, pour l'instant, pas les nôtres. Sans évoquer les «séides» du Deutschmark que sont le Franc belge, le Florin hollandais ou le Schilling autrichien dont les taux ont dû être relevés dans le sillage de la Buba par leurs autorités monétaires respectives, toutes les autres monnaies européennes, mais dans une moindre mesure la pesete, furent malmenées par l'ascension du Mark (l'indice du taux de change effectif de ce dernier, calculé par la Banque d'Angleterre s'est apprécié de 1,10% en une semaine, et de 2,80% en Septembre). L'Ecu, moyenne pondérée des devises européennes lui a cédé un demi pourcent de sa valeur; les Instituts d'Emission italien et français, ont dû se manifester à plusieurs reprises sur les marchés des changes pour défendre leurs devises.
    Mais cela n'a pas empêché la lire d'enregistrer vis-à-vis de son voisin germain le cours le plus bas historique et une baisse de -0,10%, de son taux de change effectif, et le Franc français de voir ses cours tutoyer des niveaux proches des FF 3,43 fatidiques.

    Durcissement obligatoire de la politique française


    A cet égard, nous ne voyons pas comment la Banque de France peut durablement éviter de durcir une fois encore, par une hausse des taux directeurs, sa politique monétaire.
    Rendez-vous était pris pour le Lundi 23, puis pour le Jeudi 26 Décembre lors de ses deux appels d'offres. Avec la Lire italienne, la Livre sterling furent les monnaies les plus vulnérables aux tensions du SME; la monnaie britannique partage en effet avec son homologue cisalpine le privilège de relever toutes deux d'économies récessives et d'être assorties de rendements déjà élevés; on ne peut donc pas raisonnablement escompter qu'ils s'élèvent encore surtout que les élections approchent; devant un tel imbroglio, les marchés ont fait leur choix.

    B. BENJELLOUN-TOUIMI
    Cadre à la BMCE*

    * Les opinions exprimées dans la présente chronique ne reflètent pas nécessairement les vues de la BMCE.

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