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    Courrier des Lecteurs

    Chronique des changes: Semaine du 13 au 17 Juillet 1992 : Le Dirham après la hausse des taux de la Bundesbank

    Par L'Economiste | Edition N°:39 Le 23/07/1992 | Partager

    Comme nous le pressentions dans la chronique précédente (l'Economiste du 16 Juillet 1992), la Banque Centrale Allemande a bien resserré sa politique monétaire: cependant un seul taux directeur, le taux d'escompte, fut modifié à la hausse (de +3/4 de points à 8,75%, niveau le plus élevé depuis 1931), le Lombard (c-a-d le taux de prises en pension) demeurant, lui, inchangé à 9%. Dans le communiqué officiel, de la Bundesbank, on lit que cette mesure vise à "freiner les pressions sur les prix, une croissance monétaire et celle du volume du crédit excessives ainsi qu'à maintenir la stabilité du Mark dans les circonstances difficiles (que traverse actuellement) l'Allemagne réunifiée".
    Ce fut l'événement majeur de l'actualité des marchés financiers mondiaux, autour duquel s'articule l'explication des évolutions du Dirham au cours de la semaine considérée:

    1. Poursuite de la Baisse de notre monnaie, mais avec accélération de son rythme vis-à-vis:
    - du Mark (-0,70% vs -0,25%, une semaine auparavant) dans la logique de la formidable avancée de cette devise sur les marchés des changes internationaux (indice TCE +0,80%);
    - du Franc Français (-0,49% vs -0,02%) qui évolue grossièrement dans le giron de son voisin d'Outre-Rhin (même s'il lui a cédé -0,18%).

    L'Italie change de règles

    2. Poursuite de la baisse, avec une légère décélération du rythme par rapport à la devise d'un autre pays qui a dû opérer lui aussi, et à la suite de Francfort, "un tour de vis monétaire" (+0,75% pour les deux taux directeurs italiens), la Lire italienne (-0,32%). Celle-ci voit ainsi ses rendements relevés officiellement de +1,75% en deux semaines, ce qui montre la fragilité de la confiance que les marchés sont disposés à accorder à M. "Sottile" (Monsieur "Subtile") alias M. Amato. Le Premier Ministre italien tente en effet de convaincre une réticente opinion publique -tant interne qu'internationale- que, subtile connaisseur de la réalité économique et sociale de ce pays (il fut jadis Secrétaire au Trésor) et du jeu politique "Bysantin" de la péninsule, il est résolu à réussir à mettre l'Italie sur les bons rails de l'Europe, en "changeant les règles". En tous cas, la Mafia n'a pas changé les siennes, et quelques mois seulement après l'assassinat du Juge Calfone, elle re-signe Dimanche 19 Juillet, celui de son remplaçant à la tête de la juridiction chargée de lutter contre le crime organisé, le Juge Borsellino. La crédibilité de l'Etat, et pour ce qui nous concerne, la confiance des marchés sont durement mises à l'épreuve.
    3. Sensible dépréciation du Dirham exprimée en Ecus (-0,42%) qui efface les maigres +0,05% de la semaine précédente et alimente une valorisation de la monnaie composite européenne de +2,59% en Dirhams depuis le début de cette année.

    Dollar, variation inversée

    4. Poursuite de la hausse de la monnaie nationale avec une notable accélération de son rythme par rapport au Dollar (+1,80%, chiffre qui permet le renversement du sens de variation du taux de change du Billet Vert, exprimé en Dirhams, depuis le début de l'année -0,82%). Notre sentiment est que rien ne peut empêcher le Dollar de retrouver ses niveaux les plus bas enregistrés historiquement contre le Mark (1,445 touchés lors de la Guerre du Golfe). Au cours de la semaine sous-revue déjà, son indice TCE a cédé -0,80%, sa dépréciation contre les principales devises s'échelonnant de -0,64 vs Yen à -2,45% vs ECU (et -1,80 vs Dirham). Il suffit d'une autre "mauvaise nouvelle" du style de celle connue au lendemain du "geste allemand", à savoir l'annonce des résultats du Commerce Extérieur américain pour le mois de Mai lesquels ont révélé, contre toute attente, un creusement sensible (-4,5% en un mois) du déficit dû à l'atonie des exportations (faible croissance économique oblige), et dû au gonflement en valeur des importations (à cause de la remontée des prix de l'énergie).

    Remontée du Dollars?

    L'autre facteur de baisse supplémentaire peut également être, en Allemagne, l'annonce d'un rythme tout aussi insupportable, de croissance de la masse monétaire allemande (à paraître cette semaine) qui aboutirait à l'anticipation par les marchés que le relèvement de l'autre taux d'intérêt directeur de la Buba (cette fois-ci beaucoup plus déterminant, le Lombard) est une affaire de jours. Ceci d'autant que jamais l'écart entre ces deux taux directeurs n'a été aussi faible. Sur un plan plus politique, un autre facteur d'affaiblissement du Dollar pourrait être le renforcement des anticipations de victoire du candidat démocrate Bill Clinton (lequel devrait logiquement bénéficier du retrait de la candidature du milliardaire texan Ross Perot) au détriment des Républicains qui sont les candidats favoris des marchés. Ces derniers ne réaliseraient que plus tard, c'est-à-dire en Novembre, au lendemain des résultats des élections, que même avec les Démocrates à la Maison-Blanche, la mise en oeuvre de leur politique de relance économique (par les investissements publics, par la remontée de la fiscalité) a de grands risques d'aboutir, la reprise se confirmant, à une augmentation des taux d'intérêt (courts et longs) et en définitive du Dollar.

    Baisse du Yen malgré l'excédent commerciale

    5. L'accélération de la hausse du Dirham s'est opérée également par rapport au Yen (+1,16%); cette monnaie enregistre un recul sensible de son indice TCE (-0,70%) bien que l'on ait enregistré cette semaine encore, un nouveau record pour l'excédent commercial nippon (24% en un an!). Les facteurs à l'origine de ce trend baissier, régulièrement rappelés dans ces colonnes, demeurent valides.
    6. Le signe de variation du Dirham, exprimé en Escudos portugais et en Pésètes espagnoles (+0,04% chacun), est également positif mais l'appréciation de notre monnaie exprimée dans ces devises est moindre que précédemment.
    Après avoir réduit de -0,875%, le taux de rémunération des réserves obligatoires constituées par les banques lusitaniennes (voir Chronique du 16 Juillet) l'Institut d'Emission de Lisbonne a ramené Lundi 13 Juillet de plusieurs centimes de pourcentage, les taux auxquels il injecte et reprend les liquidités au marché monétaire interbancaire.
    7. Enfin, le Dirham demeure virtuellement stable d'un Vendredi à l'autre par rapport au Sterling: +0,01%, variation qui, curieusement est identique à celle du Pound contre la moyenne des devises internationales calculées par la Banque d'Angleterre. Le pound a en fait continué d'être sous pression sur les marchés des changes, notamment vis-à-vis du Mark (-0,87%), et de l'Ecu (-1,13%), et ce, malgré les démentis officiels concernant une quelconque sortie de la Livre du régime communautaire de change, et concernant un assouplissement (recommandé par certaines voix, au sein même des rangs conservateurs) de la politique monétaire.

    Brahim BENJELLOUN-TOUIMI

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