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    Courrier des Lecteurs

    Chronique des changes : L'effritement continue

    Par L'Economiste | Edition N°:13 Le 23/01/1992 | Partager

    CONFIGURATION classique des changes que celle qui ressort du tableau de variation des dix devises composant notre échantillon au cours de la semaine sous-revue:
    - Dollar américain (+3,39%) et Yen japonais (+1,41%) d'un côté, celui des devises qui se sont donc appréciées (en compagnie du Rial saoudien, dans l'ombre du billet vert, et du Dinar tunisien: +0,25%);
    -puis les 6 monnaies européennes de notre échantillon (dont l'Ecu: -0,56%) du côté regroupant les devises qui se sont inscrites, dans une proportion s'échelonnant entre -0,12% (la Livre britannique) à -0,71% (le Mark Allemand), en baisse contre le Dirham.
    Par rapport à la semaine du 6 au 10 Janvier, le Dirham a continué de baisser par rapport aux mêmes devises. L'effritement de cette semaine s'est opéré néanmoins dans une proportion de plus d'une fois et demi supérieure que précédemment, sauf contre le Dinar tunisien. Dans ce dernier cas, en effet, la dépréciation du Dirham s'est quelque peu ralentie, ne corrigeant qu'insuffisamment (-0,42% de baisse) la valorisation de +2,12% enregistrée en 1991 vis-à-vis de son homologue maghrébine.

    Deutschemark et Dollar mènent la danse


    A l'inverse, notre monnaie n'a poursuivi son appréciation de la semaine du 6 au 10 que contre deux devises, celles se trouvant aux extrémités de la grille de change du Système Monétaire Européen, à savoir la Pesete espagnole (+0,16%, variation plus franche que l'insignifiante +0,01% précédente) et la Livre britannique (+0,12%, en retrait comparativement aux +0,32% précédents). Autrement, la dépréciation du Dirham -enregistrée au terme de cette même semaine du 6 au 10 Janvier- contre les quatre devises européennes restantes (Mark, Franc Français, Ecu et Lire italienne) fut fortement corrigée et ce dans une proportion au moins égale au double de la variation précédente.
    Les Anglo-Saxons ont coutume de dire «it takes two to tango» (il faut être deux pour danser le tango): si l'évolution des cours de change entre les principales devises pendant la semaine sous revue nous a inspiré l'évocation de cette maxime, c'est parce que ce sont pour la deuxième semaine consécutive, aussi bien le Deutschemark que le Dollar (à travers leur parité croisée) qui «mènent la danse»:
    - Le billet vert (inscrit en hausse contre toutes les devises, de +0,39% contre Yen à +1,51% contre Mark, en passant par +1,28% contre l'Ecu et +3,39% contre notre monnaie) est soutenu -nous l'indiquions dans la chronique précédente- essentiellement par des anticipations de reprise économique américaine «au coin de la rue». Jusqu'à présent aucune statistique publiée n'a confirmé d'une manière convaincante le scénario de sortie de crise; pas même «l'excellent» solde commercial, le plus faible depuis 1983, -3,57 milliards enregistré par la balance commerciale en Novembre 1991. Il fut plus le résultat d'une baisse des importations (-5,5%, récession oblige) que d'une hausse des exportations (+0,9%)!
    Ajoutez à celà, le sommet du G-7 le 25 Janvier (concertation pour une relance de l'économie mondiale) et le discours sur l'Etat de l'Union Américaine le 28 (avec sans doute son cortège de mesures fiscales de relance), vous avez de quoi «fonder» le fragile espoir que les «lendemains chanteront».

    Le Mark Roi perd sa superbe


    - Celui qui il n'y a juste trois semaines, les marchés adulaient, risquant même le qualificatif de Mark-Roi -a perdu de sa superbe. C'est la devise contre laquelle, au cours de la semaine sous revue, la monnaie américaine (+1,51%, et 6% depuis le début de 1992) l'Ecu (respectivement +0,12% et +0,54%) voire le Dirham (+0,71% et 0,84%), se sont le plus appréciés. En fait, au cours des deux premières semaines de janvier le Mark a perdu du terrain contre toutes les monnaies qui comptent:
    -62 centimes vis-à-vis de la Livre britannique, près de -50 centimes contre la Lire italienne, -27 centimes (vs Franc), -21 centimes (vs la Pesete). Dans ce cas pareillement, aucun «Fondamental» économique» n'explique réellement ce glissement du Mark: les taux d'intérêt sur la rive orientale du Rhin sont toujours à des niveaux «assassins»; on sait depuis l'an dernier que l'économie Allemande se refroidit après l'euphorie de la réunification, et que l'inflation s'est accrochée aux niveaux 4,5% en 1991 (alors qu'en France et aux Etats Unis, on affiche sagement 3,1%). Au lieu que l'alourdissement du climat social en Allemagne (menaces de grèves lancées par des syndicats IG Metall et fonctionaires réclamant des hausses de leurs rémunérations de 9,5% à 10,5% par an!) raffermissent le Mark de crainte que ses rendements ne soient encore relevés par une Buba soucieuse de maîtriser l'inflation, les marchés n'y voient qu'une raison supplémentaire de se délester de la monnaie d'un pays, en définitive «bien agité».

    Répits de la Livre et de la Lire


    Du fait de leurs fondamentaux peu reluisants (faible croissance voire récession économique, couplée avec une inflation relativement forte par rapport aux autres partenaires Européens, une popularité gouvernementale faible en année électorale...), la Livre britannique (toujours au plancher du mécanisme de Change Européen) et, la Lire italienne pâtissent habituellement des tensions au sein du SME qu'engendre la vigueur du Mark. On ne doit s'étonner donc, qu'à la faveur de l'affaiblissement de la monnaie germanique, ces devises connaissent un répit: depuis le début de l'année, en effet, la reprise du Pound par rapport à l'Ecu est, parmi les autres monnaies européennes, la plus franche: +0,13% (et +0,41% d'un vendredi à l'autre); et la Lire a retrouvé précisément au cours de la semaine considérée, le niveau contre Ecu qu'elle enregistrait en fin de l'année dernière. Cette reprise explique par ailleurs, inter alia, la moindre dépréciation (de la Livre -0,11%) voire la valorisation de +0,68% de la Lire qu'elles connaissent depuis le début de l'année vis-à-vis de notre monnaie nationale. Quant à la Pesete espagnole, son appréciation par rapport à l'Ecu (40 centimes en deux semaines), et sa moindre dépréciation vis-à-vis du Dollar (0,99%), et subséquemment du Dirham (+0,16%) est tout à fait fondée: le niveau des taux d'intérêt bat tous les records européens et la Banque d'Espagne n'a jusqu'à présent pas donné des signes de détente, malgré le ralentis-sement de la croissance des prix en 1991: 5,5%; bien au contraire, elle a, dans le cadre de sa politique d'Open-Market, décidé de relever le taux de ses prises en pension de 12,50% à 13,50%.

    Brahim BENJELLOUN-TOUIMI
    Docteur en Economie

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