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Chronique de changes: Période du 26 Octobre au 6 Novembre 1992 : Le Dollar recouvre le terrain perdu

Par L'Economiste | Edition N°:53 Le 12/11/1992 | Partager

Maintenant que l'événement majeur que constituait l'élection américaine a eu lieu, maintenant que le Dollar (vs Dirham: +3% en deux semaine, soit +7,18% depuis la fin 1991) a recouvré la majeure partie du terrain cédé au cours des cinq derniers mois (il salue non pas la victoire du Démocrate Bill Clinton, mais aussi les perspectives d'une "reflation" de l'économie américaine par l'augmentation des dépenses publiques, donc, une élévation ultérieure des taux d'intérêt favorable à la tenue du Billet Vert), que peut-on escompter du comportement des marchés lies changes internationaux, et donc, de ses implications pour les cotations du Dirham par Bank-Al-Maghrib?

1. Il y a un premier événement à surveiller aujourd'hui-même Jeudi 12 Novembre au Royaume-Uni: dans l'”Autumn Statement” qu'il prononce devant Westminster (Parlement), le Chancelier de l'Echiquier Norman Lamont devrait annoncer, parmi les mesures de relance de l'économie britannique, une stimulation monétaire et donc une baisse supplémentaire des taux directeurs par Bank-Of-England (de 8 à 7%, avec comme objectif de baisse 6% avant la fin de l'année). Cette décision conforterait le trend nettement négatif que nous percevons pour la Livre Sterling sur les marchés internationaux, et partant, pour ses cotations en Dirhams. Il faudrait ajouter à ce facteur négatif pour la tenue du Pound, l'affaiblissement de la crédibilité du Gouvernement de Sa Majesté britannique: aucun signe encourageant sur le tableau de bord conjoncturel (les faillites ont lieu à un rythme de 76 par jour!!); par ailleurs, sur le plan "euro-diplomatique", le Président en exercice du Conseil Européen qu'est jusqu'en Décembre prochain le Premier Ministre John Major, a opéré, cette semaine encore, une volte-face regrettable pour obtenir l'appui des "Eurosceptiques" de son propre camp Conservateur, en décidant le report, au lendemain du second Référendum danois en Mai/Juin 1993, de la Ratification définitive par le Royaume-Uni du Traité de Maastricht. Au cours de la période sous-revue, le Sterling a déjà cédé -2,27% au Dirham, dans la logique de son repli de -1,89% par rapport à l'Ecu, de -4,84% par rapport au Dollar; l'indice de taux de chaque effectif nominal calculé par la Banque d'Angleterre a accusé, lui, une baisse de -2,10%.

2. Un autre événement qui, à notre avis, devrait être surveillé tout au long de ces quelques semaines qui nous séparent de 1993, et ce, avec la plus grande vigilance car il survient habituellement au cours du week-end lorsque les marchés sont fermés : c'est le réalignement généralisé des parités au sein du SME.

A cet égard, il nous semble que les devises candidates à la réévaluation sont le Mark et les devises de sa zone (Franc belge, Florin hollandais et Couronne danoise) auxquels il faudrait ajouter le Franc français (en raison du caractère vertueux des résultats économiques de la France, et compte tenu de la proximité des élections législatives de Mars 1993 qui transformeraient toute dévaluation du Franc en un véritable psycho-drame national).

En revanche, les devises dont les cours pivots nous semblent être hypothéqués à la baisse sont la Pésète espagnole, l'Escudo portugais et le Punt Irlandais. Pourtant la Pésète fut déjà dévaluée (de 7% en Septembre), et l'Escudo, après avoir caracolé au sommet de la grille communautaire, traîne d'ores et déjà un "profil bas": depuis le début de l'année, il a en effet cédé à l'Ecu -1,68%, et, étrange similitude, le même pourcentage par rapport à notre monnaie. En fait, et bien que les officiels de la Bundesbank n'évoquent que des considérations internes ("il faut qu'il y ait une réduction substantielle du déficit budgétaire, et une modération tant dans la croissance des salaires que des "agrégats monétaire" "posent-ils comme préalables à toute modification de leur politique monétaire) cette "remise en ordre" au sein du système européen représente une condition nécessaire (mais non suffisante) pour que les taux d'intérêt européens puissent s'orienter résolument à la baisse: en effet les pays concernés par la dévaluation pourront procéder à un assouplissement de leur politique monétaire que commande la relance de leurs économies, sans subir les foudres des marchés des changes; d'autre part, les Allemands, en réévaluant leur monnaie, opéreraient ainsi un geste hautement "des-inflationniste" "des-inflationniste" qui autorisera la détente des taux comme première réponse appropriée au ralentissement que connaît l'économie allemande. que d'être précédée en cela par la France, tentée qu'elle sera d'opérer une stimulation conjoncturelle via les taux à la veille d'élections cruciales pour la majorité eu place depuis quasiment 12 ans. Au cours des deux semaines considérés, le Mark ainsi que les deux monnaies ibériques se sont dépréciés de -0,8% chacune contre le Dirham, les niveaux de variation de leurs cours de change exprimés dans notre monnaie depuis le début de l'année étant ramenés respectivement à +2,77, 8,41% (la Pésète) et +1,68% (l'Escudo). Quant au Franc français, et parce que sa tenue contre le voisin allemand est honorable (+0,15% en deux semaines malgré la baisse des taux directeurs français Lundi 4 Novembre, ce qui a fait dire au ministre des Finances français que la bataille du francs est achevée, il n'a cédé au Dirham que -0,6%: ainsi le niveau d'appréciation cumulée de la monnaie française depuis le début 1992 n'est-il plus que de +0,6% environ.

3. Quid de la Lire italienne? Tout porte à croire que cette devise, à l'inverse de la Livre britannique, réintégrera le SME à la fin de l'année. A quel niveau? Sans doute au niveau auquel les marchés l'ont amenée au lendemain de la bourrasque monétaire de la mi-Septembre. Cela représenterait une dévaluation comprise entre 7 et 10% comparativement aux cours d'avant-crise. En effet, la volonté du Gouvernement Amato est à cet égard réelle (il attend le retour de conditions favorables sur les marchés des changes, dit-on à Rome) tout autant que sont réelles les perspectives devoir l'intégralité du Plan d'urgence présenté au Parlement être très prochainement avalisée par ce dernier. L'adoption parlementaire étant chose acquise pour les trois quarts dudit Plan, il y a tout lieu donc d'être optimiste, et pour la résolution de la crise politico-économique en Italie (la plus grave de l'après-Guerre), et pour le comportement ultérieur de la monnaie italienne. L'optimisme, les marchés en ont témoigné lorsqu'ils ont coté la Lire contre l'Eau +2,27% au-dessus de ses niveaux d'il y a deux semaines également lorsqu'ils n'ont consenti que -0,5% de baisse de la devise italienne face au Dollar, alors que la Livre britannique perdait, face au Billet Vert -4,8%, le Mark -3,1%, le Franc -2,9%. Ajoutons à cela le fait que l'indice TCE de la Lire (calculé par la Banque d'Angleterre) a gagné +1,60% au cours de la période sous-revue, on comprendra sans doute mieux pourquoi les cotations de la Lire en Dirhams sont +1,8% plus chères que deux semaines auparavant.

4. Sacrés Japonais! Ce peuple si laborieux permet au pays du Soleil levant d'enregistrer des records d'excédents commerciaux (+30% en un an) et de paiements (+50% en 6 mois jusqu'en Septembre) alors que l'économie nippone connaît un refroidissement sans précédent (grave crise dans le secteur immobilier et larges sinistres dans le secteur bancaire...) pour lequel, d'ailleurs, le gouvernement a annoncé, en Août dernier, un Plan d'urgence de 10,700 milliards de Yens. Le Yen japonais tire bénéfice de cette situation puisqu'il s'est apprécié de +2,24% face à l'Ecu, l'indice TCE haussant lui de +1,20, tandis qu'un maigre -0,66% de repli était concédé au Dollar. La dépréciation du Dirham en Yens (-1%) n'en devient que plus intelligible. Notre sentiment est que l'assouplissement (si attendu) de la politique monétaire japonaise ne menace que marginalement la tenue du Yen. En effet il est probable que les pressions sur le Japon pour que sa devise sanctionne plus énergiquement (c'est-à-dire par une appréciation de ses cours) l'insolence des résultats commerciaux du pays s'amplifieront avec l'arrivée, en Janvier prochain, de l'Administration démocrate, considérée comme "moins libre-échangiste" que la précédente: elle serait plus prompte "à donner un coup de poing sur la table" signifiant clairement qu'un "dumping commercial" à travers la baisse du Yen serait intolérable.

Brahim BENJELLOUN-TOUIMI

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