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Economie

Charges sociales: Le Maroc n'est pas le dernier de la classe

Par L'Economiste | Edition N°:889 Le 07/11/2000 | Partager

. Une étude de la CNSS fait ressortir que le Maroc se situe en déçà de la moyenne des taux pratiqués par ses concurrents. A nuancer toutefois: Le niveau des prestations et l'assiette sont très disparatesL'étude de benchmarking que vient de réaliser la Caisse Nationale de Sécurité Sociale sur les niveaux de prélèvements sociaux pourrait battre en brèche bien des préjugés. Depuis la grande colère des textiliens l'été dernier et la menace brandie sur les cotisations patronales, la CGEM, via sa commission sociale, avait saisi la balle au bond. C'est bien le patronat qui avait demandé à la CNSS de lui apporter un éclairage sur le niveau des charges sociales pour les pays qui sont en concurrence avec le Maroc. Dans l'industrie, en tout cas celle qui est représentée à la CGEM, l'idée généralement répandue est qu'au Maroc, les cotisations sociales sont très lourdes au point de gêner les entreprises sur les marchés extérieurs. Dans l'absolu, c'est pourtant l'inverse qui se dégage de l'étude de la CNSS. Le verdict va sans doute faire grincer des dents: par rapport aux pays formant l'échantillon (France, Tunisie, Portugal, Espagne, Italie, Turquie, Egypte, Hongrie, Pologne, Roumanie, Corée du Sud, Singapour, Malaisie, Ile Maurice, Argentine, Brésil, Chili et Mexique), les cotisations sociales au Maroc à 18,65%, dont 9,78% effectués sur la base d'un salaire mensuel plafonné à 5.000 DH, se situent bien en deçà de la moyenne. Dans les pays objet de l'étude, les charges sociales supportées par les entreprises varient entre 22 et 50,5% (sauf la Corée du Sud qui applique 12,28%). Bien plus, dans la plupart de ces pays, la base de cotisation est déplafonnée. Si les cotisations sociales en tant que telles peuvent avoir une influence sur les composants directs du prix de revient surtout dans des activités à forte composante de main-d'oeuvre, dans le contexte du Maroc, elles sont loin de représenter un sérieux handicap à la compétitivité. D'abord, parce que des pans entiers de l'économie échappent encore à la couverture sociale. Tous régimes confondus, public et privé, la population couverte est évaluée à un peu plus de 2 millions de personnes sur une population active de près de 10 millions. Plus que le niveau des taux, le plus grand défi pour le Maroc réside dans l'extension et la généralisation de la couverture sociale. Dans les registres de la CNSS, la population salariée fait du surplace et cela n'est pas sans conséquences sur l'équilibre financier global du régime. Mais les experts sont optimistes du fait de la pyramide des âges, dominée largement par les jeunes. L'élargissement de la base des cotisants (en projet de loi) dépendra de la vigueur de la croissance économique, et donc de la création d'emplois.Quand les patrons disent que les taux de prélèvements sont excessifs, c'est indirectement les faiblesses du rendement du système qui sont décriées, c'est-à-dire le rapport entre le prix et la qualité des prestations. Le comparatif des chiffres bruts ne peut donner qu'une indication limitée de l'état de la sécurité sociale. D'abord, parce que les assiettes de cotisation sont loin d'être homogènes. Ensuite, la palette des prestations et la population des assurés sont tout aussi des éléments déterminants. Les différences de nomenclature sont également de nature à biaiser les rapprochements. Au Portugal (auquel les études sectorielles officielles ont souvent tendance à comparer le Maroc), les taux appliqués à la branche à long terme comprennent aussi le financement de la branche maladie et maternité, du chômage et des allocations familiales. En matière de retraites, la problématique de la vieillesse de la population qui se pose dans ce pays n'est pas encore une menace pour le régime de sécurité sociale marocain. La donne n'est pas par ailleurs la même selon que l'Etat contribue financièrement à la prise en charge d'une partie des prestations et couvre tout déficit financier. Aussi, au Chili par exemple, les allocations familiales et l'indemnisation-chômage sont-elles à la charge du Budget de l'Etat. Plus haut, au Mexique, le coût du chômage est directement à la charge de l'employeur et n'est pas intégré dans le taux de prélèvement global. En Turquie, les allocations familiales bénéficient d'un régime spécifique et ne font pas partie des prestations offertes par le régime général. L'Ile Maurice (dont l'industrie textile commence à faire souffrir les exportations marocaines en Europe) affiche le taux de cotisations sociales le plus bas, 9%. Mais en contrepartie, les prestations et les risques couverts sont très limités. Le chômage et les allocations familiales sont exclus du régime. La maladie et la maternité, à la charge directe de l'employeur, ne sont pas prises en compte dans ce taux. Par ailleurs, la pension de retraite est financée directement par le gouvernement. Laisser peser le poids des retraites sur le Budget de l'Etat n'est pas sans danger. En cas de crise financière grave, la population des retraités peut sombrer dans la précarité.A. S.

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