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    Changes : Les spécialistes pour la création d'un marché interbancaire

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager


    L'établissement d'un marché des changes est pour l'heure inopportun, selon des experts américains. Une libéralisation trop rapide des changes réduirait significativement les avoirs en devises alors que les besoins sont toujours importants. Des spécialistes marocains estiment qu'une première étape est envisageable: créer un marché des changes interbancaire.


    La mise en place d'un marché des changes est toujours à l'étude. Depuis que l'idée à germé, différents projets se sont succédé mais aucun n'a abouti.
    Pour être conçu comme le prolongement et le lien de convergence des actions et réformes mises en oeuvre dans les domaines financier, commercial et de change, un tel marché risque en effet de prendre du temps avant d'éclore.
    D'ailleurs, estiment des experts américains, l'établissement d'un marché des changes est pour l'heure inopportun au regard notamment de l'importance du déficit de la balance commerciale. Libéraliser les changes dans une telle situation reviendrait, selon eux, à mettre en danger les avoirs extérieurs. Toujours en tenant compte de la conjoncture économique, ces mêmes experts considèrent que l'actuelle politique de contrôle des changes est "impeccable" puisque les inconvénients qu'elle induit sont minimes par rapport aux avantages procurés.

    De plus, l'établissement d'un marché des changes, plus exactement la couverture du risque de change, suppose l'existence d'un marché monétaire. Ce dernier est constitué à ce jour du seul marché interbancaire, le secondaire devant incessamment voir le jour.
    Selon des spécialistes marocains, notamment des sociétés de bourse, la préparation d'un marché des changes nécessite d'abord "la décentralisation progressive de la caisse devises au profit des banques commerciales, ce qui leur permettra de disposer de disponibilités en devises qu'elles pourront échanger entre elles avant de s'adresser à l'Institut d'Emission". Les échanges s'effectueraient alors sur un "marché des changes interbancaire".

    Meilleure allocation des ressources


    Nouvelle étape dans le processus de modernisation et de libéralisation du marché des capitaux, le marché des changes "vise une meilleure allocation des ressources et une meilleure efficience de l'économie à travers une plus grande intégration des sphères réelles et monétaires de l'économie nationale, d'une part, et de celle-ci dans l'économie mondiale, d'autre part", indiquait il y a moins d'un an dans les colonnes de L'Economiste
    M. Mourad Chérif, ex-ministre des Finances.
    Concrètement, le marché des changes n'a pas de localisation géographique précise. Selon le manuel du cambiste de Citibank, c'est un mécanisme qui permet aux acheteurs et vendeurs de devises de se rencontrer. Les intervenants ne sont autres que les banques, les courtiers, les entreprises et les personnes dont les affaires nécessitent la participation au marché.
    Les opérations de change sont soit à terme, soit au comptant. Quand elles sont au comptant, la livraison des devises doit s'effectuer au plus tard deux jours ouvrables après la conclusion de la transaction. Lorsqu'elles sont à terme, la livraison et le paiement sont reportés à une date ultérieure qui est fixée au moment de l'engagement, le cours de change étant celui du jour où l'opération est réalisée.

    Change: Manuel, scriptural ou tiré


    En outre, le change revêt trois formes: il peut être manuel, scriptural ou tiré. Le change est manuel lorsque l'opération est réalisée par conversion de billets de banque d'un pays en billets de banque d'un autre pays. Il est dit scriptural quand l'opération est effectuée par inscription de compte à compte entre deux banques correspondantes dont chacune détient les avoirs en devises de l'autre. Par change tiré, il faut entendre toute opération consistant en l'achat ou la vente d'effets de commerce ou de chèques libellés en devises.
    Parmi les opérations effectuées sur le marché des changes, figurent le paiement des importations, les transferts internationaux (rapatriements de fonds par les personnes résidant à l'étranger, investissements à l'étranger et rapatriement de dividendes y afférents, paiement de redevances etc...).
    Autres opérations réalisées sur ce marché: l'arbitrage de taux d'intérêt, la spéculation et la couverture à terme. L'arbitrage de taux d'intérêt consiste en un "déplacement de fonds du marché monétaire d'une devise à celui d'une autre afin de profiter d'un déséquilibre entre le taux d'intérêt et obtenir un meilleur rendement sur un placement ou un moindre coût sur un emprunt", note le manuel du cambiste de Citibank.
    La spéculation sur le marché des changes revient à acheter ou vendre à terme une devise sans le support d'une transaction commerciale. Contrairement à la spéculation, la couverture à terme est basée sur une opération commerciale et a pour objectif d'éliminer, moyennant un coût, le risque d'une variation future des taux de change.

    Hakima EL MARIKY

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