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Culture

Cette Amérique qui a voté, un voyage avec Guy Sorman
Etape XXI: La démocratie au son du canon

Par L'Economiste | Edition N°:1898 Le 17/11/2004 | Partager

Le désir américain d’exporter leur système économique mais aussi politique, provoque une vague de rejets et de haine sans précédent dans le monde. Ce désir ne date pas d’hier, nous révèle Guy Sorman, dans son dernier livre “Made in USA”, dont nous avons publié quelques bonnes feuilles durant le Ramadan.A quand remonte le désir d’empire des Etats-Unis? Peut-être à l’origine même des Etats-Unis. En 1801, lors de son intronisation comme président, Thomas Jefferson décrivit la nouvelle république comme “un empire de la liberté”. Cet empire conquit d’abord l’Amérique du Nord, puis contrôla celle du Sud; en 1913, avec Woodrow Wilson, son ambition devint mondiale (…) . L’unilatéralisme en marcheLe 8 janvier 1918, devant le Congrès des Etats-Unis, Woodrow Wilson, après avoir justifié la guerre américaine par la “morale et la libération de l’humanité”, énonce les quatorze points qui restent de la charte du Grand Projet. Le premier exigeait le libre-échange économique entre les nations, le président considérant le commerce comme le fondement de toute démocratie -la mondialisation n’est pas une idée neuve. Le deuxième principe est celui de l’autodétermination des nations, qu’elles soient assujetties à un empire (l’Autriche-Hongrie, les Ottomans) ou à un colonisateur (français ou britannique). Wilson posa enfin le principe d’une société des nations, projection planétaire du fédéralisme américain. Le Sénat y refusera l’adhésion des Etats-Unis. Le terme d’unilatéralisme n’existait pas encore, mais la chose était déjà pratiquée. Les autres points se référaient à la situation du moment, comme la libération de la Belgique ou la paix avec les Russes.Depuis bientôt un siècle, ce Grand Projet wilsonien a peu varié; sur la longue durée, certains gouvernements américains accompagnent le destin démocratique du monde, d’autres forcent ce même destin, mais peu doutent du sens de l’histoire et de la vocation américaine. L’URSS n’a fait que ralentir le mouvement; au temps de la guerre froide, par opportunisme tactique, les Américains ont soutenu des dictateurs et des guérillas peu démocrates, à condition qu’ils soient anticommunistes. Sitôt l’URSS disparue, la marche en avant a repris, guidée par les conservateurs autant que par les libéraux: Ronald Reagan au Nicaragua et à Grenade, Bill Clinton en Yougoslavie et à Haïti, George W. Bush en Afghanistan. Ces interventions légitimées par les droits de l’homme, menées sans l’ONU, ont toutes participé du Grand Projet; toutes procédaient de l’impérialisme démocratique.. La démocratie, le commerce et les femmesJusqu’en Irak? Le libéral John Kerry ne se distinguait du conservateur George W. Bush que par son vœu d’envoyer des troupes américaines supplémentaires -et l’OTAN, si possible.“La destinée des Etats-Unis est d’imposer la paix, la démocratie et la mondialisation économique et -il allait l’oublier!- l’égalité entre les sexes, ce qui, dans les civilisations traditionnelles,suscite encore plus de remous que la démocratie et le marché. “C’est bon pour l’Amérique, mais c’est excellent pour la Corée”, ajoute le général Fisher (un de ces proconsuls qui commandent les troupes américaines dans le monde), paraphrasant Charlie Wilson. Président de General Motors, accusé d’abus de position dominante, celui-ci déclarait en 1955 au Sénat: “Ce qui est bon pour la General Motors est bon pour le reste de l’Amérique.” La situation est identique au Japon, que“protègent” 60.000 soldats américains. “La démocratie, dit Fisher, c’est aussi le droit d’être antiaméricain”. “La démocratie, m’avait déjà dit le major Paxton affecté sur la frontière avec la Corée du Nord, c’est aussi le droit d’être antiaméricain”. La formule doit figurer dans un manuel du parfait soldat. De fait, l’antiaméricanisme n’est pas indexé sur ce que les Etats-Unis font, mais sur ce qu’ils sont. Le major Paxton pourrait apprendre le coréen, se nourrir de chou pimenté (plat national coréen) plutôt que de hamburgers, ne pas effaroucher les Coréennes, l’agacement qu’il suscite varierait peu: puisque les Américains ont fait la fortune de la Corée, il serait improbable que les Coréens leur en soient reconnaissants.Le général ne l’attend pas: “En Asie, dit-il, l’important est de sauver la face”. Les Européens? “Ils affectionnent les grandes déclarations. Nous autres préférons comptabiliser les résultats”. Fisher appelle cet impérialisme démocratique le “Grand Projet américain”. L’opinion publique américaine partage cette vision à condition que l’empire ne soit pas trop onéreux, la comptabilité s’effectuant à la fois en soldats et en dollars. Mais il se trouve que le prix baisse: l’armée américaine, la première du monde, dotée d’un budget supérieur à celui mis en œuvre par l’Europe et la Chine réunies, coûte deux fois moins cher qu’au temps de la guerre froide (4% de la richesse nationale).


La morale utilitaire

En Europe, on tente de démêler ce qui, dans l’attitude américaine, participe de l’idéalisme et ce qui relève de ses intérêts économiques bien compris. Pour les Américains, cette contradiction n’existe pas. Que la présence militaire américaine protège l’Asie, qu’elle lui permette de se développer, qu’elle la conduise à la démocratie et que, de surcroît, cela serve les intérêts stratégiques des Etats-Unis et les entreprises américaines, le tout forme un ensemble cohérent à la fois sur les plans moral et utilitaire. Les Sud-Coréens (et les autres) en sont moins persuadés. Pour le général Fisher (qui commande les troupes US en Corée du Sud) l’antiaméricanisme est une donnée permanente avec laquelle il faut vivre. Aucun argument rationnel, observe-t-il, ne dissuadera un politicien sud-coréen en quête de suffrages, ou un intellectuel en peine d’audience, de verser dans l’antiaméricanisme. La posture confère localement pouvoir et prestige, alors qu’au fond d’eux-mêmes, les protestataires savent qu’ils ne seront pas exaucés et que les Américains ne partiront pas.


A quoi peut bien servir l’ONU?

Pour intervenir en Irak) fallait-il se passer de l’ONU? C’est le sujet favori dePerle. Richard Perle a transformé sa demeure familiale en studio de télévision (pour que) les journalistes venus du monde entier viennent y chercher des déclarations sans nuances. Ancien collaborateur de Ronald Reagan, essayiste et homme d’influence, Perle est l’avocat le plus conséquent de l’intervention militaire en Irak, qui dit sans ménagement ce que pensent à ce sujet la plupart des conservateurs américains, et bien des libéraux. Plusieurs gouvernements complices du terrorisme siégeant à l’ONU, la légitimité de cette dernière pour agir dans la région est nulle. L’ONU n’aurait, selon Perle, d’autre utilité que d’employer à New York les familles des chefs d’Etat. En dehors de cette accusation de népotisme, Américains et Européens ne peuvent partager une même conception de l’ONU: dans la vision “européenne” dominante, l’ONU est dépositaire d’un intérêt général qui dépasse les imperfections de l’organisation. Elle représente une communauté mondiale qui transcende les particularismes nationaux. Perle réfute cette conception: dans la philosophie politique américaine, il n’est d’autre source de légitimité possible que la démocratie. Dès lors que la plupart des Etats défaillants (failed States) qui composent l’ONU ne procèdent pas du principe démocratique, la légitimité de l’organisation est nulle.


Quartiers chauds «off limits»

La population sud-coréenne (a des états d’âme). Au fur et à mesure que les générations se renouvellent (depuis l’arrêt des combats avec la Corée du Nord en 1953), le souvenir de la guerre s’éloigne. Les jeunes savent à peine que, sans l’intervention américaine, le Sud serait tombé sous une dictature communiste aussi misérable que celle du Nord. Celle-ci menace toujours, mais, n’attaquant jamais, le danger n’est plus pris au sérieux. On en vient à réécrire l’histoire: des Sud-Coréens croient que les Américains ont inventé le péril pour justifier leur présence! Dans leur regard, le major Paxton glisse du statut de gardien de la paix à celui de colonisateur. Avec des nuances car dans la langue coréenne, huit termes distincts expriment la gamme des sentiments que les Etats-Unis suscitent (favorable, opposé, méprisant, résistant…). Lorsque, en 2002, deux Coréennes furent tuées dans un accident de voiture provoqué par des militaires américains, la jeunesse du pays se souleva et scanda des slogans prévisibles. Les trente-trois mille soldats américains morts pour la Corée pesèrent soudain moins lourd que ces deux jeunes filles. Depuis lors, le commandement américain restreint les contacts avec la population. Les quartiers chauds et les alentours des universités sont devenus “off limits” pour les soldats.


Une vieille «manie»!

En 1913, le chef du gouvernement légal du Mexique, Francisco Madero, fut assassiné; un certain général Huerta s’empara du pouvoir. Mais le (président) Woodrow Wilson n’accepta pas ce coup d’Etat. Les Etats-Unis, prévint-il, ne coopéreront plus en Amérique latine qu’avec des gouvernements légaux. Ce précédent laissa les chancelleries européennes abasourdies.A Londres, l’ambassadeur américain, Walter Page, dut s’en expliquer avec le ministre des Affaires étrangères britannique de l’époque, Edward Grey:Grey: “Interviendrez-vous par la force au Mexique?Page: Nous les obligerons à voter et à respecter la décision du suffrage universel.Grey: Mais supposez qu’ils n’acceptent pas?Page: Nous y retournerons et nous les ferons voter de nouveau.Grey: Même si cela doit durer deux siècles?Page: Les Etats-Unis y resteront deux siècles, jusqu’à ce qu’ils apprennent à voter et à se gouverner par eux-mêmes”.Voici donc les Américains prêts à imposer la démocratie, au canon si nécessaire. Avec la Première Guerre mondiale, la nouvelle doctrine va s’étendre au monde entier.Etape XXII : Quelle est vraiment la stratégie américaine au Moyen-Orient?

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