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Culture

Ces oiseaux du Maroc que l’on connaît mal

Par L'Economiste | Edition N°:2475 Le 01/03/2007 | Partager

. Un nouvel ouvrage dresse une cartographie des espèces existantes . Plus de 350 photographies en majorité prises sur le territoire marocain«Nous souhaiterions sensibiliser les Marocains à la connaissance des oiseaux et les intéresser à l’ornithologie», affirme Jacques Franchimont, président du Groupe d’ornithologie du Maroc (GOMAC), professeur de biologie à la faculté des sciences de Meknès et corédacteur d’un livre magnifique récemment paru, intitulé «Les oiseaux du Maroc». Originaire de Belgique mais résidant au Maroc depuis une trentaine d’années, il est titulaire d’un doctorat d’ornithologie.La réalisation de l’ouvrage a nécessité pas moins de 5 années de travail. «Nous avons répertorié de manière exhaustive la totalité des espèces d’oiseaux qui existent au Maroc, c’est une première», souligne le professeur. Par rapport à la zone biogéographique contenant l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, le Maroc est très bien placé en diversité des paysages et des habitats (montagnes, mers, zones humides…), explique Jacques Franchimont. Ainsi il existe au Maroc quelque 334 espèces régulières et environ 150 irrégulières. L’ouvrage a pu voir le jour grâce au soutien et au financement du groupe Holcim Maroc. Les premiers 1.000 exemplaires imprimés n’ayant pas été destinés à la vente, le livre n’est pour l’instant pas disponible en librairie. «Notre objectif est que le livre soit réimprimé et mis à la disposition du public pour un prix accessible. Pour ce faire, il faudrait réaliser une version moins luxueuse. Nous sommes en pourparlers à ce sujet avec Holcim», explique Jacques Franchimont. Valéry Schollaert, ornithologue autodidacte belge, qui compte parmi les plus grands ornithologues au monde, a collaboré à la rédaction de l’ouvrage. Résidant en Belgique, il a effectué pendant plusieurs années des visites régulières au Maroc. Le photographe et professeur de biologie, Benoît Maire, a donné un coup de main pour les textes, tout en coordonnant l’illustration photographique du livre. L’ouvrage comporte plus de 350 photographies en couleurs, prise par une trentaine de photographes étrangers. La majeure partie des oiseaux ont été photographiés au Maroc. Une trentaine d’espèces n’ont pas pu l’être, soit parce qu’elles sont marines, soir parce qu’elles sont tellement discrètes qu’elles ne se montrent pratiquement jamais.Le livre comporte une introduction sur le pays avec les sites où l’avifaune est la plus riche. Citons-en quelques-uns: les marais de Larache, les salines de Lixus, la lagune de Moulay Bousselham, le canton forestier de Sidi Bou Ghaba, la lagune de Sidi-Moussa Oualidia, le parc national de Souss-Massa, la baie de Dakhla, la lagune de Nador, la région de Sidi Bettache, le parc naturel d’Ifrane, le parc national du Toubkal…Le classement pour lequel ont opté les auteurs est scientifique, c’est-à-dire qu’il est basé sur la notion d’évolution. Les espèces présentées en premier sont celles qui sont apparues sur terre en premier. Ainsi les oiseaux sont classés en deux catégories: les non-passereaux, qui sont les oiseaux marins ou aquatiques et qui sont les plus primitifs et les passereaux (les oiseaux chanteurs), présentés en deuxième partie d’ouvrage. Pour chaque espèce, le guide contient un paragraphe de texte et une ou plusieurs illustrations. Dans le texte, l’on peut trouver le statut de l’oiseau (visiteur, hivernant ou de passage), le type d’habitat puis sa description morphologique (taille couleur, plumage…).


Les ornithologues du Maroc

Le Gomac est une association scientifique marocaine à but non lucratif, créée en 1989, ayant comme objectifs d’initier le public à l’observation et l’identification des oiseaux sauvages et d’œuvrer pour la protection du patrimoine naturel marocain et en particulier des oiseaux sauvages, notamment les espèces menacées d’extinction. Il organise chaque année à travers le pays une dizaine d’excursions ornithologiques destinées à l’initiation du grand public en matière d’ornithologie de terrain. Son siège est situé à la Faculté des sciences de Meknès, mais il existe plusieurs sections locales à Rabat, Casablanca et Marrakech.


Disparitions inquiétantes

Les auteurs constatent une régression alarmante de l’avifaune marocaine. «Au courant du XXe siècle, au moins une dizaine d’espèces nidificatrices ont disparu du pays et une trentaine d’autres sont menacées d’extinction», regrettent-ils. Les causes sont multiples: la chasse et le braconnage, la déforestation, la dégradation des habitats naturels, la pression démographique, les dérangements humains, l’agriculture intensive, le surpâturage, les industries et les pollutions. Comme remèdes, les auteurs préconisent de veiller à l’application des lois interdisant la chasse de certaines espèces, d’augmenter le nombre d’aires protégées et d’accorder une protection toute particulière aux espèces les plus menacées d’extinction. Ils conseillent aussi de développer le tourisme vert en érigeant les parcs et réserves naturels en tant que destinations touristiques internationales. Il faut juste investir en routes, pistes, hôtels, campings, services d’information pour attirer le public désireux d’être en contact avec la nature, affirment les auteurs. Il faut aussi organiser des excursions guidées par des naturalistes scientifiques. «Le succès de ces parcs et réserves naturelles est considérable à travers le monde. Bien gérées, ces zones permettent parfois, en une seule année, de récupérer aisément le coût de l’aménagement et de l’entretien pour une période de dix ans», est-il indiqué.Les espèces d’oiseaux-phares telles que l’Ibis chauve pourraient constituer un créneau à exploiter pour l’avenir.Nadia BELKHAYAT

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