×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Ces managers qui montentTarik Radi: De petites ambitions et de grands résultats

Par L'Economiste | Edition N°:1169 Le 21/12/2001 | Partager

. Selon lui, la confection est un domaine très spécial: soit on l'adore, soit on le rejette. Beaucoup d'optimisme, de volonté et surtout compter uniquement sur soi: Trois ingrédients pour réussirIl voulait tout dire et ne pas trop se livrer. Son enthousiasme le pousse et la pudeur le retient. Tarik Radi se livre difficilement au jeu de l'autoportrait. Il a démarré sa vie professionnelle dans le tourisme à Paris en 1988. De retour au pays en 1994, Radi comptait poursuivre sa carrière dans ce secteur. La conjoncture tendue du début des années 90 (Guerre du Golfe) et les attentats à l'hôtel Asni à Marrakech lui ont fait changer d'avis. «Je cherchais surtout à reprendre contact avec le pays. J'ai commencé alors par un stage dans Mortex-Styles, une société d'exportation du prêt-à-porter«, explique Radi.Le textile l'accroche. Une nouvelle vie démarre pour lui. Radi finit par acheter les actions de l'un des deux associés de l'entreprise. Le capital social de la société était de 200.000 DH. «A l'époque, nous n'étions pas obligés de débloquer la totalité. 50.000 DH suffisaient pour se lancer«, explique le jeune entrepreneur. Le démarrage s'est fait avec de petites affaires dans des locaux loués et une Citroën C15 comme voiture de service. Au bout de quatre ans, l'entreprise réussit à avoir son premier vrai véhicule. Le succès de ces premières années sera couronné par l'acquisition d'un terrain pour la construction d'une usine. En 1998, les deux associés décident de se séparer. Tarik Radi devient alors le seul maître des lieux.Radi compare la confection à une drogue: «C'est un métier où rien n'est acquis. On peut être aujourd'hui au top et le lendemain au bord de la faillite. Je suis entré dans cet engrenage«, confesse-t-il. Agé de 39 ans, Tarik Radi est aujourd'hui administrateur délégué de Mortex-Styles. C'est l'aboutissement d'un parcours réussi. Marié et père de deux enfants, Sophia 5 ans et Adam 9 mois, le jeune entrepreneur reconnaît que le soutien de sa femme lui permet de concilier entre le travail et les obligations familiales. Radi veut enseigner à ses enfants les vraies valeurs et les principes fondamentaux de la culture marocaine. «Ma femme est d'origine anglaise. Mes enfants ont, de ce fait, l'avantage de bénéficier de la richesse de deux cultures. Je fais en sorte qu'ils en profitent pleinement et de façon équitable«, précise le jeune papa.Du temps libre, le jeune entrepreneur n'en a pas beaucoup. Il a remplacé la musique et les premières amours de jeunesse (la guitare et les arts martiaux) par la pratique du sport.Au départ, Radi s'est donné dix ans pour réussir. Mais après une montée en flèche durant les premières années, la crise commence à se faire sentir. Les deux dernières années ont été particulièrement dures. «Nous sommes en train de prendre un nouveau départ à un moment où tout laisse à croire que c'est fini«, affirme ce jeune entrepreneur. Actuellement, la société est en période de transition. Beaucoup de restructurations et de mise à niveau ont été menées pour recouvrer la compétitivité. Les problèmes rencontrés sont surtout d'ordre social. Selon Radi, le social est la première chose à gérer du fait que les entreprises dans le textile emploient beaucoup de personnel. «Nous sommes une structure moyenne et pourtant notre personnel est estimé à 200 personnes«, précise t-il.Mais c'est la ténacité et le courage de Radi qui permettent à la société de continuer. Visiblement, sa devise «se battre et s'accrocher« a porté ses fruits. «Je ne pense pas qu'il y ait un métier facile. Il y a toujours des hauts et des bas«, reconnaît Radi. Selon lui, la recette pour réussir est de se doter d'optimisme et de volonté. «Il est impératif de se remettre constamment en question et être prêt à affronter les imprévus«, poursuit-il. Cette remise en cause perpétuelle permet à l'entrepreneur de mieux se positionner et de tracer de nouveaux horizons.. Une conjoncture propicePour Radi, le plus important est d'arriver à stabiliser la situation actuelle et fidéliser les clients, surtout les étrangers. Quant aux incidents du 11 septembre, Radi pense que le Maroc pourra profiter de la vague inquiétude qui se propage chez les opérateurs économiques dans toute la région proche d'Afghanistan (au Pakistan, en Inde...).Autrement dit, toute cette demande sera tournée vers le Maghreb. La stabilité de cette région reste son plus important atout. Mais le problème vient du fait que c'est une demande qui émane d'une clientèle habituée à des prix bas. « Pour récupérer ces commandes, il est nécessaire d'être compétitif«, affirme Radi. En effet, si la Turquie a l'avantage de produire ses propres tissus, sa proximité avec le Moyen-Orient inquiète les Européens. Mais la Tunisie reste un sacré rival. «De notre côté, nous pouvons leur offrir une meilleure qualité en plus des gains au niveau du transport«, indique Radi.Si Tarik Radi confirme ses talents d'homme d'affaires en analysant la conjoncture économique de son secteur, la politique ne l'intéresse pas pour autant. Selon lui, le paysage politique marocain change beaucoup. Pour l'instant, il se contente de l'observer de loin. «Mon métier est tellement prenant que je ne peux pas envisager actuellement une carrière politique. C'est peut être possible avec l'âge quand j'aurai acquis une certaine sagesse « ironise-t-il. Khadija BENHADDOUCH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc