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Ces managers qui montentRedouan Bayed, l'archétype du self made man

Par L'Economiste | Edition N°:1163 Le 12/12/2001 | Partager

. Sans coup d'éclat ni de projecteurs, Bayed est à la tête d'une entreprise très dynamique de solutions monétiques, M2M. Fièrement, mais difficilement, il reconnaît que ses produits sont réputés auprès de plusieurs grands noms de la finance mondiale. C'est une annonce dans un journal français qui donne un tournant décisif à sa vieRedouan Bayed est sans nul doute le modèle parfait du self made man au Maroc.Dans sa vie personnelle comme dans ses affaires, cet entrepreneur de 38 ans se veut plutôt réservé. Pas de coup d'éclat, ni de projecteurs, il faut savoir rester humble. Redouan Bayed est aujourd'hui à la tête d'un véritable bijou dans l'industrie de l'avenir, le groupe M2M, spécialisé dans le développement des solutions monétiques. Entre deux avions, un emploi du temps infernal, Redouan Bayed a fait un long parcours. Du petit garçon natif de Derb Soltane à Casablanca, il joue désormais dans la cour des grands. Primé à plusieurs reprises, ce manager assez particulier a développé une expertise à telle enseigne que son know-how s'exporte actuellement aux quatre coins du monde. Fièrement mais difficilement il reconnaît que ses produits sont réputés auprès de plusieurs grands noms de la finance mondiale (européenne et américaine). Pour mieux cerner son marché, il a ouvert des bureaux de représentation à Paris (capitale mondiale de la monétique), à Prague, à New York... Ce qui exige d'ailleurs du numéro un du groupe des déplacements réguliers deux à trois fois par mois.. Enseignement public de qualitéLe cursus de Redouan Bayed ressemble à celui des milliers de Marocains de son époque où l'enseignement public, de qualité, était la seule voie. Aux étudiants de tracer leur avenir. Ainsi, après un parcours primaire, il passera son baccalauréat scientifique au lycée Moulay Abdellah à Casablanca. Depuis son jeune âge, Bayed confie qu'il a eu une passion pour les mathématiques et les matières scientifiques. En revanche, le sens des finances, il le doit à son père. Issu d'une famille de commerçants, il s'est très tôt frotté au calcul et a baigné dans une ambiance de commerce.Après un bac en sciences expérimentales obtenu en 1979, Bayed part à l'étranger comme la plupart des étudiants marocains à l'époque. Il intègre l'Université Paris VI où il décroche une maîtrise EEA (Electronique, Electrotechnique et Automatique) puis un troisième cycle en électronique. Cette formation alliait à la fois matières scientifiques et informatique. Pour financer ses études, il a dû faire plein de petits boulots. Après une parenthèse dans la recherche universitaire dans le domaine des hyperfréquences, Bayed décide d'intégrer le monde du travail. Il fera ses premières armes en France.Le hasard faisant bien les choses, une annonce dans un journal local allait donner un tournant décisif à sa vie. Une société spécialisée dans la conception de cartes à puce recrutait à l'époque un directeur technique. Le poste était très tentant pour le jeune Bayed, fraîchement sorti de l'Université. “C'était pour moi un véritable challenge, d'autant plus qu'il s'agissait d'une entreprise prestigieuse qui comptait dans son tour de table Roland Moreno, l'inventeur même de la carte à puce”, souligne Bayed. Il y passera 4 ans avant son retour au Maroc vers la fin des années 80. Bayed estime alors qu'il a suffisamment d'expérience pour voler de ses propres ailes. Son savoir-faire mais aussi et surtout un portefeuille clients l'encouragent dans ce sens. Il lance donc son propre projet. Ses économies personnelles en plus du concours de jeunes amis allaient lui permettre de constituer le tour de table de sa future société, M2M. Outre la commercialisation de ses produits, il développe avec son équipe une expertise dans l'ingénierie qui l'aide rapidement à se positionner dans l'Hexagone. Il ne s'arrête pas là puisqu'il perce progressivement de nouveaux marchés notamment en Europe de l'Est et sur le continent asiatique.Maîtrise du métier, bonne connaissance du dossier, le jeune manager allait très vite fidéliser une clientèle de plus en plus nombreuse et très exigeante. “Cela n'a pas été sans difficulté, il fallait beaucoup d'endurance et de sacrifices personnels”, se souvient Redouan Bayed. Il travaille sans relâche, 7 jours sur 7, du matin jusqu'au soir. Les résultats n'ont pas tardé à se manifester. Aux petits clients traditionnels se sont ajoutés progressivement de grands noms de la finance en Europe, aux Etats-Unis... que Bayed garde jalousement dans ses documents. Savourant son succès, il lâche un peu la barre en déléguant davantage les responsabilités. Aujourd'hui, son rythme de travail s'est relativement calmé. La confiance dans ses collaborateurs et la création de filiales à l'étranger ont quelque peu soulagé ce patron assez original d'un énorme poids. Chose qui ne déplaît pas à sa petite famille qui a enfin retrouvé un père et un mari disponible. Sa femme, une psychothérapeute et ses trois enfants (deux garçons et une fille) s'en trouvent comblés.Redouan Bayed est un homme satisfait. Plus de dix ans après avoir lancé M2M, il estime avoir fait le bon choix en investissant dans un secteur porteur. La technologie de la carte à puce, implantée en Europe dans les années 90, s'étend aujourd'hui vers les Etats-Unis et l'Asie grâce notamment à l'essor de la téléphonie mobile. C'est un Marocain en définitive qui a développé une expertise telle que ses produits concurrencent les plus grands noms sur les marchés financiers mondiaux et ce, au moment où toutes les banques doivent se conformer aux standards internationaux des cartes de paiement EMV (Eurocard, Mastercard, Visa).


“Je fais partie des adeptes de la pression au travail”

- L'Economiste: Si votre ministère de tutelle voulait vous faire un cadeau, que demanderiez-vous?- Redouan Bayed: Il y a une chose qui me tient à coeur. Dans d'autres pays, l'Etat lance des expériences pilotes. Il s'agit là d'une manière d'encourager ces entités à développer davantage la recherche et la conception de produits. Au Maroc, cela n'est pas intégré dans les moeurs. Je souhaiterai que l'Etat s'engage de plus en plus dans ce genre d'initiatives pour encourager les entités du secteur.- Que pensez-vous des associations professionnelles? - Il faut dire que je ne les connais pas très bien, à part l'APEBI (Association Professionnelle de la Bureautique et de l'informatique) qui représente notre profession. Cette association joue un rôle important pour le développement du secteur. Je pense qu'à cet égard, l'association effectue un vrai travail de fond pour la promotion de la valeur ajoutée du secteur et la vulgarisation du métier. - Quel est votre avis sur les syndicats et la politique? - Je ne m'intéresse pas vraiment à la politique. J'observe de loin ce qui se passe, mais sans grand intérêt. En ce qui concerne les syndicats, je ne les connais pas du tout.- Voulez-vous qu'on aille plus vite ou plus lentement dans l'accord d'association avec l'Union européenne?- Je fais partie des adeptes de la pression. Au Maroc, nous avons cette particularité de mieux travailler avec la pression. Ce n'est pas forcément une bonne méthode mais... A partir de là, j'estime que nous devrions aller plus vite dans l'accord d'association avec l'Union européenne. Propos recueillis par Yousra MAHFOUD

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