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Ces managers qui montentJamal Mikou, une personnalité qui colle à son job de RP

Par L'Economiste | Edition N°:1164 Le 13/12/2001 | Partager

. Son parcours est très différent de celui de ses parents. Il capitalise ses différentes expériences auprès des grands groupes du pays avant d'intégrer l'ONA. Il vit deux grandes aventures: celle de l'entreprenariat et celle des préparatifs de la Coupe du Monde 2006Personnalité pleine d'humour, Jamal Mikou a sans nul doute le physique de l'emploi qu'il occupe. Il est actuellement directeur des Relations Publiques dans un grand groupe, l'ONA. Il aime le contact humain et a les prédispositions pour. Son parcours est très différent de celui de ses ancêtres, bien qu'il ait puisé auprès d'eux certaines valeurs qui lui serviront dans la vie de tous les jours. Son père est un homme connu de tout Rabat. Il a été le 1er secrétaire général du CCDH (Conseil Consultatif des Droits de l'Homme) et a terminé sa carrière en tant que président de la Cour Suprême. En tant qu'homme de grande culture, il a marqué l'Histoire du Maroc. Son grand-père, quant à lui, à qui Jamal voue une grande admiration, est un commerçant fassi dans sa plus pure tradition. Sa mère, d'origine algérienne, lui transmettra des valeurs transrégionales qu'il continue de préserver. Né à Tanger en janvier 1960, le 23, tient-il à préciser “pour que mes amis ne m'oublient pas ce jour”, plaisante-t-il, Jamal est l'aîné d'une famille de 4 enfants. Baigné dans un environnement familial chaleureux, c'est un enfant sage et sans problème. Après un bref passage à Marrakech, la famille Mikou rejoint la capitale administrative où elle s'installe. C'est là que Jamal fera son parcours scolaire. Il intègre la mission culturelle française, passage à l'école André Chenier pour le primaire puis le Lycée Descartes pour le secondaire. Avec un Bac D, il décide d'entamer des études de médecine à Strasbourg en France. Il considérera toutefois qu'il s'agit d'une erreur d'aiguillage. Il quittera la capitale de l'est de la France pour rejoindre la capitale de l'Hexagone. Il change d'orientation et bifurque vers des études sciences économiques en gestion à Paris-Dauphine. Il complète sa maîtrise par un DESS en commerce international qu'il obtiendra en 1985. Pas de souvenirs marquants, il connaîtra durant sa période parisienne une vie classique d'étudiant. Une fois son cursus universitaire achevé, l'appel du pays fut plus fort que le désir de rester en France. Il rentre donc au Maroc et décide de se faire sa place par ses propres moyens. Il envoie des demandes d'emploi et répond aux annonces. Il suivra la procédure classique des entretiens sans grande conviction et sera retenu par la multinationale Bull, qui était à l'époque à la recherche d'ingénieurs commerciaux. Il intègre donc le groupe et ce, durant plus d'une année. Comme première expérience professionnelle, Jamal en est satisfait. Il estime que Bull a été une véritable école, en raison de la rigueur des systèmes d'information. Ce job n'était pas une mince affaire: il gérait un parc informatique des grands comptes. “Les prix des ordinateurs durant cette période sont loin d'être ceux d'aujourd'hui”, tient-il à préciser pour valoriser sa première fonction et surtout le poids de sa responsabilité. Il quitte ensuite Bull pour rejoindre le groupe Kettani. Il élit domicile à Fès où se trouve une de ses sociétés de textile Cofitex. Jamal parle avec nostalgie de cette période de sa vie. Bien que courte puisqu'elle n'a duré que six mois, elle a été très intense. Il vivait à l'époque avec son grand-père très conservateur et veuf depuis peu. Il se retrouve ainsi au milieu d'un roman de famille à faire la jonction entre un vieil homme difficile et pour lequel la tradition pèse lourd et le reste de ses proches. Jamal est d'ailleurs le seul à avoir assisté au remariage de son grand-père. Il dit avoir beaucoup appris de lui. Durant cette période aussi, il découvre le secteur du textile et ses difficultés. Le groupe Kettani qui a besoin de lui pour une autre de ses filiales lui demande de prendre le poste de responsable export de Tisbrod. Il s'installe alors à Casablanca avec son épouse. A l'époque, les entreprises du secteur textile commençaient à connaître des difficultés. Il fallait mener un combat au quotidien, Jamal devait voyager énormément. Il a même été surnommé “BMAO” (Bâ Mikou pour l'Afrique et le Moyen-Orient). Il devait partir fréquemment pour la Libye et même pour l'Irak et ce juste après la Guerre du Golfe. Il quitte en1989 le groupe Kettani pour un autre, celui de Berrada aux Cafés Nasr. Il est chargé alors d'animer un réseau d'une soixantaine de vendeurs. Jamal sillonne alors le pays et outre les différents paysages, il fait connaissance avec le Maroc profond et un nouveau type de relations humaines. Ici, il est en contact avec des commerçants non diplômés qui ont la fibre originelle des vendeurs. Ils lui inculqueront un savoir-faire qui ne se trouve pas forcément dans les manuels. Un an plus tard, il entame une nouvelle expérience au sein du groupe Laraki à Univers Motors. Le groupe lance une nouvelle société en charge de la commercialisation d'autres produits appartenant à Daewoo.. “J'avais une vraie responsabilité et je rencontrais de grands patrons”, raconte-t-il. . Le coup de fil de BenhimaEn sortant de chez Laraki, il décide de se lancer dans l'entreprenariat en créant sa propre société: Atlas Promotion. C'était une petite entreprise d'événementiel, sans doute encore trop en avance par rapport à la période. Jamal Mikou se frotte donc au métier de manager avec toutes les tracasseries… Atlas Promotion tournait mais sans plus. A un moment où il ne s'y attendait pas, il reçoit un coup de fil de Driss Benhima qui venait d'être chargé de la candidature du Maroc pour le Mondial 2006. Il lui donne rendez-vous. Après 2 heures d'attente, il le reçoit très rapidement. “Driss Benhima me définit les objectifs, le travail et le salaire. Il me donne deux minutes pour réfléchir”. La réponse fut immédiate et positive. Le défi était de taille et marquait un tournant dans sa vie. L'aventure de 2006 commençait avec son rythme infernal, mais c'est une expérience excitante. Il rencontre de nombreuses personnalités et découvre un autre monde, celui du football. Fier de travailler avec une équipe aussi performante, la notion du temps disparaît. “Nous y avons réellement cru et c'est sur cette conviction que reposait notre énergie”, explique-t-il. “Les simulations nous avaient d'ailleurs donné raison”. L'aventure 2006 fut riche d'enseignements. “Il nous est arrivé lors de la tournée africaine d'aller dans 27 pays en 1 mois et de rencontrer des chefs d'Etat qui n'avaient jamais eu la visite de responsables marocains”. A Zurich, en juillet 2000, il savait avec le reste de l'équipe que c'était fini. Il fallait positiver et en tirer les conséquences. En dépit de la carence d'infrastructures, l'équipe s'était rendu compte que le Maroc était méconnu au niveau mondial et qu'il ne disposait pas de réseau d'influence. L'opération Globe-Trotters de Benhima a contribué au moins à la promotion du pays. Jamal raconte cette expérience avec fierté, surtout après la renomination de Driss Benhima pour 2010.A son retour de Zurich, Mourad Cherif lui propose de venir rejoindre le groupe ONA pour y développer les relations publiques et presse. A son actif, il met en avant les autres personnalités du groupe pour valoriser l'esprit d'équipe. Il reconnaît devoir beaucoup à Kamel El Ayoubi qui lui fera confiance dès le départ. Il trouvera dans ce groupe des valeurs sacrées qui lui avaient été inculquées par son père: l'honnêteté, l'intégrité et le sens du travail. Un an après son entrée à l'ONA, Mourad Cherif l'appelle à sa grande surprise pour le nommer directeur des Relations Publiques du groupe. Avec un emploi du temps souvent rempli, il essaye de se dégager pour se consacrer à sa fille de 11 ans qu'il déplore ne pas voir assez.


“Youssoufi, redonnez l'espoir à la jeunesse!”

- L'Economiste: Que pensez-vous des associations professionnelles, des syndicats et de la politique?- Jamal Mikou: Ils constituent des acteurs importants de notre vie. Ils doivent par conséquent interpréter le rôle qui leur est dévolu et non se positionner dans le dénigrement. Il faut qu'ils nous aident à aller de l'avant dans le bon sens et non pas stagner.- Si Abderrahman Youssoufi voulait vous faire un cadeau, que lui demanderiez-vous?- En cette période de Noël, je lui dirais que je ne crois plus au Père Noël depuis longtemps. Sérieusement, je lui demanderai de redonner espoir à tous ces jeunes qui attendent et surtout de montrer les véritables potentialités de notre pays. Tout le monde est d'accord pour dire que le Maroc “se vend mal” alors qu'attendons-nous pour définir une véritable stratégie et surtout agir?- Quelle erreur ne referiez-vous pas dans votre parcours professionnel?- Celle de créer mon entreprise. Il est vrai que cela a été un beau challenge qui m'a permis de vivre une expérience exceptionnelle et de rencontrer des gens extraordinaires. Mais, quel parcours du combattant surtout lorsque l'honnêteté fait partie de vos valeurs. - Que souhaiteriez-vous pour que le Maroc change?- Il faudrait que l'on assimile les signaux forts émis par les plus hautes autorités du pays et que l'on se mette au travail. Propos recueillis par Fatema MOSSADAQ

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