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Affaires

Ces managers qui montentAbderrahim El Handouf: Un syndicaliste new-look

Par L'Economiste | Edition N°:1161 Le 10/12/2001 | Partager

. Enseignant chercheur, ingénieur agronome, parcours atypique d'un syndicaliste de l'UMTFacilement abordable, Abderrahim El Handouf surprend par son calme et sa voix paisible qui ne dévoilent nullement le militant qu'il est. Il relate son parcours, plus attentif à saisir la signification des choses qu'à énoncer une simple suite des faits. Agé de 43 ans, cet ingénieur agronome a fait ses études d'où il est originaire. Son bac en poche, il rejoint la capitale pour des études supérieures. C'est à Rabat qu'il fera ses premiers pas dans le militantisme avec l'Union Nationale des Etudiants du Maroc (UNEM). Toulouse sera la dernière étape estudiantine pour El Handouf. Actuellement, il est ingénieur au ministère de l'Agriculture. Sa pertinence et son sérieux le conduiront à la tête du Secrétariat Général de la Fédération Nationale des Secteurs Agricoles, affiliée à l'UMT.La situation actuelle au Maroc l'inquiète. Selon lui, les quelques acquis sur le plan démocratique risquent d'être anéantis. Les interventions musclées des forces de l'ordre sont de plus en plus fréquentes. La pauvreté s'aggrave et le gouvernement Youssoufi n'a pas pu répondre aux attentes des Marocains. El Handouf passe à l'analyse. Selon lui, la constitution du gouvernement actuel n'était pas basée sur un changement de fond. «C'est simplement le résultat d'une alternance, encadrée et orchestrée par les autorités où les partis politiques n'ont fait qu'échanger leurs rôles», explique-t-il. Pour lui, il ne faut pas se faire beaucoup d'illusions quant aux prochaines élections. Mais il ne faut pas baisser les bras non plus. Lutter reste le mot d'ordre pour ce syndicaliste dévoué. L'objectif est de faire en sorte que les élections soient transparentes pour attirer les bons profils. Selon El Handouf, les femmes doivent s'inscrire dans cette lutte. Le système du quota leur donnera l'occasion de s'exprimer et dévoiler leurs compétences. Le syndicaliste va même jusqu'à proposer la révision de la Constitution.El Handouf passe d'un sujet à l'autre avec une grande aisance, dévoilant ainsi son côté intellectuel. «Déjà dans les années 60, John Watter Bury, écrivain américain, avait tout compris sur ce qui se passe au Maroc», confie El Handouf. Dans son ouvrage «La monarchie et l'élite au Maroc», édité durant cette décennie, l'auteur expliquait qu'au Maroc, les réformes profondes n'aboutissent jamais. Il y a toujours un événement qui estompe les ébauches de démocratie et de développement.Très jeune, El Handouf a dû se prendre en charge. «J'ai grandi loin de mon père. Il était émigré en France et je le voyais une fois par an. Cela m'a appris à être responsable et a développé en moi l'amour de la patrie, de la famille et de la justice. Rien ne peut aboutir sans amour», confesse El Handouf. L'injustice et la pauvreté qui touchent également les fonctionnaires et les travailleurs le révoltent. Selon lui, la solidarité a plusieurs facettes. «Il faut instaurer une solidarité institutionnelle. Tous les travailleurs doivent être couverts par un régime de retraite, d'assurance-maladie ou autre sinistre. La couverture sociale doit bénéficier à toutes les couches de la société», clame-t-il.El Handouf revient sur la question du gouvernement. Il affirme que «ce dernier est en mesure de mettre fin à l'achat des voix dans les élections et à d'autres agissements qui nuisent à la démocratie. Mais, il refuse de se manifester et de faire le travail qui lui revient». El Handouf est également enseignant vacataire et chercheur à l'Institut Agronomique de Rabat. Il s'intéresse à la sécheresse, à l'irrigation et à tout autre problème lié à l'agriculture. Pour lui, le Maroc n'est pas un pays agricole mais rural. De plus, les responsables doivent penser aux problèmes de stockage et de contrôle des produits agricoles. La révision de la politique de la gestion agricole est vitale pour accompagner le processus de la mondialisation.Le syndicaliste de l'UMT reprend son discours sur la démocratie avec un ton où se mêlent révolte, désolation et indignation. «La démocratie initie les citoyens à la politique et à la gestion du bien public. Il est donc injuste de leur appliquer des normes préétablies sous prétexte qu'ils ne sont pas assez mûrs pour pouvoir assumer leurs responsabilités au sein de cette démocratie». Toujours avec le même ton, il montre la difficulté de concilier entre le travail et le militantisme. Cet ingénieur, plein d'énergie, a plusieurs obligations. Souvent, c'est sa famille (sa femme et ses deux enfants) qui paie le tribut de son activité syndicale. Pour lui, cette conjoncture a quand même un côté positif: le développement de la presse indépendante. La multiplication des procès est une bonne épreuve pour réussir la transition démocratique. L'opinion publique s'exprime enfin sur la situation politique économique et sociale du pays. Et cela ne doit pas passer sous silence.


Comment la sélection a-t-elle été faite?

Les critères de base de la sélection sont “ne pas être connu en dehors de son cercle professionnel, avoir mis en pratique des idées novatrices, surprenantes qui apportent quelque chose à cet environnement, ne pas avoir plus de 40-45 ans et avoir une certitude raisonnable que la personne accepterait de parler de sa vie privée”. Chaque journaliste et chaque correspondant ont alors proposé une liste de noms; les chefs de rubrique ont fait une première sélection avec leur équipe, puis ont fourni leur liste en conférence de rédaction. Il y a eu des débats pour décider si les enfants peu connus de personnalités connues pouvaient ou non figurer dans les portraits. La réponse a été positive car c'est l'individu qui devait être le centre d'intérêt. Discussions aussi pour savoir s'il fallait retenir une personne connue dans son secteur mais pas du tout dans les autres secteurs. Là encore, la réponse a été positive au motif que le but des portraits était d'élargir la connaissance. En revanche il a été décidé qu'une personne connue professionnellement mais dont on ne sait pas grand-chose de la vie privée ne serait pas présentée, car le parcours privé est un plus dans le portrait sans en être le centre. De même, il a été convenu de ne tenir aucun compte des engagements politiques (ou du non-engagement) et ce même si le portrait devait faire état et expliquer les sensibilités politiques comme une composante importante dans la formation de la personne à présenter. Khadija BENHADDOUCH

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