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Entreprises

Ces entreprises qui venaient de l'Est:

Par L'Economiste | Edition N°:33 Le 11/06/1992 | Partager

Les sociétés de ce qui était "les pays de l'Est" veulent marquer leur présence au Maroc. Elles ont obtenu pour la plupart le statut de société privée ce qui leur permet de redéfinir une stratégie d'implantation afin d'approcher leurs partenaires commerciaux.

Depuis le début des réformes économiques dans les pays de l'Europe de l'Est, les missions commerciales succèdent aux journées d'information. Les pays communistes de l'Europe de l'Est, reconvertis au libéralisme économique, veulent se repositionner sur le marché internatiolal et redynamiser leurs relations avec le Maroc notamment par la création de sociétés mixtes ou l'installation de succursales.
"Nous avons un vide de 50 ans à combler, c'est pourquoi nous devons être dynamiques et être présents sur le terrain " souligne un représentant d'une grande société roumaine récemment installé au Maroc.

Des actions limitées

L'année 1989, une période charnière pour l'Europe de l'Est. Le Mur de Berlin vient de tomber. Une brèche est ouverte, prélude à l'effondrement du système communiste. Depuis cette date, la situation a largement évolué. Dans tous les pays de l'Est, on assiste à un engouement pour le libéralisme pur et dur. L'initiative privée est encouragée et les vastes réformes économiques visent principalement le transfert des entreprises publiques vers le secteur privé. Cette nouvelle démarche conditionne la nouvelle stratégie des anciennes sociétés étatiques ainsi que celle des nouveaux entrepreneurs originaires de l'Est du Maroc. En remontant dans le temps, on peut constater que le partenariat avec des promoteurs marocains pour la création de joint-ventures était quasi inexistant. "La nature de notre régime politique ne nous permettait pas d'entreprendre " souligne-t-on. En effet, toutes les décisions économiques étaient insérées dans le cadre des différents plans de développement qui étaient mis en place. L'inexistence de la propriété privée et le contrôle strict des changes ou l'inconvertibilité des monnaies empêchaient toute action individuelle à l'étranger. Les grandes sociétés étatiques se préoccupaient surtout d'atteindre les objectifs qu'on leur avait assignés. L'une des rares sociétés a être installée est la SIAF, Société Internationale Africaine, créée en 1961 par INTEREXPORT une grande société yougoslave en association avec des privés marocains. "La pratique de l'autogestion concédait à nos sociétés une plus grande liberté " explique M. Topalowski, son Directeur. La SIAF est surtout spécialisée dans l'import-export entre la Yougoslavie et le Maroc. On peut citer entre autres, Mégaconsult, un cabinet d'études maroco-hongrois et Comapol, Comptoir Maroco-Polonais.
Cependant, la présence sur le terrain de certaines grandes sociétés étatiques existe depuis de longue date. Ce sont surtout des sociétés spécialisées dans des grands travaux de constructions, d'aménagement et de montage d'unités industrielles. Il en est ainsi de ENERGOMACHEXPORT, une grande société russe à présent privatisée, spécialisée dans l'import-export et la production d'équipement pour hauts fourneaux et aciéries, de matériel de forage, d'équipements pour les centrales thermiques de moteurs diesel ...etc. Cette société qui a ouvert une succursale au Maroc en 1968, a réalisé la centrale thermique de Jerrada avec la collaboration de plusieurs sociétés étrangères et marocaines. Depuis cette date, elle est très active au Maroc. En outre, Zaroubezhgeologia, une société russe d'études géologiques, a notamment collaboré avec l'OCP pour l'exploitation du phosphate et l'ONAREP pour la recherche pétrolière.

En lice pour M'jaâra

Actuellement,Technopromexport, d'origine russe, est encore pour la réalisation du barrage de M'jaâra. Le chiffre d'affaires global réalisé par toutes les sociétés originaires de l'Est peut être apprécié à travers la balance commerciale.
"Même si historiquement les liens commerciaux n'étaient pas très développés, les échanges entre le Maroc et les pays de l'Est, bien qu'assez faibles ont toujours existé " tient-on à souligner. Les importations du Maroc en provenance de l'ex-CAEM, Conseil d'Assistance Economique Mutuelle, communauté économique des pays de l'Est aujourd'hui disparu, tournaient autour de 6% du montant global des achats à l'étranger dans la période 1985-1989. Pour leur part les exportations étaient évaluées à 1.886 millions de DH en 1985, soit 7,75% de la valeur des exportations avant de tomber à 3,9%, soit 1.108 millions de DH. Elles sont constituées généralement de machines, pièces de rechange, bois, ampoules électriques, fil synthétique ...etc . L'ex-URSS représentait le premier fournisseur. Par contre, elle importait très peu du Maroc. Lequel vend aux pays de l'Est principalement du phosphate, de l'acide phosphorique et du crin végétal. Les accords de troc, vantés dans les années 70-80, n'ont jamais pu être vraiment réalisés. C'est ainsi que l'ex-URSS refusait de comptabiliser le pétrole livré au Maroc pour calculer le montant des achats à faire en provenance du Royaume.

Volonté d'implantation

"Les réformes politiques et économiques entreprises dans les différents pays vont donner une nouvelle impulsion à nos relations avec le Maroc. Jusqu'à présent nous sommes mal connus alors que nous avons l'expérience qu'il faut pour nous imposer" précise-t-on. La volonté de création de joints-ventures est réelle mais la matérialisation des intentions se heurte encore au manque de moyens financiers.
Pour l'instant, la présence de sociétés des pays d'Europe de l'Est est encore marquée par les succursales et les représentations avec une prépondérance russe et roumaine.
Les créations de sociétés mixtes postérieures aux bouleversements politiques de 1989 sont encore insignifiantes. Elles se situent surtout au niveau de l'import-export avec notamment la SOMAROMIMPEX, société Maroco-Roumaine d'import export créée en partenariat avec des privés marocains et TERRA, une compagnie roumaine de trading. On peut aussi souligner la création d'une petite société d'import export, ROMANEX dont le capital est détenu par des Roumains. Elle collabore avec FOTRACOM pour la vente de tracteurs et de machines agricoles.

Présence sur le terrain

Les débuts sont timides mais la volonté existe. La présence sur le terrain est fondamentale. "Le Maroc, grâce à son potentiel économique et ses structures, représente une zone importante " souligne les représentants déjà installés. "Nous devons nous implanter pour mieux faire face à la concurrence" précise t-on.
Actuellement, on en est pour l'essentiel au stade des prises de contact et des protocoles d'intention. Un projet de création d'une société de recherche hydraulique initiée par ENERGOMACHEXPORT, une société russe, et des promoteurs marocains est en train de mûrir. Les promoteurs prévoient d'introduire au Maroc un matériel perfectionné de prospection non encore utilisé hors de Russie.

"Je pense que l'avenir est prometteur. Nous sommes optimistes et patients . J'espère que nous réaliserons de bonnes choses avec nos partenaires marocains.". Ces mots en forme de voeux de Ioan Doori, représentant de INDUSTRIALEXPORT, une société roumaine, traduisent le sentiment des entrepreneurs venus de l'Est. La question est de savoir si le mouvement naissant va prospérer. La réponse est liée aux réformes d'ensemble que sont en train de mener les pays de l'Est, aux moyens dont disposent les entreprises et les promoteurs privés et à la nature des relations qu'ils sont en train de nouer avec leurs partenaires marocains.

Alié Dior NDOUR

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