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Economie

Céréales: les germes de la libéralisation du commerce

Par L'Economiste | Edition N°:21 Le 19/03/1992 | Partager

La commercialisation des céréales fait actuellement l'objet d'un projet de réforme, parallèlement aux objectifs de stabilité et de sécurité alimentaire poursuivis, et pour lesquels 3,2 millions de tonnes de céréales seront importées. Ces importations viendront renflouer la production nationale déficitaire en raison de la faible pluviométrie. Le PRCC, Projet de Réforme de la Com-mercialisation des Céréales, vise la refonte des circuits de commerce, de stoc-kage, de transformation et la soumission des prix aux mécanismes du marché.

Après une première phase consacrée à la synthèse de la situation du secteur céréalier, le PRCC est entré depuis le mois de Mars dans la phase II, d'études approfondies.
Les grands traits d'un marché céréalier "libre" ont été définis dans le rapport de synthèse du Projet de Réforme de la Commercialisation des Céréales.
Les débats, n'étant pas clos, des changements sont encore attendus.
Toutefois, les grandes lignes s'articulent autour des trois acteurs du marché, le producteur, le commerçant ou minotier, et le consommateur.
Les agriculteurs cultiveront les céréales jugées les plus rentables en terme de revenu. Ces céréales pourront être vendues aux commerçants de leur choix, au prix déterminé par l'offre et la demande du marché nationale exit. Les prix de soutien à la production de céréales, quant aux commerçants ou mino-tiers, ceux-ci pourront stocker la quantité de céréales qu'ils désirent et la vente aux clients de leur choix, sans que "les prix, les quantités et la périodicité des transactions soient limités".
Autrement dit, les organismes stockeurs n'auront plus l'obligation de mettre à la disposition de l'ONICL les céréales qu'ils achètent.
En libéralisant le secteur céréalier, un meilleur usage des ressources (terre, main-d'oeuvre et capital) est escompté. Hormis, la mise à la disposition du consommateur de produits de meilleure qualité à des prix compétitifs, inférieurs à ceux pratiqués actuellement.

Refonte du circuit commerce, stockage, transformation

Le circuit"commerce, stockage, transformation", bénéficiant d'une large protection contre la guerre des prix, la formation de cartels et facilitant la gestion du secteur. Du lest a été progressivement lâché par la mise en place d'un quota de farine subventionnée l'abandon du régime des prix de soutien... Au niveau du stockage, celui du blé tendre (BT) se fait par des organismes spécialisés. Quant au stockage des autres céréales, la prise en charge est assurée par les producteurs (stockage en ferme ou usine) et par les collecteurs (intermédiaires, transporteurs). Pour le commerce du BT, trois effets négatifs ont été identifiés. Ils sont liés au monopole des organismes stockeurs. Ce monopole est favorisé par l'accès limité aux crédits pour certains commerçants, conduisant à la limitation de leur capacité d'intervention, et à des situations de monopole.

Le financement des campagnes constitue la deuxième difficulté. Les intervenants reçoivent les primes de l'ONICL.

L'ONICL, dépendant du Trésor, accumule les retards de paiement./ Ces retards de paiement fragilisent les finances des organismes stockeurs, renchérissent le coût des interventions et renforcent la tendance à augmenter les frais de manutention, les marges de transport...
En troisième lieu, la fixation des marges est mise en cause.
Les primes de magasinage, marge de rétrocession et forfait pour les frais d'approche soulèvent maintes difficultés, en raison de leur caractère et de leur rigidité.
Les marchés de l'orge, du blé dur et du maïs se comportent différemment puisque le circuit n'est pas réglementé.
En effet, ces céréales ne sont pas destinés prioritairement à la transformation par les minoteries.
Au niveau du MARA, on pense qu'une réforme du circuit "commerce, stockage et transformation" peut être efficiente en raison de la réduction des goûts intermédiaires, bien qu'ils reconnaissent à la réglementation actuelle la stabilité des prix, la sécurité d'approvisionnement de la minoterie industrielle à des coûts maintenus bas.
De grandes orientations sont mises en exergue: la mise au point du cadre réglementaire de la concurrence par les prix des farines, la mise au point d'un plan de restructuration des minoteries et des unités de stockage, la création de bourses céréalières dans les principaux centres de production et la levée d'interdictions frappant le commerce du blé tendre.

ONICL: rôle redéfini

Créée il y a plus de 50 ans, l'institution gouvernementale ONICL sera préservée, mais son rôle redéfini.
L'ONICL jouera la carte de l'information par la collecte de données du sous-secteur des céréales, par leur analyse et leur diffusion.
Un nouveau rôle sera l'occasion pour l'ONICL de sortir du long mutisme que lui reprochent les milieux spécialisés.
Les informations, attendues de l'ONICL concerneront les quatre céréales principales (quantité, prix, stock), l'industrie de la farine dans sa globalité et non seulement les minoteries industrielles de BT (blé tendre) la production céréalière internationale et les courants commerciaux (les prix et la disponibilité en produits). Les milieux spécialisés suggèrent que "la presse devienne pour l'ONICL un outil de diffusion de l'information, afin de faciliter le bon fonctionnement de l'échange commercial".
L'ONICL comptera parmi ses attributions, l'inspection des grains et de la farine s'appuyant sur des techniques modernes, et la promotion industrielle. L'institution assurera aussi le suivi de la sécurité alimentaire.
Par ailleurs, en matière d'importation de céréales, l'ONICL participera à la collecte "des droits de douane ou du prélèvement variable aux ports" et des statistiques. Elle sera aussi chargée des inspections de qualité et organisera les importations de céréales, notamment celles du B.T. Elle maintient ainsi sa place au sein des activités commerciales. Rappelons que le PRCC prévoit l'organisation, en collaboration avec l'ONICL , d'un examen des futures fonctions de cette institution. Désormais, son rôle ne sera plus limité au contrôle de la commercialisation des céréales.
Le "Plan de restructuration de l'ONICL" déterminera la nécessité ou non d'une assistance technique et matérielle. Dans ce cadre, un "Projet de l'ONICL" sera réalisé en 1994.

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