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Economie Internationale

CEI: se convertir dans le civil?

Par L'Economiste | Edition N°:20 Le 12/03/1992 | Partager


UNE dizaine d'industriels français se sont rendus, la semaine dernière en Ukraine et en Biélorussie pour étudier les possibilités d'une coopération en matière de haute technologie avec des responsables de complexes militaires confrontés à l'impossible conversion de leur industrie.
Le Secrétaire d'Etat Français à la Défense, Jacques Mellick, et le groupe d'industriels qui l'accompagnaient ont pénétré Dniepopetrovsk, cette ville de 1,2 million d'habitants, encore récemment interdite aux étrangers, et consacrant la quasi-totalité de son activité au secteur spacial.
C'est le désarroi total qui s'est offert à leurs yeux; comment démilitariser l'économie de la caserne?
M. Leonid Kuchma, Directeur Général du Complexe Industriel Ioujmach, qui fabrique des missiles stratégiques et des missiles spatiaux n'a pas caché son angoisse devant la nécessité d'exécuter une double réorientation: "(...) se convertir tout ou en partie dans la production civile au moment où de surcroît, l'économie dirigée doit céder la place, de gré ou de force, à une économie de marché (...)" relève pratiquement du miracle.
M. Kuchma a, de ce fait, traduit le besoin qu'il a de vendre son matériel, et proposé aux français les boosters de la fusée Zénith pour les monter sur Ariane 5.
Il a également laissé entendre que si on ne l'aidait pas à se reconvertir dans le civil, il reviendra à son bon vieux métier qu'il maîtrise.
La situation de Youjmach n'est pas unique mais est également vécue par quelques 700 autres entreprises qui emploient 1,5 million de personnes en Ukraine pour une population totale de 55 millions.

Le plan de reconversion du ministre Ukrainien de l'industrie de défense est drastique: si l'Etat ne décide pas d'ici deux mois d'une nouvelle doctrine militaire, des licenciements auront lieu. Ceux-ci toucheront probablement 300.000 personnes.
D'un autre côté, les entreprises devront se diversifier vers la production civile de manière à mettre sur le marché 5.000 articles d'agro-alimentaires, d'équipements de santé et de matériels de grande consommation.
A Minsk, M. Anatoli Kharlap, qui dirige l'usine Ordjonikidze de fabrication de composants de missiles et d'ordinateurs, propose aux industriels français "des usines avec tout le nécessaire et, d'abord une main-d'oeuvre qualifiée et bon marché".
Seulement, on reste rigide en matière de retour d'investissements puisqu'on offre aux partenaires français de traiter en roubles et d'utiliser leurs profits sur place pour d'autres affaires avec les banques.
Le ministre biélorusse de l'Industrie reconnaît quand même qu'il faudra donner aux coopérants le droit de rapatrier leurs profits si on veut les attirer.
Au terme des négociations, des coopérations, toutefois marginales, vont s'amorcer: la France va recevoir des officiers biélorusses et éventuellement, mettre à la disposition des deux Etats son savoir-faire en matière de contrôle des ventes d'armes, et créer, à destination des pays de l'Est, un fonds d'aide d'un montant de 50 millions de Francs pour embaucher, dans l'aéronautique et le spatial, des chercheurs.

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