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    Ce que sera le secteur dans dix ans

    · Le Ministère, l'ONE, la Samir et le GPM livrent leurs visions

    Par L'Economiste | Edition N°:465 Le 17/03/1999 | Partager

    · Tous sont d'accord: Il faut protéger l'environnement

    · Des divergences, normal c'est un secteur où les enjeux sont importants


    - L'Economiste: Comment concevez-vous la protection de l'environnement dans le secteur énergétique?
    - M. Youssef Tahiri, ministre de l'Energie et des Mines: Je ne peux m'empêcher de préciser d'emblée un fait important. L'installation d'une centrale nucléaire à Tan-Tan est avant tout destinée au dessalement de l'eau de mer et ne saurait nullement gêner la sécurité. D'un point de vue énergétique, si la priorité a été donnée pendant longtemps à l'approvisionnement du marché, nos normes de pollution restent inférieures à celles des Européens. Ceci n'empêche pas qu'une réflexion soit menée à ce niveau, mais l'effort doit être fourni par l'ensemble des intervenants du secteur. De notre côté, nous développons des textes d'accompagnement dans le but de servir au mieux le consommateur. Sur le plan budgétaire, un effort est prévu en concertation avec les différents départements afin d'asseoir les bases pour la lutte contre la pollution. Dans notre stratégie, et que cela soit clair, nous refusons d'être un pays d'accueil d'industries polluantes dans le cadre de la délocalisation.
    - M. Driss Benhima, directeur de l'ONE: Il serait possible de dresser la liste des mesures à prendre sur plusieurs pages. Mais pour être concis je m'en tiendrais à une idée importante, celle de la désulfuration des combustibles et des carburants. Compte tenu du degré d'industrialisation du pays, seule cette mesure aurait un impact important sur l'environnement.
    En effet, même si l'introduction du gaz naturel peut avoir un impact environnemental bénéfique sur les consommations énergétiques additionnelles, il faut, si on veut vraiment diminuer les rejets polluants dans l'air, avant tout s'attaquer au taux de soufre existant qui est pernicieux et lié à l'augmentation du CO2 et des imbrûlés dans les moteurs; tout l'arsenal mis en oeuvre pour le contrôle des échappements ne sert à rien si on ne désulfure pas d'abord.

    La spécification n'est pas une finalité mais un moyen


    - M. Abderrafie Menjour, président de la Samir: L'approche doit être la même pour tous les secteurs. Il s'agit d'abord d'identifier les responsabilités en termes de risque que fait courir le secteur sur l'environnement et d'arrêter ensuite le train de mesures. Pour le secteur énergétique, il y a également un grand nombre d'intervenants. Aussi la responsabilité doit-elle être convenablement répartie. La finalité de la préservation de l'environnement est avant tout de répondre à des exigences en matière de qualité de vie. Ceci n'empêche pas que d'un point de vue micro-économique de grosses unités industrielles comme la Samir, les centrales, les cimenteries...soient soumises à un contrôle à la fois au niveau de l'exploitation et des produits. Autre élément fondamental, la sécurité. L'objectif prioritaire est d'éviter les catastrophes. Souvent, nous comparons la spécificité des produits à ceux des USA et de l'Europe. Il y a forcement un écart sensible entre le degré de sévérité des spécifications au Maroc et dans les pays développés.
    La spécification n'est pas une finalité en soi, elle n'est qu'un moyen. La manière dont le produit est consommé compte aussi. Il y a donc une adéquation à établir entre la qualité de l'environnement, le taux d'émissions lié au niveau de l'industrialisation, l'approche consommation et par voie de conséquence les spécifications du produit. Cet équilibre est en continuelle évolution et le degré de sévérité doit suivre cette même tendance.
    L'évolution de la réglementation doit se faire avec une certaine anticipation pour laisser aux opérateurs les délais nécessaires de s'y conformer. Dernier point, c'est important de légiférer, mais encore faut-il se doter d'instruments de contrôle et ce, à tous les niveaux.
    - Moulay Abdellah Alaoui, président du GPM: Dans le secteur de la distribution, la protection de l'environnement est une préoccupation qui doit se trouver à tous les niveaux. J'entends par là au niveau des dépôts, des réseaux de station-services, des centres remplisseurs de bouteilles de gaz, du transport routier, du pipe, du cabotage Il y a d'ailleurs un programme de protection de l'environnement: hygiène et sécurité. D'une manière plus concrète, des mesures pratiques sont prévues, dans les dépôts par exemple, l'installation de puisomètres pour le contrôle de la nappe phréatique.

    - Y aura-t-il à votre avis des opérateurs marocains privés ou publics importants dans 10 ans?
    - M. Tahiri: Nous avons déjà des opérateurs importants. Pour renforcer leur présence, le Ministère de l'Energie prépare une charte partenaire créant un environnement propice à l'investissement. Les répercussions seront générales sur l'économie. Ces sociétés demandent en contrepartie une réflexion bilatérale en matière de fiscalité et de marge. Tout cela sur la base d'une dynamique qui assure la protection du consommateur.
    - M. Benhima: La maîtrise nationale des enjeux énergétiques est indispensable à l'indépendance nationale, qui ne s'exprime plus dans le monde moderne par rapport aux Etats, mais surtout par les puissances économiques. Ce que je souhaite avant tout est de voir dans dix ans l'indépendance énergétique du pays toujours garantie et ce, tant à travers les opérateurs publics que privés. Etant donné que nous sommes un pays sans ressources propres, la maîtrise des enjeux énergétiques ne peut s'exprimer que par la diversification des sources d'approvisionnement en termes de produits: charbon, pétrole, gaz... et en terme géographiques. Pour les produits dont l'origine est unique et peu diversifiée, il faut veiller à minimiser au maximum la dépendance. Ce qui m'inquiéterait, c'est qu'en l'absence une vision soucieuse de recherche permanente de l'indépendance énergétique, nous soyons livré à des intérêts étrangers puissants qui n'auront aucun mal à trouver des partenaires locaux pour jouer le rôle de "comprador".
    - M. Menjour: Je vous renvois la question, en vous demandant ce qu'il faut faire pour promouvoir l'investissement. Là le débat est ouvert. Il y a un grand espoir que le programme des réformes engagées crée cette dynamique.
    - M. Alaoui: Non, au contraire, je vois davantage de rapprochements et d'alliances stratégiques. Les sociétés vont rechercher des complémentarités et des synergies. Ceci n'est cependant pas contraire à la concurrence, car c'est plus au niveau de la logistique que les opérations vont se faire. Le mouvement est d'ailleurs déjà entamé à travers les partenariats qui se sont tissés au niveau du gaz, Primagaz-Tissir Gaz, Corral-Tissir-Elf-ZIZ. Pour les lubrifiants, des regroupements sont en cours, pour ne citer qu'Afriquia-Elf ou CMH-BP.

    Propos recueillis par Fatima MOSSADEQ


    Les offices dans le Budget général


    EN tant qu'investisseur, l'Etat a un rôle à jouer à travers des organismes sous tutelle comme l'ONE, l'ONAREP, le CDER... La Loi de Finances à venir opte pour d'importants changements de concept et de représentation. Les offices d'Etat seront intégrés comme parties opérationnelles dans les investissements publics. Le budget d'investissement qui se situerait à 1,7 milliard de Dollars doublerait et serait compris dans sa dimension large.
    C'est une grande nouveauté... Les offices ont jusque-là échappé aux contrôles parlementaires à travers la Loi de Finances. Une véritable mini-révolution.

    L'avenir est dans le gaz


    LA politique gazière constitue sans nul doute le cheval de bataille de l'actuel ministre de l'Energie. Le gaz est pour lui le combustible de l'avenir. La seule installation physique étant pour l'heure le Gazoduc Maghreb Europe (GME), qui rapporte à l'Etat annuellement entre 30 et 50 millions de Dollars, le programme du gouvernement est ambitieux. "Le GME qui dispose de 25 postes de sectionnement répartis sur 540 km entre la frontière maroco-algérienne et la station de compression située près de Tanger offre ainsi la possibilité de se connecter pour le développement de notre propre réseau gazier local conformément à un plan en cours de finalisation", expli-
    que M. Youssef Tahiri, mi-
    nistre de l'Energie et des Mines.
    Les bretelles nécessaires seront tirées dans le cadre des concessions. " Nous commencerons incessamment une approche décisive", précise-t-il. En fait, il faut lire en filigrane la mise en place d'un environnement adéquat (fiscal, tracés, concessions) pour favoriser le développement du gaz. L'approche n'est cependant pas pour le moment embryonnaire.





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