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Culture

Ce que Picsou ne savait pas…
Par Ghita BERRADA, étudiante

Par L'Economiste | Edition N°:1739 Le 02/04/2004 | Partager

Vous en rêviez? Takara l'a fait! Le n°2 du jouet au Japon vient en effet de mettre au point une machine permettant littéralement de rêver sur commande (L'Economiste daté du 14/01/2004). Il vous suffit de décrire de vive voix le déroulement du rêve que vous souhaitez faire et d'enregistrer vos propos. La «machine à rêves» se charge ensuite de vous le faire vivre durant votre sommeil. Le Yumemi Kobo associe l'enregistrement vocal à des lumières, des sons et des parfums susceptibles d'orienter le rêve.Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette invention me fit l'effet d'une véritable madeleine de Proust! Il me semblait avoir déjà entendu parler d'une machine à rêver. Mais comment serait-ce possible? Cette machine est une innovation, dans le sens fort du mot. Du reste, ce n'est encore qu'un prototype, mais tout me revint quelques secondes plus tard.Un Mickey Parade! C'est dans un Mickey Parade que j'entendis parler pour la première fois de semblable engin. C'était il y a une dizaine d'années et j'étais particulièrement friande de «Journal de Mickey», «Mickey Parade» et autre «Pif et Hercule»- au grand dam de ma mère qui ne savait plus quoi faire pour m'en détourner. J'ai gardé ce numéro pendant des années tant l'histoire qui y était contée m'avait subjuguée. En voici la teneur. Géo Trouvetou -ingénieux et sympathique inventeur- avait inventé une machine à rêves. Elle n'était encore qu'au stade expérimental mais attirait bien des convoitises. Flairsou et Picsou se disputaient sa commercialisation, flairant tous deux la poule aux oeufs d'or. C'est finalement ce dernier -comme souvent- qui l'emporta. Et ce fut effectivement la ruée vers le… rêve. Quelques semaines seulement après son lancement, tout le monde se précipitait pour acheter la machine à rêves. Par la grâce de la machine à rêver, l'amoureux éconduit se voyait couvert de baisers enflammés, le pêcheur malchanceux se retrouvait soudain aux prises avec une véritable baleine, l'artiste aux fins de mois difficiles était adulé par les foules… Les ventes ne cessaient de progresser. Les mois se succédaient et l'engouement pour la machine ne se démentait toujours pas. Mais il y avait un hic, et Picsou ne tarda pas à en prendre conscience.La télé, la pub et les horreursLes autres affaires de Picsou périclitaient aussi sûrement qu'augmentait le chiffre d'affaires de sa machine à rêves. Paniqué, mon magnat préféré fit appel en catastrophe à un «expert» en marketing qui lui révéla illico le pot aux roses. Les consommateurs étaient si heureux de voir «comblés» leurs désirs les plus chers qu'ils en perdaient toute envie de consommer. Chacun courait derrière son rêve et n'aspirait plus qu'à le rêver «en boucle». Comme si rêver et consommer n'allaient pas de pair.Or c'est exactement le propos du rocker Marilyn Manson, atypique s'il en est: il stigmatisa à sa façon l'emprise de la télévision sur nous («On vous montre des horreurs à la télévision puis on vous envoie la pub pour consommer», lance-t-il à des journalistes l'accusant d'exercer une influence néfaste sur les adolescents). N'est-ce pas la consommation-Prozac qui se trouvait ainsi fustigée? Il faut vous terroriser, vous énerver et vous harceler jusqu'à ce que consommer vous paraisse comme l'ultime recours. Cette vérité avait échappé à Picsou.Si le comportement du consommateur, tout comme les voies du seigneur, vous paraît impénétrable, vous pourrez toujours dépoussiérer vos vieilles BD! Leur lecture pourrait s'avérer instructive, voire prémonitoire en l'occurrence.

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