Affaires

CDG: Ce rythme des dépôts a ralentit en 1999

Par L'Economiste | Edition N°:788 Le 13/06/2000 | Partager

. La baisse des versements de la CNSS et le transfert des fonds en faveur des OPCVM à l'origine de ce phénomène. La CDG annonce la création prochaine, en partenariat avec la Caisse du Québec, d'un fonds de capital-risqueC'est sur fond de modernisation et de revalorisation des ressources humaines que la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) a présenté hier ses performances au titre de l'année 1999. Vus de près, les résultats de la Caisse gardent les mêmes caractéristiques. Le rythme de croissance des dépôts est en décélération continue. A fin 1999, ils ont totalisé 29,15 milliards de DH, en progression de 6,8% au lieu de 8,4% une année auparavant.«Cette situation s'explique par le comportement de la CNSS qui s'est abstenue depuis 4 ans de verser ses excédents à la CDG et des transferts de fonds en faveur des OPCVM dédiés à la CNSS et au CEN, d'un montant d'un peu plus d'un milliard de DH«, a expliqué M. Khalid Kadiri, directeur général de la CDG. Ceci se confirme par les chiffres, puisque la part de la CNSS et de la CEN dans le total des dépôts est passée de 71% en 1997 à 69,1% en 1998 et 64,5% en 1999. La part de la CNSS a chuté à elle seule de 54% en 1995 à 45% l'année dernière.Au cours du même exercice, la CDG a poursuivi un rôle actif sur le marché des capitaux (tendance baissière en Bourse, instabilité des produits de taux…).De par son statut d'Intermédiaire en Valeurs du Trésor (IVT), la Caisse a concouru à l'animation des deux compartiments (primaire et secondaire) des bons du Trésor. Sur le marché des adjudications, la part de la CDG, dont l'encours global évalué à 94,6 milliards de DH, s'élève à 27%. Au niveau du marché secondaire, la Caisse a enregistré un volume d'opérations de 136 milliards de DH, soit 4 fois le niveau enregistré l'année précédente et une part de marché de 14%. Mêmes indicateurs de performance sur le compartiment de la dette privée (Titres de Créances Négociables) avec un encours de 2,15 milliards de DH, soit le cinquième de l'encours global de ce marché.Sur le marché actions, et en dépit de la morosité du marché, la CDG a poursuivi sa stratégie de placement sur la Bourse de Casablanca. Ainsi, l'encours total des investissements en actions(1) a progressé de 21,4% à 3,6 milliards de DH. La valeur boursière du portefeuille de placements a elle atteint 2,3 milliards en hausse de 12,7%. A noter également la participation de la Caisse dans le tour de table du deuxième opérateur télécoms, Méditel à hauteur de 8%, soit 400 millions de DH et ce, pour «un souci de diversification du portefeuille et de recherche de nouvelles opportunités«.Parallèlement, la Caisse a poursuivi le développement des nouveaux métiers à travers sa filiale spécialisée CD2G. Cette dernière gère aujourd'hui 8 OPCVM dont 2 dédiés à la CNSS et la CEN pour un montant de 2,5 milliards de DH. Ce n'est pas tout, la CDG a décidé d'étendre son activité de capital-risque avec la création, en partenariat avec la Caisse de Dépôt du Québec, d'un nouveau fonds. Les autorisations ont été obtenues récemment des deux Ministères, l'Economie et Finances et la Privatisation.Sur le plan touristique et immobilier, la Caisse a décidé de se désengager de la gestion directe les hôtels en concluant deux contrats de gestion pour compte avec des deux groupes internationaux Méridien et Accor pour les hôtels N'fis et le complexe d'El Jadida. En Parallèle, la Caisse a cédé le complexe d'Al-Hoceima et l'hôtel Parador à Chefchaouen au profit d'opérateurs nationaux. Même orientation dans le secteur immobilier où la Caisse a décidé de se désengager des interventions immobilières directes au profit de ses filiales spécialisées, principalement la CGI.


Le plan de redressement du CIH entièrement ficelé

Le plan de redressement du CIH est ficelé. Le conseil d'administration de l'ex-OFS, tenu la semaine dernière, a entériné les modalités de ce plan. Il a décidé une augmentation de capital de 2 milliards de DH. Les institutions bancaires contribueront, pour leur part, à hauteur de 3 milliards de DH par un prêt garanti par l'Etat. L'annonce a été faite par M. Kadiri lors de la présentation des résultats de la CDG. A cet égard, le directeur général de la Caisse a tenu à préciser que «l'argent des déposants n'a rien à voir là dedans. Les dépôts ne sont en aucune manière touchés«, contrairement à ce que l'on pourrait croire.M. Kadiri a par ailleurs profité de cette occasion pour rappeler les détails du plan de redressement. En tant qu'actionnaire à 35% du CIH, la Caisse ne pouvait ignorer l'évolution de la santé financière de l'établissement. «Nous avons instauré une instance du CIH pour mieux suivre la gestion et accélérer la mise à nu des difficultés. Ensuite, nous avons demandé aux autorités monétaires d'intervenir «, a expliqué M. Kadiri. Selon lui, le choix d'une intervention des autorités monétaires s'expliquait par la nature même de l'établissement en tant qu'ex-OFS, par l'ampleur du problème et son impact sur l'ensemble de la place financière. «Dans un tel cas, une intervention des autorités monétaires était essentielle pour proposer une solution cohérente à tous les intervenants et fixer les modalités de redressement dans les meilleures conditions«, a-t-il ajouté.Autre événement lié au dossier, la constitution récente d'une commission d'enquête par la Chambre des Représentants. Y.M.

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