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Economie

Catastrophes: Seulement 3% de pertes couvertes!

Par L'Economiste | Edition N°:2407 Le 23/11/2006 | Partager

. Le projet de couverture au Maroc prévoit la prise en charge du terrorisme. La SCR promet une «liste professionnelle» de catastrophesAhmed Zinoun, administrateur délégué de la Société centrale de réassurance, hôte de la conférence du Centre africain des risques catastrophiques, souligne que seulement 3% des pertes sont couvertes en Afrique. En Europe 40% des dégâts d’une catastrophe le sont. Il faut donc sensibiliser les intervenants pour faire remonter le taux de protection africain.. L’Economiste: La définition des risques de catastrophes naturelles divise experts et professionnels de l’assurance et la réassurance. Comment l’expliquez-vous?- Ahmed Zinoun: Pour certains experts, les définitions des risques de catastrophes naturelles sont données en fonction des spécificités d’exposition à ces risques de chaque région. Le projet de couverture des conséquences d’évènements catastrophiques initié par la SCR en collaboration avec la Daps définit l’évènement catastrophique comme étant «tout fait générateur de dommages directs survenus au Maroc, ayant pour origine déterminante l’action d’intensité anormale d’un phénomène naturel ou l’action violente de l’Homme». L’action d’intensité anormale d’un phénomène naturel constitue un événement catastrophique dès lors qu’il présente, par sa survenance, des conditions de soudaineté ou d’imprévisibilité qui lui confèrent un caractère exceptionnel  et que ses effets dévastateurs sont d’une intensité grave pour la collectivité. L’action violente de l’Homme est considérée comme un évènement catastrophique dès lors qu’elle constitue un acte de nature terroriste, ou qu’elle est la conséquence directe de la survenance d’émeutes ou de mouvements populaires. . Existe-t-il une liste exhaustive, permettant une nomenclature précise de ce genre de risques? - Actuellement, il n’existe pas de liste professionnelle qui regroupe les différents types de risques de catastrophes naturelles. Mais le Centre africain des risques catastrophiques (CARC), à travers son projet de mise en place d’une plateforme informatique, sera en mesure de proposer une liste permettant l’élaboration d’une future nomenclature. On peut citer le tremblement de terre, les inondations, les cyclones, les ouragans, les glissements de terrains... D’autres risques naturels peuvent être énumérés, à savoir, les pluies diluviennes, coulées de boue, avalanches, tempête hivernale, éruptions volcaniques, déforestation, désertification, invasion acridienne, sans oublier la sécheresse qui est un risque non soudain, mais plus étalé et auquel les agriculteurs sont exposés et qui affecte gravement leurs revenus.. Le terrorisme, comme c’est le cas aux Etats-Unis, est-il un «risque naturel» au Maroc? - Le Maroc, à l’instar de plusieurs pays africains, peut être touché. Ainsi, le projet de couverture contre les conséquences d’événements catastrophiques prévoit la prise en charge de tels événements.. Quelles sont les conditions pour bénéficier des services de l’assurance ou de la réassurance en Afrique face à ces risques?- A part un ou deux pays (ndlr: Algérie et Afrique du Sud) qui ont instauré un système qui repose sur l’obligation d’assurance contre les catastrophes naturelles, le reste du continent se trouve sans couverture. Dans cette perspective, le CARC a organisé la conférence de Casablanca avec la Banque mondiale pour inviter les différents acteurs à développer des systèmes de prise en charge des périls naturels. Objectif: protéger les biens et la population à l’instar des pays développés dont plus de 40% des pertes causées par ces catastrophes sont supportées par le marché de l’assurance et de la réassurance, contre moins de 3% pour les pays en développement.. Peut-on évaluer l’impact économique ou financier au Maroc des catastrophes naturelles?- Il est connu qu’au-delà des pertes directes et indirectes, les conséquences économiques et financières sont capitales, compte tenu des répercussions sur l’évolution de l’économie des pays. Les catastrophes sont plus coûteuses dans les pays développés du fait de la valeur financière élevée que représentent les infrastructures et la concentration des richesses. C’est en rapportant les pertes aux potentiels économiques et financiers d’un pays que l’on prend réellement conscience de l’impact de la catastrophe sur son développement. Les données prennent essentiellement en compte les dommages causés aux infrastructures physiques, le coût réel imputable aux catastrophes sur le niveau de vie des populations et sur le développement social étant extrêmement difficile à mesurer avec précision. La SCR a développé un outil de modélisation pour quantifier les effets des tremblements de terre et les inondations sur des régions sensibles de notre pays.. Comment calcule-t-on la prime de l’assurance? Existe-t-il un barème appliqué par tous les opérateurs du secteur? - D’après les expériences, il ressort deux approches de détermination de la prime. La première correspond à l’application d’une prime forfaitaire en deçà de la prime actuarielle et ce, pour des raisons de simplification et de mutualisation. Cette prime est généralement fixée par voie réglementaire via un arrêté ministériel.La seconde, adoptée dans certains pays développés, consiste à l’application d’une prime variable en fonction de l’exposition de la zone aux risques et déterminée par des techniques de modélisations actuarielles. Cette approche est privilégiée par les professionnels du marché de l’assurance et la réassurance car elle reflète la contre-partie du coût réel du risque.. Existe-t-il sur le continent des pays plus exposés que d’autres? - D’après la cartographie des risques de catastrophes naturelles du continent africain, il y a des régions plus exposées que d’autres. Ainsi, l’Afrique du Nord est plus exposée au risque sismique par rapport au reste du continent. L’Afrique de l’Est aussi est exposée au risque de tremblement de terre étant donné que la plaque tectonique éthiopienne est fortement sismique. La région de l’Afrique à partir du Mozambique, en passant par Madagascar est exposée aux cyclones et inondations.. Quels sont les risques auxquels le Maroc et le Maghreb sont exposés le plus?- Le Maghreb est exposé essentiellement aux risques de tremblements de terre, d’inondations et de sécheresse, en témoigne le terrible séisme de 1960 détruisant totalement la ville d’Agadir avec 12.000 morts et celui d’Al Hoceima et sa région en 2004. En Algérie, deux séismes destructeurs ont été enregistrés en 1980 à El Asnam et en 2003 à Alger, Boumerdes et régions, ayant fait respectivement près de 8.000 et 2.278 morts. Le sud du Maroc, notamment Errachidia, Tinghir, Essaouira, a été récemment touché par plusieurs inondations.. Qui réassure la SCR à l’international? - La SCR est un réassureur professionnel disposant de capacités importantes qu’elle offre aux compagnies d’assurances nationales en fonction de leur engagement par risque, de même qu’elle les assiste techniquement grâce à ses compétences et à son savoir-faire qu’elle a acquis pendant ses 46 ans d’existence. Sur le plan international, la SCR offre également une capacité par branche à ses cédantes étrangères en tenant compte de la rentabilité des affaires cédées et pour des engagements en fonction de ses fonds propres. Concernant la couverture de la SCR, comme tout réassureur, elle se protège auprès de réassureurs de renommée internationale disposant de solidité financière importante afin de garantir ses engagements envers ses clients et de protéger ses fonds propres.


Parcours

Président du Centre africain des risques catastrophiques (CARC), Administrateur délégué de la Société centrale de réassurance, précédemment, Ahmed Zinoun a été directeur des études et participations industrielles et financières au sein de la Caisse de dépôt et de gestion. Il a assuré un intermède de deux ans à la tête de la société CIFM, une société immobilière filiale de la CDG, avec pour mission de la redresser. Un essai réussi qui le mène directement à une autre mission similaire: le redressement de la CNIA, compagnie d’assurance publique rachetée par le groupe Arig et maintenant passée dans le groupe marocain Saham. Là aussi, il a réussi le redressement. Il a été alors rappelé à la CDG pour diriger le pôle assurance et prévoyance sociale où il a dynamisé l’activité de la RCAR et de la CNRA, deux filiales spécialisées dans la gestion des retraites.Propos recueillis par Bachir THIAM

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