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Affaires

Casablanca/RATC: La mariée n’est pas du tout belle!

Par L'Economiste | Edition N°:1797 Le 24/06/2004 | Partager

. Le délégataire, Mdina Bus ne veut pas mettre la main à la poche…. … En raison des nombreux dysfonctionnements de la RégieDécidément, la Régie autonome de transport en commun de Casablanca (RATC) collectionne les records. D’abord par un personnel pléthorique. Ils sont, en effet, 2.000 personnes à y travailler pour 150 véhicules. Soit donc une moyenne de 14 personnes par bus. Cela veut dire que l’on a depuis longtemps cessé de se soucier des seuils de rentabilité. Et ensuite, il y a le montant astronomique de la dette de la RATC qui s’élève aujourd’hui à plus d’un milliard de DH. L’hémorragie a été stoppée certes, mais le mal est déjà fait. Les autorités de tutelle et le Conseil de la ville essayent de trouver une solution à cette situation dans le cadre d’un partenariat avec l’Etat. Mais, jusqu’à maintenant, l’on peine à trouver une plate-forme acceptable par tous. Cette dette de la RATC constitue la pierre d’achoppement entre le délégataire, Groupement Mdina Bus, et les autorités. C’est ce qui a sérieusement retardé la conclusion d’un accord et la signature d’un contrat définitif entre les deux parties. Le délégataire refuse, en effet, d’assumer le passif de la RATC. Déjà, il a accepté de reprendre ce qui est récupérable des véhicules de la régie. Mais, il se refuse de participer à éponger la dette. Les responsables locaux, y compris le Conseil de la ville, reconnaissent que “ la régie n’est plus en mesure d’assurer convenablement le service public ”. Ses structures lourdes, son parc désuet et aussi les problèmes accumulés au cours des deux dernières décennies ont plongé la RATC dans un cercle de dysfonctionnements dont les usagers ont toujours supporté les conséquences. Avatars d’une gestion hasardeuse ou désintérêt du service public, “la situation de la RATC est, on ne peut plus, catastrophique ”, de l’avis même des autorités de tutelle et du propre personnel de la régie casablancaise. Depuis lundi dernier, seulement 21 bus sont maintenus en circulation. Et contrairement à ce à quoi l’on s’attendait, il y a peu de monde dans les arrêts de bus. Devant la défection de la régie, les sociétés privées ont réagi avec une célérité étonnante. Les bus de la régie n’ayant plus circulé qu’au compte-goutte, les privés sont montés au créneau. L’occasion pour eux de démontrer qu’ils sont capables d’assurer. Sollicités par les autorités locales pour combler le manque laissé par la RATC, mieux structurés et disposant d’un parc de véhicules relativement neuf, par rapport à celui de la régie, les transporteurs privés ont su mettre à profit la “démission” du service public. Les lignes ont été renforcées et la fréquence des passages augmentée. Un usager n’a même pas remarqué l’absence des fameux bus bleus de la RATC! Mais, les automobilistes, oui. La circulation est beaucoup plus fluide, les carrefours et ronds points, réputés congestionnés, le sont moins. “On circule mieux et sans trop de stress”, fait remarquer ce chauffeur de taxi. Un autre “pense que l’air est moins pollué et qu’on respire mieux ”. Aux heures de pointe, il y a moins de “ bouchons ” et la durée du trajet d’un point à l’autre de Casablanca s’est réduite de moitié. Une chance que de nombreux Casablancais ont saisie pour recommencer à utiliser leurs voitures dans leurs déplacements urbains. La réduction du trafic de la RATC n’a, donc, pas eu de répercussions notables sur les déplacements des Casablancais. Quelques perturbations ont, certes, été signalées le mercredi 16 juin. Mais sans plus. Juste avant la “panne sèche” du mercredi 16 juin, 45 véhicules étaient opérationnels. La RATC, a-t-elle profité de cet arrêt pour en retirer 24 de la circulation ? Seraient-ils tous tombés en panne le même jour? Pis encore, la RATC a acquis, en 1999, 50 bus neufs pour un montant de 80.000.000 de DH. La facture a été réglée, rubis sur ongle, par l’ancienne Communauté urbaine de Casablanca. Deux ans après, ils étaient tous en panne. La garantie n’a pas joué. Ne couvrant qu’une année, le fabricant exige d’être payé avant de procéder aux réparations qu’il faut. Depuis, ces bus sont toujours “ abandonnés ” dans les entrepôts de la régie. Les moteurs dont ils sont équipés ne sont pas adaptés à une circulation intense en ville. Véhicules délabrés, temps de passage non respectés, surcharge, pneus usés, vitres cassées, émanation de gaz d’échappement polluants, problèmes sociaux… Aucun véhicule n’est plus réparé. Certains responsables locaux imputent volontiers cette situation à l’approche de l’entrée en vigueur de la gestion déléguée. Elle doit intervenir, au plus tard, vers la première semaine de septembre prochain. Le contrat avec le Conseil de la ville est en cours de finalisation. Le cahier des charges stipule entre autres que les véhicules doivent être neufs. Mais, une dérogation a été accordée au groupement Mdina Bus lui permettant d’importer sous le régime du transit temporaire des véhicules usagés, mais en “ très bon état ”. En attendant de prendre livraison des bus commandés à des fabricants locaux. Mesure contre laquelle les privés se sont élevés dans une lettre adressée au Premier ministre le 12 mai dernier. Ils demandent à bénéficier des mêmes avantages que le délégataire “ étant donné qu’ils exercent la même activité en concurrence directe ”. Le fait d’assurer, en ce moment, la desserte de nombreuses lignes en lieu et place de la RATC, pourrait jouer en leur faveur et amener les responsables à prendre en considération leurs doléances.


Inquiétude du personnel

Du côté des employés du transporteur public, c’est l’inquiétude. “On nous a rassurés qu’il n’y aura aucun licenciement. Mais, jusqu’à maintenant personne ne nous a contactés de la part du délégataire ”, affirme un délégué du personnel. Les agents de la RATC ont, en effet, de sérieuses raisons de s’inquiéter. D’abord des retards dans les salaires. Ensuite les arriérés de la CNSS et des cotisations de retraite et, enfin, l’absence de toute concertation avec les autorités de tutelle. “ C’est le silence total. Nous avons d’ailleurs adressé une lettre ouverte au Premier ministre, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil de la ville pour attirer leur attention sur notre situation ”, ajoute Thami Ouafi, délégué syndical.


Commission mixte

Même s’il a été prononcé, le “divorce” entre le Conseil de la ville et les transporteurs privés n’a pas encore été consommé. Ils continuent de se rencontrer dans le cadre de la Commission mixte du transport urbain, constituée à l’initiative du président du Conseil de la ville. Les travaux de cette commission ont abouti à l’élaboration de recommandations dont la redéfinition du cahier des charges de concession de lignes de transport urbain. La création d’une Autorité organisatrice du transport urbain (AOTU) est également préconisée tout comme la mise à niveau technique et esthétique des flottes des transporteurs. Jamal Eddine HERRADI

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