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    Affaires

    Casablanca/Marché de gros
    Le projet «Aswak Assalam» pointé du doigt

    Par L'Economiste | Edition N°:2392 Le 01/11/2006 | Partager

    . Le contrat avec Chaâbi aurait été mal négocié. Les élus demandent des comptes à la Commune. L’approche des élections «pollue» le dossierLE groupe Chaâbi ne peut que prendre son mal en patience. Le contrat qui le lie à la Commune pour l’exploitation de l’ancien marché de gros au Belvédère est aujourd’hui menacé. Du moins, tel qu’il a été conclu avec l’ancienne société française responsable du projet, D.im.co (développeur immobilier commercial). Le marché devait se reconvertir en centre commercial: «Le belvédère». La société a été rachetée par le groupe qui a donc «hérité» du contrat de location du vieux marché. Finalement, le projet du centre commercial est abandonné et remplacé par l’installation d’un supermarché «Aswak Assalam», la fameuse chaîne de grande distribution de Chaâbi.L’information ne date pas d’aujourd’hui, mais de juin dernier. Pourtant, ce n’est que maintenant que des supports de presse, imités par les élus de la ville, ont décidé de monter au créneau pour crier au scandale. Pour les uns comme pour les autres, «c’est un contrat conclu dans l’illégalité totale et avec des partenaires fictifs». Même en termes de contenu, certains conseillers estiment que «le contrat a été mal négocié et que la ville aurait pu soutirer plus d’argent à l’investisseur».Du coup, la Commune urbaine de Casablanca s’est trouvée accusée d’une supposée «fraude» qui ne date, pourtant, pas du mandat de son actuel président, Mohammed Sajid. Mais à l’approche de l’année électorale, les accusations fusent de partout. Quelques organes de presse partisane essaient même de faire porter le chapeau au maire. De fait, le dossier a été ouvert à l’époque «trouble» de Abdelmoughit Slimani. C’est en 1998, sous sa présidence, que le premier contrat de location du vieux marché a été signé avec D.im.co pour un montant annuel de 1 million de DH. Depuis, rien n’a bougé sur le terrain et la société a maintenu le projet en stand-by. Quelques années plus tard, les termes du contrat ont connu des modifications. En 2002, Mohammed Chkarmou, alors président de la commune de Roches Noires, affirmait que le montant du loyer a été renégocié et relevé à 1,4 million de DH. Mais D.im.co n’était toujours pas résolu à faire évoluer le projet.Le dossier a encore refait surface avec l’arrivée du nouveau conseil communal. Pas plus tard que l’année dernière, des négociations avec la société ont été engagées pour enfin réussir la reconversion du marché de gros. La ville a tenté alors de pousser le promoteur français à se désister du projet. Mais les pourparlers ont buté sur le volet financier: la société n’avait certes pas respecté le cahier des charges et les délais, mais avait, selon ses responsables, engagé d’importants investissements sur le projet.Le statu quo n’a pas trop duré puisque, finalement, Chaâbi «est venu au secours» de la commune en rachetant D.im.co. Une transaction qui a réjoui la mairie du fait qu’elle lui a permis à la fois de se débarrasser d’un partenaire embarrassant et d’en avoir un sérieux et surtout plus «solvable».Sajid indique, par ailleurs, que le traitement qui a été fait de cette affaire laisse croire à un blocage, alors qu’en réalité, les derniers développements sont plutôt positifs. «Nous avons à faire à un partenaire sérieux et nous sommes actuellement en train de renégocier le contrat avec le groupe pour en améliorer les termes», explique-t-il.Du côté de Chaâbi, c’est le silence radio: «Le groupe ne souhaite pas communiquer sur le sujet». Les seules informations qui ont filtré, et ce avant l’éclatement du débat, se rapportent au montant de l’investissement, 95 millions de DH et aux délais de réalisation fixés à 2007.En attendant, des zones d’ombre subsistent sur la manière dont les anciens contrats (finalement un seul avec des changements dans les clauses) ont été conclus. S’il est toujours possible à l’actuel conseil de rattraper des failles dans le contrat concernant le montant du loyer, que les élus estiment trop bas, il est moins évident de prouver que le marché à été attribué dans les règles de l’art. Pour cela, il faudrait remonter à la fin des années 90 pour voir si un appel d’offres a été publié et si les candidatures avaient été traitées sur le même pied d’égalité. Surtout que d’autres sociétés étaient intéressées par le marché: des noms comme Label Vie et Marjane sont souvent revenus sur le tapis.Il faut souligner ici que si les vieux locaux sont aussi convoités, c’est qu’ils offrent de gros avantages, notamment un emplacement stratégique et des constructions aux normes, sans oublier leur superficie. Il faut être né sous une bonne étoile pour trouver plus de 4.000 m2 de foncier à Casablanca aujourd’hui!En tout cas, c’est vraiment pas de chance pour la commune comme pour le groupe privé! Les négociations qui suivaient leur petit bonhomme de chemin ont été perturbées par l’approche des élections et les débats politiques malsains. Et au lieu de se soucier de la nature du projet, son apport pour la ville, de la valorisation d’un marché trop longtemps laissé à l’abandon… certains élus ne font que chercher la faille dans la gestion de Sajid!


    Scénarii

    Depuis le déplacement du marché de gros à Sidi Othmane, les anciens locaux du Belvédère ont peiné à trouver une nouvelle vocation. Chaque commune est venue avec des idées différentes. Sous Slimani, c’était un complexe commercial dont le promoteur décidera de la répartition. La société civile est ensuite montée au créneau. Mohammed M’jid, président de la fondation M’jid, avait en effet appelé à la transformation de la bâtisse en une salle omnisport pouvant accueillir plus de 14 disciplines. Ce projet était même parvenu au bureau du ministre de la Jeunesse et des Sports et un accord de principe avait été conclu entre son département et la commune de Roches Noires. Quelques années après, le projet a rapidement été balayé et le concept de centre commercial a repris le dessus. Mohammed Chkarmou a vite fait de brouiller les pistes en parlant d’un projet immobilier à la place de l’ancien marché.Aujourd’hui, le groupe Chaâbi est bien parti pour donner un aboutissement à ce long feuilleton… Mais, entre-temps, tout peut arriver! Ichrak MOUBSIT

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