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    Economie

    Casablanca/Gouvernance localeÇa ne marche pas bien!

    Par L'Economiste | Edition N°:2576 Le 24/07/2007 | Partager

    . Les chartes des conseils sont bâclées. Les décideurs «s’obligent» à coopérer. Qui fait quoi? Comment demander des comptes?CASABLANCA, grande réunion à l’échelle régionale. Sur la tribune, les inséparables: présidents des conseils régional, communal et préfectoral. Le wali chapeaute le tout. Un jour on annonce le lancement des réfections de telle voie, un autre, la mise à niveau des centres sociaux… Les budgets sont composés, tous les conseils élus y participent. Quant au détail de la réalisation, les responsables estiment que c’est de la cuisine interne. A moins de demander et d’insister, il est difficile de savoir qui fait quoi dans le Grand Casablanca.Mais méfiez-vous de cette «entente parfaite». A bien y regarder, c’est plutôt une «obligation de coopérer», un choix que se sont imposés les décideurs casablancais. «A Casablanca, on suit une politique de conciliation. Au lieu de se cramponner chacun à ses fonctions et de vouloir imposer ses décisions indépendamment des autres, chaque responsable cède un peu de ses prérogatives pour cohabiter en paix», dit un élu communal en mettant dans cette analyse bien des critiques.. Commission antitélescopagesEn fait, l’unité de la ville a apporté une philosophie globale mais n’a pas mis en place un système d’action efficace qui donne à chaque instance une marge de manœuvre propre et donc une responsabilité d’agir et d’être seule responsable de ses actes.Voilà comment se présente l’organisation locale. Avant 2002, le Maroc était formé de centaines de petites communes, de préfectures et de dizaines de communautés urbaines… Les organes locaux étaient très dispersés, ce qui rendait difficile la maîtrise de la gestion urbaine. En 1997, l’Etat a décidé de mettre fin à cet éclatement en instaurant «l’unité de la ville», devenue opérationnelle 5 ans après. Le système a bouleversé la gouvernance locale. Il fixe une organisation assez simple pour chaque région. Trois conseils élus, un conseil régional, un conseil préfectoral et une seule commune par ville comptant plusieurs arrondissements, donc un seul conseil communal. Chaque arrondissement a une représentation politique élue.Le représentant de l’autorité centrale au niveau local reste le wali qui est aussi gouverneur de la préfecture de Casablanca. Il est investi d’une mission d’exécutant des décisions prises par les conseils régional et préfectoral. Il est, point important, ordonnateur de leurs budgets. Il chapeaute aussi 8 préfectures d’arrondissement qui ont des tâches administratives dirigées chacune par un gouverneur. La mosaïque est a priori simple. Mais l’encadrement réglementaire de ses différents organes fait gravement défaut. Pourtant, les conseils élus ont leurs références: les trois chartes régionale, communale et préfectorale.Les chartes présentent chacun des conseils, sa formation, ses ressources et ses fonctions. Mais il suffit de parcourir ce dernier chapitre pour remarquer la similarité des prérogatives octroyées à chacun des conseils. La principale différence reste bien sûr le territoire d’action. Ce qui est insignifiant à Casablanca puisque le territoire de la commune est quasiment le même que celui de la région et du conseil préfectoral. Nous sommes au cœur du dysfonctionnement de la gouvernance locale. Les élus sont d’ailleurs d’accord pour dire que les chartes doivent impérativement être revues pour mettre fin à la «gestion aléatoire». Sauf si justement, cette «gestion aléatoire» est un moyen, inventé par la vieille culture politique marocaine, pour remettre les ajustements permanents et éviter crises et paralysies.En attendant, cette «gestion aléatoire» se manifeste souvent par une double programmation du même projet et sa budgétisation par deux conseils en même temps. Une perte de temps, d’énergie et d’argent que le législateur aurait pu nous épargner. Sa paresse à trouver les fonctions adéquates à chacun des acteurs de la région mène inévitablement au gaspillage. Mais ce serait compter sans l’exceptionnel esprit d’équipe qui règne entre les décideurs casablancais. Ceux-ci se sont donnés le mot. Pour contourner le handicap réglementaire, ils font tout d’un commun accord et sont allés jusqu’à créer une commission de coordination pour les aider à éviter les télescopages. Bonne initiative et bonne volonté mais ce ne sont que des solutions improvisées qui ne peuvent garantir le développement à long terme des régions. Car, finalement, la gestion sans incident - pas forcément efficace- des affaires du grand Casablanca est une affaire d’hommes. Les décideurs s’entendent visiblement bien. Mais à trois ans des élections municipales, la question mérite d’être posée: le jour où le président d’un conseil verra les choses autrement, le même équilibre sera-t-il maintenu? Et surtout faut-il maintenir ces méthodes qui vont à l’encontre de l’esprit d’indépendance et de liberté de décision des conseils élu?A trop courir derrière l’entente, les instances élues perdent-elle de leur véhémence à défendre les intérêts du citoyen et donc à remplir leurs rôle de contrepoids face à l’autorité centrales?. Trop complexe pour être contrôléPendant ce temps-là, le citoyen est dépassé par les événements. L’incompréhension du système fait que les électeurs n’exercent aucun contrôle sur leurs élus. La curiosité des citoyens ne va pas jusqu’à demander des comptes, assister à des séances de travail publiques, entrer dans les communes et lire les circulaires publiques, les PV des réunions des conseils… Manque de civisme? Plutôt ignorance. Car le Marocain, à moins de faire preuve d’une grande curiosité, n‘a aucun moyen de s’informer sur le fonctionnement des collectivités locales. L’école relègue ce chapitre de l’enseignement au dernier rang (voir encadré).Pire que tout cela, plusieurs élus, surtout au sein du conseil communal (puisqu’ils proviennent du vote direct), n’en connaissent pas plus sur la gouvernance locale. Rien d’étonnant, s’indigne un élu de l’opposition municipale, «avec plus de 130 sièges à remplir au conseil communal et un peu moins dans les conseils régional et préfectoral, les partis politiques ne sont pas très regardants sur les représentants qu’ils proposent».


    Pas d’information, pas de formation
    VOUS êtes un contribuable et vous voulez savoir où sont employés vos impôts? Il faut faire preuve de patience et de persévérance. Aucun moyen d’information simple et accessible n’est disponible, si ce n’est le site Web de la ville de Casablanca qui donne un bref aperçu sur l’organisation locale.L’école ignore royalement ce volet de l’apprentissage. Au primaire, une matière nommée «Education nationale» apprend aux 9 – 10 ans que le Maroc est un pays dont le drapeau est rouge avec une étoile verte. Elle lui apprend furtivement qu’il y a eu une Marche Verte dans le sud et lui enseigne l’hymne national. Les années suivantes, l’enfant apprend mais d’une manière on ne peut plus dépouillée, l’existence d’un gouvernement, d’un Parlement…Enfin au deuxième cycle, une matière appelée «Le fait local» est censée aborder les affaires régionales. Son intitulé renseigne bien sur le vague contenu de ce cours. Cette matière n’a pas de manuel pour l’étudiant mais seulement un manuel de référence… national très généraliste. Les enseignants sont censés s’en inspirer pour construire leurs cours. Pourtant, «le plus courant est de les voir demander aux étudiants de travailler sur des exposés sur «la scolarité», «la santé»…, c’est une matière de recherche», justifie le chargé des activités scolaires au sein de l’Académie régionale de l’enseignement de Casablanca.Résultat, arrivé au bac, presque l’âge de voter, l’étudiant ne sait strictement rien sur la gouvernance de sa région. Et c’est à cet étudiant qu’on demandera en 2009 de choisir ses élus.Ichrak MOUBSIT
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