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Société

Casablanca/Ancienne médina
Des familles attendent toujours d’être relogées

Par L'Economiste | Edition N°:3181 Le 30/12/2009 | Partager

. Les dernières pluies ont aggravé leur situation . Des promesses pour 24 familles sinistrées. Près de 400 autres dans l’expectativeDerrière la somptueuse mosquée Hassan II, c’est l’envers du décor. Cet édifice qui fait la fierté du pays, cache l’un des plus anciens quartiers de Casablanca. Aujourd’hui, l’ancienne médina n’est plus qu’une illustration de la misère et du calvaire d’une catégorie de Marocains qui s’estiment être des «citoyens de seconde zone». Mardi 22 décembre, il est 6 heures du matin quand un bruit assourdissant retentit dans l’un des quartiers les plus vétustes de l’ancienne médina de Casablanca. Les habitants se réveillent pour constater la catastrophe. Plus de 3 maisons se sont effondrées ensevelissant corps et biens. Les cris des enfants sous les décombres interpellent la solidarité des voisins qui s’empressent de les tirer de la ruine. «Nous nous attendions à cela depuis des années, ce drame n’est pas une surprise pour nous», lance des femmes sinistrées. Les minutes deviennent des heures et les heures une éternité avant qu’une fourgonnette de protection civile ne surgisse. Le bilan commence déjà à s’alourdir, plus de 16 blessés dont 10 en état critique. La majorité des victimes sont des gens qui se sont portés volontaires pour sauver les sinistrés, mais qui ont payé très cher leur acte de bravoure. Les familles, elles, ne déplorent pas leurs biens «A part nos souvenirs, rien n’a plus de valeur. Pour le moment, notre seul souci, c’est l’avenir». Les habitants confirment qu’ils ont mis leur vie entre parenthèses depuis des années. «Cela fait très longtemps qu’on n’achète plus rien. On manque des équipements les plus élémentaires pour un foyer. On sait qu’il viendra le jour où tout sera emporté par un effondrement, on vit dans la peur et la frustration depuis des années», confie une dame. Du jour au lendemain, ces familles se sont retrouvés sans abris, leurs enfants ne se rendent plus à l’école. Quant aux hommes, pour la majorité des journaliers, ils ne peuvent plus aller travailler. Après avoir passé des nuits à la belle étoile ou chez des voisins ou des proches, ils se retrouvent contraints de chercher une autre alternative. Suite à de multiples appels aux autorités en vain, ils se sont donc résolus à camper…. juste à côté de leur quartier. «On nous empêche de dresser des tentes pour se protéger contre le froid, mais on ne bougera pas d’ici tant qu’on n’a pas où aller», rouspète un quadragénaire. Ce problème ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 1994 déjà, des dizaines de commissions ont défilé pour recenser les habitants. Rien que cette année, deux commissions ont effectué des visites au quartier et ont promis de nouveaux logements sociaux. «Ils nous couvrent de promesses non tenues et abusent de nos rêves et espoirs», affirme une jeune fille. Depuis cette date, une grande partie des habitants ont été relogés sur deux tranches. La première a bénéficié de nouveaux logements au quartier Tacharouk, et la seconde au quartier Nassim. Quant à la 3e tranche, elle n’a reçu que des promesses jusqu’à l’heure actuelle. Au fil des années, le problème va de mal en pis puisque les familles grandissent et se multiplient au sein de la même maison et le recensement de l’année précédente devient caduc. Certains avouent avoir refusé de quitter leur logis. «Une famille de 10 ou 12 membres, ne peut s’entasser dans un appartement de 50 m²», a-t-on expliqué. Après des années de sourde oreille, les autorités ont décidé enfin de sortir de leur mutisme olympien. Il a été donc décidé de reloger 24 familles, alors que le quartier compte plus de 400 familles. Cette mesure a été décidée 2 jours après l’incident et sera appliquée par une commission en charge du dossier. Celle-ci a promis d’examiner la situation de 15 autres familles sinistrées dans la perspective de leur trouver une solution. Et ce, à l’issue de plusieurs réunions tenues à l’initiative du Wali de la région du Grand Casablanca, Mohamed Halab et sous la supervision du gouverneur de la préfecture de l’arrondissement Casablanca-Anfa, Khalid Safir. Les conditions difficiles dans lesquelles vivent les familles ‘’imposaient la prise d’une décision exceptionnelle qui ne peut être généralisée’’, a précisé la commission, ajoutant que la Société nationale pour l’aménagement collectif (Sonadac) se chargera de reloger ces familles dans des habitats déjà achevés mais non encore enregistrés à la conservation foncière.Les membres de la commission avaient insisté sur la nécessité de mettre les bouchées doubles afin de réaliser dans les plus brefs délais le projet de l’avenue Royale. Selon la commission, ce projet apportera des solutions concrètes pour les habitants des maisons menaçant ruine.


Situation inextricable

POUR rappel, la Sonadac avait procédé à des démolitions depuis 2004 pour l’aménagement de l’avenue Royale (Cf. www. Leconomiste.com). Le projet met encore du temps pour se concrétiser, en raison notamment des multiples problèmes que pose le relogement des habitants. Le recensement de 1989, actualisé en 1996, a établi que 50% de la population occupe une pièce, 30% habitent dans deux pièces et seuls 20% disposent de 3 pièces et plus. Au total, 2.230 ménages étaient concernés par le déménagement. Chaque année, la société se trouve devant des dizaines de familles supplémentaires qui viennent gonfler les rangs des demandeurs de logements. Après ces derniers effondrements, les habitants pointent la Sonadac du doigt. Ils l’accusent d’avoir procédé à des démolitions sans prendre en compte la particularité de l’architecture du quartier et de ses infrastructures précaires. «La sonadac n’est en aucun cas responsable de l’écroulement des maisons en question. Durant les deux dernières années, la société n’a procédé à aucune démolition, et celles des années précédentes étaient faites dans les règles de l’art avec des études qui ont été faites en amont par des spécialistes en la matière », explique Youssef El Oudghiri, responsable à la société. En tout cas, pour le moment, le projet d’avenue n’est qu’une chimère. Les familles «n’entrevoient pas le bout du tunnel et leur calvaire semble interminable», conclut une dame.B. A. I.

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